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Actualités - Chronologie

La monarchie à Carthage

La monarchie magonide est restée toujours essentiellement militaire. Selon Hérodote, le roi était choisi à cause de ses vertus guerrières. Cependant, il était toujours pris dans la même famille considérée comme dotée par les dieux d’une grâce spéciale qui prédisposait ses membres à remporter la victoire; nous ne savons pas qui désignait l’élu entre les divers candidats possibles. Sans doute était-ce à la fois l’affaire des prêtres et celle de l’armée dont les corps d’élite au moins devaient être liés au roi par une sorte de vassalité personnelle. Une fois désigné, le roi restait en charge jusqu’à sa mort et choisissait ses principaux lieutenants parmi ses parents. Ce roi guerrier est aussi un roi prêtre et ses fonctions sacerdotales ont même le pas sur ses tâches stratégiques : pendant la bataille désastreuse d’Himère, en 480, Amilcar, pourtant célèbre par sa bravoure, resta dans le camp à offrir des sacrifices. En effet, le roi est avant tout responsable devant les dieux; si ceux-ci condamnent son entreprise, il doit expier par la pénitence et le suicide rituel. En compensation, le souverain qui s’est sacrifié est divinisé. À côté de ces traits qui apparentent le roi magonide aux souverains orientaux, voire même aux rois des peuples noirs d’Afrique, il en est d’autres qui rapprochent sa charge des magistratures républicaines. C’est un souverain constitutionnel (Basileus Kata Nomous, selon l’expression de Diodore de Sicile). Il ne peut entrer en guerre, organiser une expédition ou conclure la paix sans l’approbation d’un Conseil aristocratique — que nous appelons Conseil des anciens pour éviter des confusions avec le Sénat romain — et l’assentiment d’une Assemblée populaire. Le développement de ces organismes a dû se faire progressivement. Le Conseil des anciens par exemple est certainement une institution assez tardive car il n’y a pas de mot pour le désigner en tant que corps en punique : on disait «les Grands de Carthage». Il existait aussi, dès cette époque, des magistratures mineures; la plus importante était celle des suffètes ou juges qui devaient être chargés de la juridiction au moins civile, peut-être par délégation du roi. Il fallait de toute façon que celui-ci fut suppléé dans ses fonctions concernant la politique intérieure au cours des longues absences qu’exigeaient les guerres et les expéditions maritimes. Quoique les inscriptions mentionnant des prêtres soient toutes plus récentes, l’existence d’un sacerdoce canaanéen spécialisé à l’époque magonide est certaine. Comme les prêtres canaanéens, ceux de Carthage étaient avant tout des gardiens de sanctuaires et des techniques, chargés de guider les fidèles dans l’accomplissement des rites; ils devaient aussi donner un enseignement, portant en particulier sur la mythologie et consulter les oracles. Le clergé était astreint à des règles de vie sévères qui subsisteront tardivement dans certains sanctuaires comme celui de Melqart à Gadès.
La monarchie magonide est restée toujours essentiellement militaire. Selon Hérodote, le roi était choisi à cause de ses vertus guerrières. Cependant, il était toujours pris dans la même famille considérée comme dotée par les dieux d’une grâce spéciale qui prédisposait ses membres à remporter la victoire; nous ne savons pas qui désignait l’élu entre les divers candidats possibles. Sans doute était-ce à la fois l’affaire des prêtres et celle de l’armée dont les corps d’élite au moins devaient être liés au roi par une sorte de vassalité personnelle. Une fois désigné, le roi restait en charge jusqu’à sa mort et choisissait ses principaux lieutenants parmi ses parents. Ce roi guerrier est aussi un roi prêtre et ses fonctions sacerdotales ont même le pas sur ses tâches stratégiques : pendant la...