Ulster Sommet de crise pour éviter l'effondrement du processus de paix
le 17 février 2000 à 00h00
Les Premiers ministres britannique et irlandais Tony Blair et Bertie Ahern ont présidé hier à Londres un mini-sommet convoqué pour éviter que l’actuelle crise politique en Irlande du Nord se traduise par un effondrement du processus de paix. Mais le leader du Sinn Fein – le bras politique de l’Ira – Gerry Adams a indiqué à la sortie de ses entretiens que l’impasse demeurait totale. «Le gouvernement britannique ne nous a donné aucune indication quant à son intention de relancer les institutions» d’Ulster, dont la suspension vendredi par Londres a accéléré la crise. M. Adams était le premier des dirigeants politiques nord-irlandais à s’entretenir au 10 Downing Street avec les deux chefs de gouvernement. Ceux-ci ont reçu à tour de rôle leurs invités faute de pouvoir les réunir autour d’une même table tant est vive l’acrimonie depuis la suspension des institutions biconfessionnelles d’Ulster après dix semaines d’existence, vendredi, et l’annonce mardi par l’Ira qu’elle coupait les ponts avec la commission chargée du désarmement. Reçu après M. Adams, le chef des protestants modérés et Premier ministre du gouvernement suspendu, David Trimble, a refusé toute concession supplémentaire, estimant que «la balle était dans le camp des républicains». Avant la rencontre, le porte-parole de M. Blair avait minimisé les chances immédiates de percée, déclarant : «Le but est de faire en sorte qu’ils continuent de se parler». Il avait aussi clairement exprimé la volonté de Londres de limiter le champ des discussions à la question du désarmement de l’Ira, sans cesse repoussé depuis deux ans et à l’origine de la suspension des institutions. Le souci est d’empêcher les unionistes de remettre en question d’autres volets de l’accord historique d’avril 1998 ayant approuvé le principe d’un partage du pouvoir avec les catholiques. Les plus intransigeants reviennent aujourd’hui sur la réforme de la police d’Ulster, un bastion protestant dont les catholiques exigent le démantèlement. En rétablissant la «direct rule» (l’administration directe de la province par Londres), le gouvernement de M. Blair a tenté vendredi dernier de forcer l’Ira à cesser de tergiverser. L’exercice d’hier visait à limiter les dégâts qui s’en sont suivis, même si le pire – une rupture du cessez-le-feu observé depuis juillet 1997 par l’Ira – a pour l’instant été évité. En attendant, les frères ennemis nord-irlandais ont retrouvé hier leurs réflexes antagonistes pour se renvoyer la responsabilité de l’échec. En résumé, il ressortait de leurs propos que le chef protestant modéré David Trimble (UUP) refuse d’envisager le rétablissement de son gouvernement tant que l’Ira n’aura pas concrètement engagé son désarmement, celle-ci refusant pour sa part de négocier sur son arsenal tant que n’aura pas été rétabli l’Exécutif. Tony Blair et Bertie Ahern se sont employés hier à présenter de nouveau un front uni après les lézardes provoquées par la dernière crise. La problématique nord-irlandaise s’est aussi compliquée ces jours derniers du fait de divisions inquiétantes au sein de la communauté catholique républicaine, où le Sinn Fein se voit reprocher les maigres dividendes de sa stratégie démocratique. Les divergences sont également sensibles dans le camp unioniste. La perte de crédibilité de deux acteurs-clés, le ministre à l’Irlande du Nord Peter Mandelson et le général canadien John de Chastelain, hypothèque également tout règlement. Le premier, proche de M. Blair, est devenu la bête noire des républicains qui l’accusent d’avoir cédé au chantage des unionistes protestants. Le second, président de la commission indépendante internationale sur le désarmement, a rendu des conclusions positives sur la bonne volonté de l’Ira qui ont été ignorées par Londres.
Les Premiers ministres britannique et irlandais Tony Blair et Bertie Ahern ont présidé hier à Londres un mini-sommet convoqué pour éviter que l’actuelle crise politique en Irlande du Nord se traduise par un effondrement du processus de paix. Mais le leader du Sinn Fein – le bras politique de l’Ira – Gerry Adams a indiqué à la sortie de ses entretiens que l’impasse demeurait totale. «Le gouvernement britannique ne nous a donné aucune indication quant à son intention de relancer les institutions» d’Ulster, dont la suspension vendredi par Londres a accéléré la crise. M. Adams était le premier des dirigeants politiques nord-irlandais à s’entretenir au 10 Downing Street avec les deux chefs de gouvernement. Ceux-ci ont reçu à tour de rôle leurs invités faute de pouvoir les réunir autour d’une même table...
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