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Actualités - Chronologie

Environnement Le cyanure continue à descendre le Danube

La pollution au cyanure venue de Roumanie continuait hier à descendre le Danube après avoir passé Belgrade, et le gouvernement serbe a dénoncé la catastrophe écologique déjà subie par la Tisza au passage de la vague empoisonnée. «L’échelle de cette pollution est si élevée que je crois que c’est la plus grande catastrophe depuis Tchernobyl», a déclaré à la presse le ministre serbe de l’Environnement, Branislav Blazic. La comparaison avec l’accident de la centrale nucléaire de Tchernobyl en 1986 avait déjà été faite par la Hongrie, où le cours de la Tisza a aussi été ravagé par la pollution, et par des écologistes de plusieurs pays. Le cyanure s’est échappé, il y a deux semaines d’une mine d’or du nord de la Roumanie, où il est utilisé pour laver le minerai. Selon le ministre serbe, la concentration de cyanure dans le Danube mesurée lundi soir était de 0,2 milligramme par litre d’eau, soit le double du taux maximal admis internationalement. Des pêcheurs ont déclaré que des dizaines de poissons morts avaient été vus flottant sur le Danube à Zemun, une banlieue de Belgrade. La faune est aujourd’hui la principale victime de la pollution au cyanure. Quatre espèces d’esturgeons déjà menacées risquent d’être les principales victimes de la pollution du bassin du Danube, selon le professeur Rolland Billard, du Muséum national d’histoire naturelle à Paris. «Il s’agit d’une pollution d’autant plus grave qu’elle touche l’un des fleuves les plus riches d’Europe en faune», a souligné le directeur du Laboratoire d’ichtyologie générale et appliquée du Muséum, interrogé hier. «À titre de comparaison, les eaux du Danube contiennent plus d’une centaine d’espèces de poissons, alors que dans celles de la Seine, elles ne sont qu’une quarantaine». Deux des six espèces d’esturgeons du Danube – poissons qui vivent en mer, en l’occurrence en mer Noire, et qui viennent pondre dans les fleuves – ont déjà disparu à la suite de la surpêche et de la construction de barrages. Pour ces poissons, dont les œufs servent à la préparation du caviar, on est passé de mille tonnes de captures au début du siècle à quatre cents tonnes après la Seconde Guerre mondiale, puis à une centaine de tonnes aujourd’hui. Le deuxième poisson concerné est l’alose, proche des sardines et des harengs, et très surpêché en mer Noire. Tout comme les esturgeons, les aloses remontent dans le Danube pour frayer. «Les aloses sont actuellement en cours de reproduction et si la pollution touche les lieux de ponte, elle peut avoir des conséquences néfastes également sur cette espèce», explique le Pr Billard. «Avec des concentrations allant jusqu’à 2,7 milligrammes de cyanure par litre d’eau, ajoute-t-il, l’animal est tué très rapidement car, en pénétrant dans les branchies du poisson, le cyanure provoque un arrêt de respiration», ajoute-t-il. Des milliers de poissons morts sortis de la Tisza, affluent du Danube par lequel est arrivée la pollution, en témoignent. D’autres espèces, comme l’apron du Danube, petit percidé déjà menacé lui aussi avant cette catastrophe écologique, peuvent être concernées à des degrés divers. «Cependant, admet le scientifique, il est impossible de prévoir l’ampleur du désastre à long terme. Ce n’est jamais la totalité du fleuve qui est concernée, le degré de contamination dépend des courants et varie dans les différentes zones. En outre, les poissons, capables de percevoir une anomalie dans leur milieu, ont la possibilité de fuir».
La pollution au cyanure venue de Roumanie continuait hier à descendre le Danube après avoir passé Belgrade, et le gouvernement serbe a dénoncé la catastrophe écologique déjà subie par la Tisza au passage de la vague empoisonnée. «L’échelle de cette pollution est si élevée que je crois que c’est la plus grande catastrophe depuis Tchernobyl», a déclaré à la presse le ministre serbe de l’Environnement, Branislav Blazic. La comparaison avec l’accident de la centrale nucléaire de Tchernobyl en 1986 avait déjà été faite par la Hongrie, où le cours de la Tisza a aussi été ravagé par la pollution, et par des écologistes de plusieurs pays. Le cyanure s’est échappé, il y a deux semaines d’une mine d’or du nord de la Roumanie, où il est utilisé pour laver le minerai. Selon le ministre serbe, la...