Des centaines de Mozambicains qui ont tout perdu dans les inondations se sont réfugiés dans le hameau de Vila Franca de Save (centre)sur les rives du fleuve Save. Parmi eux, Gilbert Gumbaza, 72 ans, et cinq membres de sa famille se sont abrités dans une sorte de club et ses dépendances. «Tout est gâché, perdu», lance-t-il en parlant de sa maison à Mavinga (province de Sofala-centre). «L’eau est montée jusque-là», explique le vieil homme en montrant son menton. Gilbert Gumbaza lève sa canne et regrette : «Je n’avais pas besoin de cela auparavant. Désormais, je suis malade». Il y a quinze jours dans la soirée, Mavinga a été ravagée par les eaux et des vents cycloniques. La tempête a duré une heure. Pendant trois jours, Gilbert Gumbaza et sa famille sont restés piégés sur le toit de leur maison avant d’être secourus par un hélicoptère militaire du Malawi. Peter Simango, commerçant de 36 ans, a eu moins de chance. Son épouse, son bébé et lui-même se sont juchés sur un arbre qu’il a fallu partager pendant sept jours avec huit autres personnes... et quelques serpents. De temps à autre, des hélicoptères leur ont largué de la nourriture avant de les hélitreuiller et de les ramerner sur la terre ferme. «Ma maison s’est effondrée. Mon commerce – vente de vêtements, chaussures et tissus – est perdu», a-t-il dit. «Toutes les maisons de Mavinga sont détruites. La majorité des gens n’a plus rien. Même les vaches et les poules ont disparu», ajoute Peter Simango. «Quand l’eau et les vents sont venus, certains ont grimpé sur les arbres et d’autres ont couru. Je n’ai jamais rien vu de semblable de toute ma vie. Et mon père et mon grand-père non plus», raconte-t-il. Peter Simango pense rester jusqu’à la fin du mois dans le hameau de Vila Franca do Save. «Je vais essayer de tout recommencer, mais je n’ai pas d’argent». Le hameau est devenu un entrepôt pour la distribution de nourriture aux sinistrés, principalement des céréales et de l’huile, qui arrivent par hélicoptère du port de Beira (centre). Tout près de là, un pont suspendu a survécu au déluge... tout juste. Selon des informations non confirmées, il est dans un état dangereux. «L’eau est arrivée juste au-dessus de la route», explique un volontaire de Jesus Alive, organisation qui participe à la distribution des vivres. «Les gens s’accrochaient sur les deux côtés de la route». La route se trouve aujourd’hui au moins à dix mètres au-dessus du fleuve Save et le pont est ouvert à la circulation. Mais comme la route allant vers le sud et Maputo a été arrachée par les eaux sur plusieurs tronçons, très peu de véhicules utilisent le pont. Même si l’eau a baissé considérablement, on peut clairement voir à bord d’un hélicoptère militaire allemand que de vastes étendues de terres sont toujours inondées. À plusieurs endroits pendant le vol d’une heure entre Beira et Vila Franca do Save, on aperçoit dans la boue des empreintes de pieds qui montrent que des déplacés ont réussi à quitter d’anciennes îles formées par les inondations pour regagner la terre ferme. Selon plusieurs organisations actives dans les secours à Beira, la décrue est tellement forte qu’elle gêne désormais les efforts des sauveteurs. Une équipe portugaise explique que «les eaux du fleuve Buzi sont trop descendues et les bateaux ne peuvent plus être utilisés». Les équipes humanitaires s’inquiètent de ne plus pouvoir utiliser les cours d’eau, sauf pour les très petits bateaux. Bientôt, les camions vont peut-être devoir remplacer les embarcations ou il faudra faire appel aux moyens aériens pour les zones inaccessibles.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Des centaines de Mozambicains qui ont tout perdu dans les inondations se sont réfugiés dans le hameau de Vila Franca de Save (centre)sur les rives du fleuve Save. Parmi eux, Gilbert Gumbaza, 72 ans, et cinq membres de sa famille se sont abrités dans une sorte de club et ses dépendances. «Tout est gâché, perdu», lance-t-il en parlant de sa maison à Mavinga (province de Sofala-centre). «L’eau est montée jusque-là», explique le vieil homme en montrant son menton. Gilbert Gumbaza lève sa canne et regrette : «Je n’avais pas besoin de cela auparavant. Désormais, je suis malade». Il y a quinze jours dans la soirée, Mavinga a été ravagée par les eaux et des vents cycloniques. La tempête a duré une heure. Pendant trois jours, Gilbert Gumbaza et sa famille sont restés piégés sur le toit de leur maison avant d’être...