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Actualités - Reportages

La physionomie des marchés Beyrouth : dollar survendu

L’offre du dollar s’est sensiblement développée hier sur le marché des changes de Beyrouth en quête de livres libanaises vraisemblablement à des fins de placement en bons du Trésor. Mais après que la Banque du Liban (BDL) se fut déclarée prête à l’acheter à 1 501,00 LL et à le vendre à 1 514,00 LL, il est resté confiné toute la journée au bas de cette fourchette. Et bien que la BDL l’ait fait clôturer au même taux moyen indicatif de 1 507,50 LL, comme depuis le 9 septembre dernier, le billet vert devait être effectivement négocié sur le marché interbancaire entre 1 501,00 et 1 501,50 LL, après un bref départ entre 1 501,00 et 1 503,00 LL, témoignant de l’abondance de l’offre en cette monnaie. Mai contrairement à la veille, ce mouvement s’est accompagné hier d’un certain regain d’activité illustré par des transactions dépassant au total dix millions de dollars, entièrement échangés par les établissements de crédit de la place à l’achat et à la vente sans aucune intervention de la BDL. Le discours de Greenspan a effacé les gains du dollar À l’étranger, le dollar a finalement effacé hier ses gains de la journée, après les mises en garde du président de la Réserve fédérale américaine (Fed), Alan Greenspan, contre les risques inflationnistes qui, en annonçant une éventuelle hausse préventive des taux d’intérêt au États-Unis prochainement, ont tiré Wall Street à la baisse. Toutefois, juste après ce témoignage du président de la Fed devant la commission bancaire de la Chambre des représentants au Congrès, le billet vert s’était orienté vers le haut face aux autres grandes monnaies, notamment l’euro. Celui-ci, qui avait franchi dans la matinée le seuil de 0,99 dollar après l’annonce d’une hausse de l’indice IFO mesurant le climat d’affaires en Allemagne à 100,10 points le mois dernier contre 99,60 points en décembre, ne tardait pas à repasser sous cette barre en se négociant aux alentours de 0,9835 dollar. Pendant le même temps, le billet vert s’était également renforcé face au sterling qui avait reculé aussi à 1,6040 dollar comme face aux autres grandes monnaies surtout le yen, affecté par la mise en surveillance de l’agence de notation internationale Moody’s de la note de la dette intérieure japonaise pour un possible abaissement. Alan Greenspan a estimé devant la Chambre des représentants que l’économie américaine montrait peu de signes de ralentissement appréciables et que les risques semblaient pencher vers la constitution de tensions inflationnistes. Ces propos, qui ont relancé la perspective d’un resserrement monétaire aux États-Unis, ont donc soutenu la demande du dollar sous ce rapport. Cela d’autant que les opérateurs venaient d’apprendre du département américain de Travail que les prix à la production sont restés inchangés le mois dernier après avoir augmenté de 0,3 % en décembre et qu’ils ont baissé de 0,2 %, hors énergie et alimentation, contre une hausse de 0,1 % pendant la même période, excluant la présence de signes inflationnistes. Mais après l’annonce par la banque de Réserve de Philadelphie que son indice d’activité pour le mois de février aurait augmenté à 13,3 points contre 9,1 points en janvier ainsi que celui des prix à 40,00 points contre 21,90 points pendant la même période, le sentiment vis-à-vis du dollar a changé, surtout après l’annonce que le nombre des demandeurs d’allocations chômage aux États-Unis a diminué de 20 000 dossiers la semaine dernière, à la suite de créations d’emplois entraînées vraisemblablement par une surchauffe de l’économie. Cela étant, le dollar n’a pas pu préservé ses gains de la journée face aux autres grandes monnaies, à l’exception du yen, se négociant à New York comme suit : – 0,9885 pour un euro contre 0,9865 la veille – 1,6080 pour un sterling contre 1,6075 – 1,9785 DM contre 1,9825 – 6,6360 FF contre 6,6490 – 1,6235 FS contre 1,6260 – 1 958,80 lires contre 1 962,75 – 110,60 yens contre 109,45. Bourse de Beyrouth : poursuite de la baisse de Solidere À la Bourse de Beyrouth, la tendance est restée à la baisse hier avec la rechute des actions B de Solidere de 8,00 à 7 7/8 dollars, dans un marché très restreint et autrement calme sur le restant de la cote. C’est ainsi que l’indice général Lispi de toutes les valeurs libanaises cotées a reperdu 0,14 % à 75,89 points, alors que l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires s’est maintenu invariablement à 176,19 points. Pour ce qui est de l’activité du marché, elle n’a pas dépassé hier 34 014 actions négociées d’une valeur globale de 75 171 dollars. Wall Street : un marché affecté par les propos de Greenspan Sur les places boursières internationales, Wall Street, qui avait entamé la séance d’hier sur un ton soutenu, a dû finalement céder ses gains et renouer avec la baisse contrairement à l’indice Nasdaq de la Bourse électronique qui a continué sur sa lancée de la veille sur des rachats du découvert dans ce secteur. Certes, ce changement de climat est attribué aux propos de M. Greenspan devant le Congrès surtout en ce qui concerne «l’extraordinaire hausse