La Russie a facilement remporté la rencontre internationale d’athlétisme en salle de Glasgow, grâce à 10 victoires en 19 épreuves, devant une sélection internationale baptisée «All Stars» (AS), la Grande-Bretagne, le Canada et la France. La Russie a remporté le 800 m grâce à Youri Barzakovsky, en 1’50’’83, et la hauteur grâce à Viacheslav Voronin, qui avec un saut de 2,37 m a établi la meilleure performance en salle de l’année. Les deux champions d’Europe ont montré la voie à leurs compatriotes Andrei Semenov, vainqueur du 400 m en 46’’91 et Viacheslav Shabunin, premier du 1 500 m en 3’42’’70. Chez les dames, Svetlana Pospelova a remporté le 400 m en 52’’41, Olga Kuznetsova le 1 500 m en 4’13’’28, Tatiana Ter-Mesrobyan la longueur avec un bond de 6,62 m, et surtout Viktoria Serogina la hauteur avec un saut de 1,97 m, devant la championne d’Europe suédoise, Kajsa Berquist, alignée dans l’équipe des All Stars. Pour faire bonne mesure, les athlètes russes ont aussi remporté les deux relais 4x400 m. Les autres concurrents se sont donc contentés des miettes. Devant 4 000 spectateurs enthousiastes et les caméras de la BBC, les Britanniques ont remporté comme prévu le 60 m avec Jason Gardener, le 200 m avec Christian Malcolm, tous deux champions d’Europe à Gand, et le 60 m haies avec Tony Jarrett, médaillé d’argent à Gand, qui a battu son compatriote Colin Jackson, ancien champion du monde. La sélection internationale a remporté quatre épreuves, le 800 m féminin grâce à la championne d’Europe autrichienne Stéphanie Graf, le 200 m dames avec la Camerounaise Myriam Mani, la perche et le poids masculin. Le Canada a sauvé l’honneur par Philomena Mensah sur 60 m dames et la France a fait de même grâce à Patricia Girard sur 60 m haies. C’était la dernière réunion en salle de la saison européenne. À Rostock, la vie d’ascète de Marie-José Pérec En délaissant les installations high-tech de Los Angeles pour le stade vétuste de Rostock, dans l’ex-RDA, la triple championne olympique française Marie-José Pérec a délibérément placé sa préparation pour les JO de Sydney sous le signe de la modestie, de la rigueur et du travail. «Ce cadre me convient, je suis là pour travailler. En venant ici, je savais très bien où je mettais les pieds», dit la Française, âgée de 31 ans, qui, après trois saisons quasiment blanches, tentera de décrocher en septembre, à Sydney, un troisième titre olympique sur 400 m, après ses médailles d’or de 1992 et 1996, et celle du 200 m en 96. Deux fois par jour, Pérec quitte son hôtel bunker du centre de Rostock pour aller s’entraîner au milieu de gamins, dans un vieux stade couvert caché derrière l’Ostsee Stadion, le terrain de l’équipe de football de 1re division du Hansa Rostock. John Smith, le coach star du groupe HSI, mentor du recordman du monde du 100 m Maurice Greene, a cédé la place à Wolfgang Meier, un entraîneur grisonnant en semi-retraite qui, depuis dix ans, ne s’occupait plus que de la rééducation par le sport de personnes opérées du cœur. Deux fois plus de travail Cet homme de 57 ans a gagné la confiance de Marie-José Pérec dès les premiers jours d’entraînement. Parce qu’il a, il y a quinze ans, fait courir sa femme Marita Koch en 47 sec 60/100 sur 400 m, un record jusqu’ici inaccessible. Mais également parce qu’il use de méthodes qui rassurent la Française dans la course contre la montre qu’elle espère achever le 25 septembre prochain, en finale du 400 mètres olympique. «Je travaille beaucoup. Presque deux fois plus qu’auparavant. Et le week-end, je n’ai jamais le temps de partir car Wolfgang me donne encore des exercices à faire. Il est exigeant mais souple. Et il ne s’occupe que de moi, c’est ce dont j’avais besoin», dit-elle. Blessée avant les championnats du monde d’Athènes en 1997, Pérec a en effet accumulé un énorme retard. Victime du virus d’Epstein-Barr, elle n’a pas couru en 1998 et a fait une timide rentrée en 1999 (23.35 sur 200 m). Sur les trois pistes de sprint toutes droites, baptisées le «Kochodrome» en hommage à la précédente utilisatrice des lieux, Pérec enchaîne donc les longueurs en compagnie de son compagnon, Anthuan Maybank, champion olympique avec le relais 4x400 m américain à Atlanta. Lorsque la spécialiste du tour de piste se trouve un peu à l’étroit, Meier l’emmène se dégourdir les jambes à 110 km de là, à Neubrandenburg, ancienne capitale de l’athlétisme est-allemand où le grand stade couvert est plus digne de son standing. En Wolfgang Meier, Marie-José Pérec a trouvé plus qu’un entraîneur. Avec Marita Koch et leur fille Ulrike, ils sont un peu sa seconde famille. «Nous nous voyons souvent en dehors de l’entraînement. Je vais parfois chez eux», confie Pérec qui avoue cependant se «supporter très bien toute seule». «De toutes façons, j’aurais le temps de penser à autre chose après les Jeux», poursuit-elle, évoquant sa nouvelle vie, bien plus austère que celle qu’elle menait à Los Angeles. «D’ici Sydney, je vais donner tout ce qu’il est possible de donner. Je suis prête à payer le prix de mon choix.»
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