L’ambassadeur de Pologne au Yémen a été enlevé par des membres d’une tribu voulant faire pression sur les autorités, qui ont dépêché hier des renforts pour encercler les ravisseurs. M. Krzysztof Suprowicz a été enlevé à Sanaa par des hommes armés de la puissante tribu de Khawlan, dans le premier rapt d’un diplomate de ce rang au Yémen. Selon la police, les forces de sécurité ont dépêché des renforts hier dans la région montagneuse d’al-Yamaniatain, à environ 50 km à l’est de Sanaa, où il est détenu. «Les forces de sécurité encerclent le secteur» pour faire pression sur les ravisseurs, a indiqué un responsable de la police qui a requis l’anonymat. Selon un dignitaire tribal qui a requis l’anonymat, l’ambassadeur a été enlevé devant un centre médical à Sanaa, où il attendait sa fille qu’il avait conduit chez un médecin. Une source de la police a indiqué que les ravisseurs réclament la libération d’un des leurs, qui avait été arrêté en début de semaine et accusé de «crimes de sécurité». À Varsovie, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères polonais Pawel Dobrowolski a confirmé le rapt. «L’enlèvement a peut-être été commis par des bandits. Nous attendons des informations», a dit le porte-parole. Il a expliqué que le ministère des Affaires étrangères avait créé une cellule de crise pour étudier la situation et envisager les scénarios possibles. «Nous sommes en contact avec les autorités yéménites», a-t-il dit. Interrogé au téléphone, un diplomate à l’ambassade de Pologne à Sanaa a expliqué que l’ambassade n’avait reçu aucune revendication et ne connaissait pas les détails du rapt. Le conseiller de l’ambassade, numéro deux à la représentation diplomatique polonaise au Yémen, s’est rendu au ministère des Affaires étrangères yéménite pour y rencontrer le ministre, a indiqué le diplomate, M. Czeslaw Zajac. Selon le chauffeur de l’ambassadeur interrogé par une radio polonaise, «l’enlèvement a été commis par une dizaine de personnes» et s’est déroulé devant un cabinet de dentiste où s’était rendue sa fille. La femme de l’ambassadeur qui était dans sa voiture a été témoin de l’enlèvement, selon lui. C’est la première fois qu’un ambassadeur est enlevé au Yémen, où le rapt d’étrangers est pratique courante de la part des tribus qui veulent faire pression sur le gouvernement pour obtenir satisfaction de leurs revendications, le plus souvent financières. En octobre 1996, un diplomate français, Serge Lefevre, avait été enlevé par une tribu et libéré douze jours plus tard. En novembre 1993, un diplomate américain, Haynes Mahoney, chef du service d’information de l’ambassade, avait été kidnappé par une tribu dans la province de Maarib (est), et libéré sept jours plus tard. Le dernier enlèvement au Yémen est celui d’un Américain, Kenneth White, qui travaillait dans une compagnie de services pétroliers et avait été libéré le 10 février, deux semaines après son enlèvement par une tribu dans l’est du Yémen.
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