Les amateurs de Jean-Sébastien Bach seront à la fête cette année en Allemagne, qui fera de Leipzig la capitale des manifestations à l’occasion du 250e anniversaire de la mort du compositeur. «Leipzig est à Bach ce que Salzbourg est à Mozart et Bayreuth à Wagner», assure Joerg Clemen, le porte-parole des archives Bach. C’est en effet ici que le compositeur a écrit certaines de ses plus grandes œuvres, pendant les vingt-sept années où il fut maître de chapelle de l’église Saint-Thomas. Et Leipzig, où le musicien est mort le 28 juillet 1750 à l’âge de 65 ans, compte bien montrer que personne ne peut lui ravir le titre de «ville de Bach». Les festivités débuteront au printemps avec un concert le 21 mars, jour de naissance du compositeur, une interprétation de la Passion selon Saint-Matthieu pour Pâques et l’inauguration de l’église Saint-Thomas, rénovée à grands frais, le dimanche de Pentecôte. Mais le point d’orgue de l’année sera la «Bachfest Leipzig 2000», qui rassemblera une pléiade d’artistes renommés du 21 au 30 juillet : l’orchestre du Gewandhaus de Leipzig bien sûr, mais aussi l’Amsterdam Baroque Orchestra ou le Joshua Rifkin Bach Ensemble, ainsi que des interprètes tels que Gustav Leonhardt ou Andreas Staier. «Le problème n’a pas été de convaincre les artistes de venir, nous avons plutôt dû dire non à certains d’entre eux», assure M. Clemen, assez satisfait de la liste des invités. Concerts en plein air Le festival, placé sous la devise «Bach - début et fin», rassemblera au total 87 manifestations. Passage obligé, les Passions selon Saint-Jean et Saint-Matthieu auront pour cadre les églises Saint-Nicolas et Saint-Thomas. Mais les musiques des XIXe et XXe siècles seront aussi à l’honneur, «pour montrer comment Bach a pu inspirer les générations suivantes». Des sessions de jazz sont même prévues. Des concerts de plein air et onze expositions dans les musées de la ville accompagneront la manifestation. Les premières partitions manuscrites restaurées de Bach seront présentées pour l’occasion. Le 28 juillet, jour de la mort du maître baroque, la chaîne de télévision EuroArts Entertainments consacrera 24 heures d’émission à Bach, avec la retransmission de concerts géants prévus à Leipzig. Le concours Jean-Sébastien Bach, consacré cette année à l’orgue sous la présidence de Ton Koopman et au clavecin sous celle de Gustav Leonhardt, profitera lui aussi de l’«année Bach» puisque les finalistes du concours d’orgue étrenneront l’instrument tout juste restauré de l’église Saint-Thomas. Au total, la ville s’attend à un afflux de mélomanes venus d’Europe mais aussi des États-Unis et du Japon. Le festival mettra en vente quelque 43 500 places le 1er mars, mais par le système des options «près de la moitié d’entre elles sont déjà réservées», assure M. Clemen. Autre point fort des célébrations, les «Semaines Bach de Thuringe» rendront elles aussi hommage au compositeur dans une quinzaine de villes : Eisenach, où Jean-Sébastien Bach avait vu le jour le 21 mars 1685, proposera une série de concerts avec notamment une Passion selon Saint-Jean sous la direction de Nikolaus Harnoncourt, le jour de sa naissance, et des cantates de Pâques sous la direction de John Eliot Gardiner. Les villes d’Arnstadt, de Weimar et de Muehlhausen, où Bach avait été organiste avant de se fixer à Leipzig, offriront elles aussi un programme de concerts. À ces festivités allemandes viendront enfin s’ajouter les deux intégrales annoncées par l’éditeur allemand Hanssler et par Teldec, ainsi que plusieurs coffrets Bach chez Harmonia Mundi.
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