Le dollar est resté confiné dans des marges très étroites sur le marché des changes de Beyrouth, hier, fluctuant tout près du bas de la fourchette d’intervention de la Banque du Liban (BDL) maintenu en l’état à 1 501,00 LL, comme le haut de cette fourchette à 1 514,00 LL. Il a ainsi terminé la journée au taux moyen indicatif de 1 507,50 LL, comme depuis le 9 septembre dernier, pendant que les établissements de crédit le négociaient pratiquement entre 1 501,50 et 1 502,50 LL en raison de la propension du marché à l’offre plutôt qu’à la demande. Pourtant, l’activité n’a pas pu pour autant se développer vu les besoins commerciaux très limités du marché en cette monnaie, indique-t-on dans les milieux cambistes. Selon eux, le volume d’affaires de la journée d’hier n’aurait pas dépassé quelque six millions de dollars, entièrement échangés par les banques de la place à l’achat et à la vente, sans aucune intervention de la BDL. Accès de faiblesse du dollar à l’étranger À l’étranger, le dollar n’a toujours pas réussi à décoller, bloqué depuis la veille dans une fourchette étroite avec une orientation baissière face aux autres grandes monnaies. Selon les cambistes, les opérateurs, craignant les tensions inflationnistes, ont préféré encore hier attendre le témoignage du président de la Réserve fédérale (Fed), Alan Greenspan, aujourd’hui devant la commission bancaire du Congrès qui pourrait donner une idée plus ou moins claire sur les intentions des autorités monétaires américaines en matière de taux d’intérêt. Cette prudente expectative, qui s’est installée sur le marché du billet vert depuis la publication la veille de chiffres plus forts que prévu sur la production industrielle américaine, a été renforcée hier par l’annonce que les mises en chantier de logement aux États-Unis auraient augmenté de 1,5 % le mois dernier contre 5,1 % en décembre alors qu’on s’attendait à une baisse de l’ordre de 3,5 % de cet indice. Cela d’autant qu’on apprenait que les permis de construire se sont accrus dans une proportion de 8,7 % contre 0,6 % pendant la même période, témoignant que les ménages américains dépensent toujours plus et à un rythme qui pourrait contraindre la Fed à resserrer davantage les rênes du crédit. En revanche, la monnaie unique européenne s’est montrée plus en forme hier, surtout après l’annonce par l’Office des statistiques de Wiesbaden que l’indice des prix de gros en Allemagne a augmenté de seulement 0,6 % le mois dernier contre 0,9 % en décembre, excluant toute crainte d’une nouvelle hausse des taux d’intérêt dans la zone euro qui est censée affecter la reprise fragile de l’économie dans cette région. Pourtant, les opérateurs ont estimé devoir rester sur la défensive hier, à la veille de la réunion aujourd’hui du conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE) avant de prendre de nouvelles initiatives dans un sens ou dans l’autre. De son côté, la livre sterling s’est portée incroyablement bien et a gagné encore du terrain, soutenue par l’annonce d’une hausse du salaire moyen en Grande-Bretagne plus élevée que prévu, prouvant selon nombre d’analystes la confiance du marché envers l’économie britannique. À cet égard, le sterling a bénéficié de la hausse du salaire moyen au Royaume-Uni en glissement annuel de 5,5 % au quatrième trimestre 1999 au lieu de 5,00 % comme largement anticipé par les opérateurs. Cette hausse, bien supérieure au seuil de 4,5 % que la Banque d’Angleterre juge compatible avec son objectif d’inflation à 2,5 %, a donc relancé les spéculations sur une nouvelle hausse des taux d’intérêt britanniques d’ici à mars prochain ce qui a contribué à soutenir le sterling. Pour ce qui est du yen, il s’est montré résistant face au dollar bien qu’il risque de pâtir d’un projet de réforme proposé par le principal parti japonais au pouvoir concernant l’instauration de taxes sur les entreprises qui serait une très mauvaise nouvelle pour les investisseurs. Quoi qu’il en soit, le dollar n’a pas pu surmonter les facteurs négatifs qui gouvernent sa tendance en attendant le discours du président de la Fed mais aussi les chiffres sur l’évolution des prix à la production et à la consommation aux États-Unis le mois dernier, devant paraître aujourd’hui et demain. De plus, il s’est ressenti hier de l’accès de faiblesse de Wall Street, se négociant ainsi à New York sur un ton vulnérable, comme suit : – 0,9865 pour un euro contre 0,9810, la veille – 1,6065 pour un sterling contre 1,5960 – 1,9825 DM contre 1,9935 – 6,6495 FF contre 6,6865 – 1,6275 FS contre 1,6370 – 1 962,75 lires contre 1 973,75 – 109,25 yens contre 109,20. Bourse de Beyrouth : poursuite de la baisse À la Bourse de Beyrouth, l’ensemble de la cote libanaise a continué de battre en retraite hier, sous la conduite des actions A de Solidere et C de la Byblos Bank dont la baisse l’a emporté sur la hausse des actions B de Solidere. En effet, l’indice général Lispi de toutes les valeurs libanaises cotées