Le dollar est resté offert en ce début de semaine, à Beyrouth, mais à un rythme ne dépassant pas le potentiel d’absorption de la demande pour éviter toute intervention de la Banque du Liban (BDL). Cette dernière, qui s’est déclarée prête à acheter le billet vert à 1 501,00 LL et à le vendre à 1 514,00 LL, est parvenue donc à le maintenir jusqu’à la clôture au même taux moyen indicatif de 1 507,50 LL, comme depuis le 9 septembre dernier. Toutefois, les établissements de crédit ont continué de négocier le dollar bien en deçà de ce taux indicatif et tout près du bas de cette fourchette de la BDL, entre 1 501,00 et 1 502,00 LL, ont indiqué les cambistes. Mais en raison de la réticence de la demande, le volume d’affaires de la journée d’hier ne devait pas dépasser quelque cinq millions de dollars, entièrement échangés par les banques de la place, dans un marché qui manquait d’entrain. Réduction des pertes de l’euro À l’étranger, la monnaie unique européenne est parvenue hier en fin de journée à réduire ses pertes face au dollar sur les marchés des changes internationaux, après avoir subi une douche froide dans la matinée la faisant plonger à un nouveau plus bas historique de 0,9390 dollar, victime du contraste entre la vigueur de la croissance américaine et celle de la zone euro. Cette résistance manifestée par la monnaie européenne semble s’expliquer par la publication de chiffres sur l’inflation en Allemagne, laissant anticiper un éventuel relèvement des taux d’intérêt par la Banque centrale européenne (BCE) fin mars, lors de la prochaine réunion de son conseil des gouverneurs après celle prévue après demain. À cet égard, les analystes financiers ont fait état hier de l’accélération de la hausse des prix à la consommation en février sur un an dans trois États régionaux allemands (Laender), essentiellement à cause du renchérissement des produits pétroliers, selon des chiffres publiés hier par différents offices de statistiques. De ce fait, on a estimé dans ces mêmes milieux qu’il n’y a plus de raisons fondamentales à la chute de l’euro. Bien que d’autres analystes n’excluent pas que l’euro pourrait descendre jusqu’à 0,92 dollar, souffrant d’une faiblesse chronique face à l’économie américaine qui entre dans sa dixième année de croissance ininterrompue, il est parvenu en fin de journée hier à se tenir mieux. Certes, la décision des ministres des Finances européens, réunis hier à Bruxelles, de ne pas commenter la chute de l’euro après en avoir discuté a été qualifiée «d’une bonne chose» car «dès qu’un responsable dans la zone euro ouvre la bouche, l’euro en prend un coup», estime-t-on dans les milieux cambistes. De plus, l’annonce hier par le vice-ministre japonais Haruhiko Kuroda que les autorités de son pays se sont inquiétées du plongeon de l’euro à son plus bas niveau historique face au yen est venue aussi lui donner un certain appui dans la mesure où cette déclaration s’était accompagnée de rumeurs d’interventions de la BCE pour contrecarrer la chute délibérée de sa monnaie. Cela d’autant où le fléchissement de l’euro face au yen avait entraîné une forte appréciation de la devise nippone face au dollar dans une proportion qualifiée de compromettante pour les exportations japonaises. Dans cette évolution, le dollar s’est montré généralement soutenu face aux monnaies européennes dont le sterling, le marché estimant que la Banque d’Angleterre n’augmentera pas ses taux d’intérêt dans un proche avenir, malgré la révision en hausse de la croissance britannique au deuxième semestre 1999. Cela étant, le billet vert s’est finalement négocié à New York, comme suit : – 0,9723 pour un euro contre 0,9740, vendredi dernier – 1,5940 pour un sterling contre 1,5945 – 2,0115 DM contre 2,0080 – 6,7465 FF contre 6,7350 – 1,6525 FS contre 1,6505 – 1 991,45 lires contre 1 987,95 – 106,30 yens contre 110,35. Bourse de Beyrouth : nouvelle baisse de la cote À la Bourse de Beyrouth, la tendance est demeurée déprimée en ce début de semaine par la poursuite de la baisse des actions A de Solidere ainsi que par le net repli des actions au porteur des Ciments blancs, dans un marché autrement stationnaire sur le restant de la cote. En effet, l’indice général Lispi de toutes les valeurs libanaises cotées a reperdu 0,27 % à 71,71 points, alors que l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires s’est maintenu invariablement à 165,85 points. Ce phénomène s’est encore une fois produit hier dans un marché dépourvu d’activité avec au total 33 262 actions d’une valeur globale de 96 752 dollars. Wall Street : forte reprise du Dow Jones Sur les places boursières internationales, la tendance a été encore une fois mitigée à Wall Street, le Dow Jones des industrielles (DJIA) étant en hausse contrairement au Nasdaq de la Bourse électronique en baisse. En dépit des craintes d’un nouveau resserrement monétaire aux États-Unis au lendemain d’une révision en forte hausse de la croissance américaine au quatrième trimestre 99 à 6,9 % au lieu de 5,8 % comme attendu, les grandes valeurs industrielles et cycliques, dites traditionnelles, devaient reprendre le chemin de la hausse sur des rachats de découvert après leur fléchissement de vendredi dernier, permettant à l’indice DJIA de franchir à la hausse le seuil des 10 000 points sous lequel il était passé brutalement à la veille du week-end pour la première fois depuis onze mois. Le DJIA a été entre autres soutenu par les valeurs financières qui ont affiché hier les progressions les plus solides de la journée suivies de celles de l’automobile. Au contraire, les valeurs de la haute technologie ont fait grise mine ainsi que celles de l’Internet qui se sont inscrites dans le rouge à l’exception toutefois de America Online (AOL) après l’annonce de la signature de plusieurs contrats avec Sprint, Nokia et Motorola pour fournir ses services aux utilisateurs d’appareils sans fil. C’est dans ce contexte que le Nasdaq continuait à piétiner alors que l’indice DJIA rebondissait d’un plus bas à 9 842,87 points à un plus haut à 10 156,97 points avant d’afficher en préclôture 10 124,32 points, en hausse de 262,20 points sur vendredi dernier. Baisse des Bourses européennes Les Bourses européennes ont clôturé la séance de lundi en baisse – encore que généralement très au-dessus de leurs plus bas de la journée, après un rebond de l’indice Dow Jones à Wall Street – dans un contexte d’inquiétude par rapport à l’euro. Toutes les places du vieux continent ont régressé. L’indice CAC 40 cédait 1,39 % à Paris, le Dax abandonnait 1,96 % à Francfort et le FTSE 100 cédait 1,59 % à Londres. Milan reculait de 0,65 %, Madrid de 1,76 %, Amsterdam de 1,21 %, Zurich de 1,02 % et Bruxelles de 1,23 %. Aux indices multipays, l’Eurotop 300, paneuropéen, perdait 1,01 % et l’Euro STOXX 50, limité à la zone euro, accusait un repli de 1,58 %. Ces niveaux de clôture témoignent toutefois de la nette remontée, qui, en fin de journée, a coïncidé avec un renversement du Dow Jones à la hausse. (L’indice composite Nasdaq, à forte composante technologique, était quant à lui en repli à l’heure de clôture des marchés européens). À mi-séance, la plupart des places européennes avaient en effet accusé un recul de quelque 2 %. La tendance a été affectée par le faible niveau de l’euro en dépit de la baisse de 2,3 % subie lundi par Wall Street. Malgré une reprise partielle face au dollar en fin d’après-midi, la devise européenne est en effet restée vulnérable à l’écart de croissance entre les États-Unis et l’Europe. Elle se négociait en fin de journée à 96,70/73 cents, après être descendue jusqu’à 93,90, ce qui a ravivé les craintes d’un resserrement monétaire à l’occasion de la réunion bimensuelle de la Banque centrale européenne jeudi. «L’incapacité de l’euro à capitaliser sur la faiblesse du Dow vendredi en clôture a été alarmante, commentait Kit Juckes, cambiste à NatWest Financial Markets. À moins qu’il ne franchisse pas au moins le seuil de 0,98 dollar, l’euro reste toujours en situation très difficile». Tokyo : marché déprimé La Bourse de Tokyo a terminé en recul de 0,5 % lundi, les opérateurs faisant preuve de prudence vis-à-vis de l’évolution de Wall Street après la baisse de la semaine dernière. L’indice Nikkei a perdu 97,78 points à 19 720,10. L’indice élargi Topix a en revanche progressé de 3,94 points à 1 728, avec des échanges portant sur environ 656 millions de titres contre 704,5 millions vendredi. En début de séance, le Nikkei était à la hausse, les investisseurs ignorant la dégringolade de Wall Street. En milieu de journée, ceux-ci sont toutefois «devenus prudents et ont commencé à éviter d’acheter dans l’attente de voir ce qui se passerait à Wall Street», a indiqué Kazue Mayuzumi, analyste chez Nikko Securities. Vendredi, le DJIA a chuté de 230,51 points (-2,28 %), pour clôturer à 9 862,12. C’est la première fois que l’indice vedette de Wall Street tombait sous le seuil des 10 000 points depuis le 6 avril 1999. De son côté, l’indice composite de la Bourse électronique Nasdaq a perdu 27,15 points (-0,59 %), à 4 590,50. «Les valeurs de haute technologie et de télécommunications ont réussi à soutenir le marché» bien que les gains se soient réduits dans l’après-midi, selon Kazue Mayuzumi. «Le recul modeste du Nasdaq a aidé les investisseurs à demeurer optimistes sur les titres high-tech et de technologie d’information comme NTT DoCoMo et Sony», a souligné Tatsuo Kurokawa, analyste chez Nomura Securities. NTT DoCoMo a progressé de 290 000 yens (+6,9 %) à 4,52 millions de yens, et Sony de 150 yens (+0,50 %) à 31 000 yens. Fujitsu, la plus grande société japonaise d’informatique, a gagné 90 yens (+2,5 %) à 3 620 yens. Le raffermissement du yen face au dollar et à l’euro, lundi, «n’a pas eu d’impact majeur sur l’ensemble de la Bourse japonaise mais a déclenché une flambée de ventes chez certains exportateurs», comme les fabricants de voitures, a observé Kazue Mayuzumi.
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