Israéliens et Palestiniens s’apprêtent donc à reprendre leurs négociations, mais ils auront fort à faire pour parvenir d’ici à mai à un accord-cadre tant les divergences de fond sont persistantes. Surmontant leur méfiance réciproque et mettant de côté leurs polémiques après l’une des plus graves crises depuis des mois dans leur processus de paix, Israéliens et Palestiniens mettent à présent les bouchées doubles pour respecter cette nouvelle échéance. Ils ont annoncé qu’ils reprendraient leurs négociations dans une dizaine de jours à Washington à la suite d’un compromis sur certains points en litige. «Le fait que les deux camps se parlent à nouveau est en soi positif, mais sur le fond les problèmes demeurent», estime un diplomate occidental. «Personne ne peut savoir s’ils parviendront à se mettre d’accord», a ajouté ce diplomate qui a requis l’anonymat. C’est l’acceptation par Israël de transférer aux Palestiniens une localité jouxtant Jérusalem qui a permis une relance des négociations, selon une source palestinienne. Selon un haut responsable palestinien, il s’agit d’une des trois localités – al-Ram, al-Azahria et Abou Dis – qui se trouvent actuellement dans la zone B, sous contrôle administratif palestinien et militaire israélien. Interrogé par la radio, le conseiller de M. Barak en matière de sécurité Danny Yatom a confirmé implicitement cette information en affirmant qu’il n’était «pas impossible que les trois localités soient transférées aux Palestiniens dans le cadre d’un troisième retrait de Cisjordanie (prévu en juin) ou dans le cadre du statut final». Israéliens et Palestiniens sont parvenus mercredi à s’entendre sur le prochain retrait de 6,1 % de la Cisjordanie, prévu maintenant en avril, une opération qui a été retardée en raison de divergences sur sa localisation. Garanties mutuelles La presse israélienne estimait jeudi que le déblocage du processus de paix israélo-palestinien avait pu se faire après que chaque partie eut obtenu des garanties. «Chacun a obtenu quelque chose : Arafat, la mise en relief du rôle américain dans les négociations, et Barak, la promesse que celles-ci se dérouleront directement entre les deux parties», affirme le quotidien Haaretz, qualifiant la reprise des pourparlers d’«acquis le plus visible des Palestiniens». Pour sa part, le quotidien Yediot Aharonot estime que M. Arafat «a toutes les raisons du monde pour être satisfait, même s’il n’a pas obtenu Abou Dis», un faubourg de Jérusalem-Est dont l’Autorité palestinienne demande l’inclusion dans la carte du retrait de 6,1 %. En revanche, le quotidien palestinien al-Qods de Jérusalem-Est exprimait des doutes sur la volonté de M. Barak de parvenir à un accord et encore plus de l’appliquer. Les divergences de fond portent sur les grands dossiers de la négociation : le statut de Jérusalem, le tracé des frontières de la future entité palestinienne, le sort des colonies juives, celui des réfugiés palestiniens, les arrangements de sécurité et le partage de l’eau.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Israéliens et Palestiniens s’apprêtent donc à reprendre leurs négociations, mais ils auront fort à faire pour parvenir d’ici à mai à un accord-cadre tant les divergences de fond sont persistantes. Surmontant leur méfiance réciproque et mettant de côté leurs polémiques après l’une des plus graves crises depuis des mois dans leur processus de paix, Israéliens et Palestiniens mettent à présent les bouchées doubles pour respecter cette nouvelle échéance. Ils ont annoncé qu’ils reprendraient leurs négociations dans une dizaine de jours à Washington à la suite d’un compromis sur certains points en litige. «Le fait que les deux camps se parlent à nouveau est en soi positif, mais sur le fond les problèmes demeurent», estime un diplomate occidental. «Personne ne peut savoir s’ils parviendront à se mettre...