Le dalaï-lama, qui fête le 60e anniversaire de son intronisation comme chef spirituel des Tibétains, est à la tête d’un mouvement en exil qui représente une force de pression considérable dans le monde et une épine acérée pour les Chinois. C’est sur les contreforts enneigés de l’Himalaya dans le nord de l’Inde, à Dharamsala, où le dalaï-lama, «bouddha vivant» de 64 ans, s’est exilé, qu’auront lieu vendredi une cérémonie religieuse et des danses traditionnelles tibétaines pour marquer cet anniversaire. De cet exil, à la tête d’un gouvernement qu’aucun pays ne reconnaît officiellement, ce frêle moine à l’éternel sourire a réussi à faire du Tibet l’une des principales questions internationales. Par une activité incessante, de fréquents déplacements à l’étranger, le dalaï-lama, prix Nobel de la paix 1989, a fait en sorte que les violations des droits de l’homme au Tibet sous contrôle chinois restent sous les feux de l’actualité, au grand dam de Pékin. Il n’a de cesse depuis plus d’un quart de siècle de rencontrer monarques, présidents et chefs de gouvernement, et compte une multitude de fidèles, notamment aux États-Unis, parmi eux des célébrités telles que les acteurs Richard Gere et Goldie Hawn qui maintiennent la flamme et donnent au mouvement une touche de glamour. Le dalaï-lama est aussi à la pointe de l’information, avec un site Internet officiel (http://tibet.com). Né Tenzin Gyatso le 6 juillet 1935 dans une famille modeste de la province de l’Amdo, au Tibet oriental, il est reconnu à l’âge de deux ans comme réincarnation du 13e dalaï-lama. Sa vie se déroule alors derrière les murs du Potala, palais qui domine Lhassa, la capitale du Tibet. Il est intronisé 14e dalaï-lama le 18 février 1940. L’enfant suit des études théologiques, et à l’âge de 7 ans a déjà appris des milliers de textes sacrés. Mais il se passionne aussi pour la vie moderne, le cinéma et l’automobile, et lit des magazines américains. En 1950, à 15 ans, il assume les responsabilités de chef du gouvernement tibétain. C’est cette année-là, le 17 octobre, que 80 000 soldats chinois pénètrent au Tibet. Il cherche à traiter avec Pékin, où il rencontre Mao Zedong et Chou en Lai en 1954 et 1956. Mais trois ans plus tard, en 1959, après l’échec d’un soulèvement tibétain contre la garnison chinoise de Lhassa, le dalaï-lama s’enfuit en Inde en traversant l’Himalaya. Depuis le début de ce long exil à Dharamsala, le dalaï-lama prêche patiemment son credo de non-violence, mettant sa foi dans le dialogue avec la Chine. Quatre délégations tibétaines se rendront à Pékin entre 1979 et 1984, sans qu’aucun progrès ne soit réalisé. En 1988, il se prononce pour un Tibet non pas indépendant, mais autodéterminé, démocratique, «en association avec la République populaire de Chine». Il accepte un an plus tard le prix Nobel de la paix «au nom des opprimés partout» dans le monde. «Beaucoup d’analystes estimaient que la question (du Tibet) était morte et le dalaï-lama a ramené un yak mort à la vie», explique Thubten Samphel, secrétaire à l’information du gouvernement tibétain en exil. «Alors que les violations des droits de l’homme empirent, avec un effort chinois systématique pour intégrer l’économie tibétaine à celle de la Chine et diluer notre culture, la question tibétaine reçoit plus d’attention que jamais dans le monde», affirme-t-il. M. Samphel estime que les efforts du dalaï-lama contribuent également à faire évoluer l’opinion publique en Chine même, grâce notamment à l’Internet : «Nous rencontrons beaucoup de Chinois dont la perspective est maintenant très différente de celle de leur gouvernement. La Chine ne peut tout simplement plus évacuer le problème tibétain».
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le dalaï-lama, qui fête le 60e anniversaire de son intronisation comme chef spirituel des Tibétains, est à la tête d’un mouvement en exil qui représente une force de pression considérable dans le monde et une épine acérée pour les Chinois. C’est sur les contreforts enneigés de l’Himalaya dans le nord de l’Inde, à Dharamsala, où le dalaï-lama, «bouddha vivant» de 64 ans, s’est exilé, qu’auront lieu vendredi une cérémonie religieuse et des danses traditionnelles tibétaines pour marquer cet anniversaire. De cet exil, à la tête d’un gouvernement qu’aucun pays ne reconnaît officiellement, ce frêle moine à l’éternel sourire a réussi à faire du Tibet l’une des principales questions internationales. Par une activité incessante, de fréquents déplacements à l’étranger, le dalaï-lama, prix...