de la Bourse qui ne peut pas continuer à ce rythme». Cette déclaration ainsi que les mises en garde lancées par lui contre les risques inflationnistes ont donc douché l’enthousiasme manifesté à l’ouverture par les boursiers vis-à-vis des valeurs américaines, les incitant à prendre leurs gains sur les actions traditionnelles et les cycliques très présentes au sein de l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles. C’est ainsi que cet indice a dû fléchir rapidement d’un plus haut à 10 671,86 points à un plus bas à 10 454,60 points, avant d’afficher en préclôture 10 503,67 points, en baisse de 57,74 points sur la veille. Les Bourses européennes en hausse Les marchés d’actions européens ont pour la plupart clôturé en hausse jeudi, à l’issue d’une journée placée sous le signe de l’indécision. Les marchés sont apparemment restés impassibles face au discours du président de la Réserve fédérale américaine, Alan Greenspan, qui s’est dit déterminé à resserrer fortement la politique monétaire américaine, si nécessaire, pour éviter la surchauffe de l’économie. Mais les investisseurs semblent en fait désorientés. «Greenspan l’a dit vraiment franchement, pour une fois», a estimé Jerry Evans, analyste à Enskilda Securities. «Des hausses substantielles des taux d’intérêt pourraient être nécessaires, c’est-à-dire plus qu’une ou deux hausses comme le marché le pensait. Et Greenspan a dit aussi que la hausse de la Bourse américaine n’était pas viable». «C’est le genre de nouvelles qui va rendre tout le monde prudent à partir de maintenant sur les marchés, mais cela ne signifie pas la panique», a ajouté Evans, en estimant que les investisseurs devaient désormais craindre un relèvement des taux directeurs de la Fed de 50 points de base en mars. À la Bourse de Paris, l’indice CAC 40 a fini sur un gain de 1,8 %, tandis qu’à Londres, le FTSE 100 gagnait 1,01 % et qu’à Francfort, le Dax s’adjugeait 1,20 %. De même, les autres principales places européennes ont clôturé en hausse, à l’exception de Bruxelles en baisse de 0,34 %. Amsterdam a gagné 1,1 %, Milan 0,83 %, Madrid 0,75 % et Zurich 1,39 %. Aux indices multipays, l’Eurotop 300 paneuropéen a progressé de 1,04 % et l’Euro STOXX 50, limité à la zone euro, a gagné 1,12 %. Avant même le discours d’Alan Greenspan sur l’état de l’économie américaine, la journée avait été plutôt agitée, entre un indice IFO du climat des affaires plus fort qu’attendu en Allemagne et une forte croissance des ventes au détail au Royaume-Uni, qui ont irrité les investisseurs, et un indice des prix à la production aux États-Unis jugé sans danger. Tokyo : en hausse malgré les avertissements de Moody’s La Bourse de Tokyo a terminé en hausse de 1 % jeudi, en dépit d’une mise en garde de l’agence d’évaluation financière américaine Moody’s qui envisage d’abaisser la note du Japon pour sa dette intérieure en yen. L’indice Nikkei 225 a progressé de 192,22 points, pour clôturer à 19 791,40 points, tandis que l’indice élargi Topix a gagné 25,99 points, à 1 717,11 points. Le volume des échanges a atteint 764 millions de titres, contre 805,2 millions de mercredi. «Le marché a peu réagi à l’annonce de Moody’s», a estimé Tatsuo Kurokawa, de Nomura Securities. «Le marché connaît déjà la gravité de l’endettement du Japon, il n’a pas besoin de se l’entendre rappeler par Moody’s. L’annonce de Moody’s n’apporte rien de nouveau», selon M. Kurokawa. L’agence américaine d’évaluation financière Moody’s Investors Service a annoncé jeudi qu’elle avait placé le Japon sous surveillance et envisageait de réviser à la baisse sa note pour la dette domestique en yen, émise ou garantie par le gouvernement, qui est actuellement de Aa1. À contrario, Moody’s a confirmé la note du gouvernement japonais pour ses émissions de titres ou garanties d’émissions en devises étrangères à Aa1 et a revu les perspectives à stables contre négatives auparavant. Loin d’alimenter un mouvement de vente de valeurs japonaises, cette annonce «a en fait aidé les investisseurs à opter pour l’achat de titres plutôt que pour celui d’obligations», a estimé M. Kurokawa. «Cet événement souligne également l’impopularité des obligations», a-t-il ajouté. «Moody’s a mis le yen sous pression, ce qui a encouragé les investisseurs à acheter des valeurs de la haute technologie et exportatrices», a estimé Kazunori Jinnai, de Daiwa Securities SB Capital Markets.
L’offre du dollar s’est sensiblement développée hier sur le marché des changes de Beyrouth en quête de livres libanaises vraisemblablement à des fins de placement en bons du Trésor. Mais après que la Banque du Liban (BDL) se fut déclarée prête à l’acheter à 1 501,00 LL et à le vendre à 1 514,00 LL, il est resté confiné toute la journée au bas de cette fourchette. Et bien que la BDL l’ait fait clôturer au même taux moyen indicatif de 1 507,50 LL, comme depuis le 9 septembre dernier, le billet vert devait être effectivement négocié sur le marché interbancaire entre 1 501,00 et 1 501,50 LL, après un bref départ entre 1 501,00 et 1 503,00 LL, témoignant de l’abondance de l’offre en cette monnaie. Mai contrairement à la veille, ce mouvement s’est accompagné hier d’un certain regain d’activité...