a reperdu 0,07 % à 76,00 points, ainsi que l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires qui a abandonné 0,11 % à 176,19 points. Mais ce mouvement s’est déroulé dans un marché étriqué où seulement 5 644 actions ont changé de main hier d’une valeur globale de 33 180 dollars. Wall Street : baisse des industrielles Sur les places boursières internationales, la tendance est restée contrastée à Wall Street où d’un côté, l’indice Dow Jones des industrielles s’est enfoncé alors que l’indice composite Nasdaq de la Bourse électronique remontait la pente après avoir commencé dans le rouge. Pourtant, les valeurs industrielles sont restées coincées toute la séance d’hier même après le passage des valeurs de la haute technologie dans le vert, les investisseurs favorisant ces dernières sur les valeurs traditionnelles qui les ont délaissées. À cela auraient contribué les indications selon lesquelles les ménages américains dépensent toujours à un rythme élevé comme en témoigne l’augmentation des mises en chantier de logement dans l’immobilier le mois dernier à leur plus haut niveau depuis un an. Ce développement, qui a rendu le marché obligataire très nerveux, ne tardait pas à avoir un impact négatif sur l’ensemble de la cote new-yorkaise, malgré les quelques gains des valeurs de la haute technologie et des fabricants des microprocesseurs ainsi que de la biotechnologie. C’est ainsi que malgré la bonne tenue du Nasdaq hier, l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles a dû fléchir d’un plus haut à 10 741,67 points à un plus bas à 10 587,78 points, avant d’afficher en préclôture 10 607,66 points, en baisse de 110,43 points sur la veille. Les Bourses européennes en bonne forme sauf Paris Quant aux bourses européennes, elles ont dans l’ensemble terminé la journée d’hier dans le vert, à l’exception de Paris qui a perdu 0,76 % à l’issue d’une séance heurtée dans un marché en dents de scie, flirtant avec la barre symbolique des 6 000 points alors que le mouvement de rotation entamé la veille au détriment des valeurs de la «nouvelle économie» a continué sur sa lancée. Le CAC 40 a donc fini au-dessus de ses plus bas niveaux du jour à 6 046,27 points en baisse de 46,36 points, après un plancher à 5 997,77 points. À Francfort, la Bourse a été portée par Deutsche Telekom, après l’annonce de l’alliance du géant des télécoms Lagardère et Kirch pendant que Deutsche Telekom affichait ses ambitions dans l’Internet. Le Dax a ainsi gagné 94,19 points à 7 490,32 points. Pour ce qui est de la Bourse de Londres, sa hausse a été encore plus prononcée grâce à de bons résultats de sociétés et à une reprise des valeurs des médias après une période de prises de bénéfices. C’est ainsi que l’indice Footsie a clôturé en hausse de 142,20 points à 6 147,40 points. Tokyo : en hausse La Bourse de Tokyo a progressé de 1,2 % mercredi, soutenue par la chasse aux bonnes affaires après trois séances consécutives de recul, ont indiqué ces opérateurs. L’indice de référence Nikkei 225 a gagné 231,35 points à 19 599,18. L’indice est tombé jusqu’à 19 300,14 points au cours de la session matinale, mais de nombreux investisseurs ont profité des reculs enregistrés depuis jeudi dernier pour rafler de bonnes affaires, selon des sources de marché. L’indice élargi Topix a gagné 0,98 point, pour terminer à 1 691,12 points, avec un volume d’échange estimé à 789 millions de titres, en baisse par rapport aux 815,5 millions d’actions qui ont changé de mains mardi. «Les titres ayant perdu jusqu’à 3,2 % ces trois derniers jours, les investisseurs ont eu envie d’en racheter certains», a précisé Tetsuya Ishijima, de Okasan Securities. Les marchés financiers de Tokyo ont fermé vendredi, jour férié au Japon. «Il ne sera pas difficile pour le Nikkei de retrouver la barre des 20 000 points atteinte le 9 février», a estimé M. Ishijima. «Et les récents échanges dominés par les prises de bénéfices et la chasse aux bonnes affaires vont procurer au marché une correction bienvenue», avant que la hausse ne reprenne, a-t-il ajouté. En début de semaine, les pressions s’étaient accumulées sur la place financière japonaise avec l’annonce, pendant le week-end, de la faillite de la chaîne de supermarchés Nagasakiya Co Ltd, la plus importante jamais vue dans le secteur. Malgré cette faillite et des dénouements de participations croisées à l’approche de la clôture de l’année fiscale le 31 mars, la plupart des investisseurs sont plutôt confiants dans la bonne orientation prise par le marché, assurent les opérateurs. Les capitaux des investisseurs individuels et des fonds d’investissements continueront à affluer, ont-ils estimé. On ne s’attend toutefois pas à ce que ces achats propulsent l’indice au-dessus des 20 000 points avant que les sociétés ne cessent de vendre des titres, comme c’est le cas actuellement, afin d’améliorer leurs bénéfices avant la clôture de l’année fiscale.
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