La crise financière passée et la croissance mondiale reprenant de la vigueur, le directeur général du FMI Michel Camdessus «a su choisir le bon moment pour son départ», affirme Shailendra Anjaria, secrétaire du FMI. Outre la délicate question de la Russie, le nouveau directeur général du FMI, poste assuré par intérim par le n° 2 Stanley Fischer, devra faire avancer plusieurs dossiers ouverts depuis deux ans. RUSSIE : interrompue depuis septembre dans un contexte de guerre contre la Tchétchénie, d’allégations de blanchiment d’argent mais surtout de dérapage du programme économique, la reprise du soutien financier à la Russie piétine. Les dernières missions du FMI à Moscou n’ont pas donné satisfaction quant à l’application de réformes structurelles et aux paramètres macro-économiques retenus pour le prochain budget. Moscou attend une tranche de 640 millions de dollars de la part du Fonds. Les experts les plus optimistes tablent sur une reprise des crédits début avril, au lendemain de la présidentielle du 26 mars, mais la plupart ne l’attendent pas si tôt. TRANSPARENCE : pressé notamment par le Congrès américain pour que l’institution devienne plus transparente, le FMI opère en la matière «une révolution calme», selon Shailendra Anjaria. Quelque 50 pays acceptent désormais que l’avis du FMI sur leur économie soit publié. Une évaluation du rôle de surveillance du Fonds est actuellement en cours qui devrait donner lieu à des réformes. RÔLE FINANCIER : à la faveur du changement de direction et alors que la crise financière des pays émergents est passée, le débat sur le rôle financier du FMI est posé. Le Trésor américain fait pression pour un FMI moins impliqué dans des financements à long terme et n’intervenant, hormis pour les pays pauvres très endettés où est lancé l’initiative d’allègement de la dette, qu’en situation d’urgence. Le conseil d’administration est en train de procéder à un examen des différentes facilités de crédit du FMI. LÉGITIMITÉ : l’idée que le FMI doit pouvoir mieux revendiquer la responsabilité de ses décisions en invoquant une légitimité de son instance politique, le Comité intérimaire (rebaptisé en Comité financier et monétaire international) a été l’un des chevaux de bataille de Michel Camdessus. Mais tous les gouvernements ne sont pas convaincus qu’il faille donner plus de pouvoir de décision à l’instance dirigeante du FMI. ALLÈGEMENT DE LA DETTE : critiqué pour être lent, le plan d’allègement de la dette mis au point par le FMI et la Banque mondiale semble avoir pris sa vitesse de croisière. L’objectif vise à rendre éligibles les trois quarts des 33 pays les plus pauvres, pour la plupart africains, avant la fin de l’année 2000. Il s’agit de réduire de 60 milliards de dollars sur la durée le surendettement des pays pauvres qui plombe leur développement. Pour compléter ce plan, le FMI a transformé son outil de prêt à taux bas –la Facilité d’ajustement structurel renforcée (FASR-ESAF) – en Facilité de réduction de pauvreté et de croissance (FRPC), censé marquer l’abandon du tout macroéconomique et associer le plus largement possible la société civile.
La crise financière passée et la croissance mondiale reprenant de la vigueur, le directeur général du FMI Michel Camdessus «a su choisir le bon moment pour son départ», affirme Shailendra Anjaria, secrétaire du FMI. Outre la délicate question de la Russie, le nouveau directeur général du FMI, poste assuré par intérim par le n° 2 Stanley Fischer, devra faire avancer plusieurs dossiers ouverts depuis deux ans. RUSSIE : interrompue depuis septembre dans un contexte de guerre contre la Tchétchénie, d’allégations de blanchiment d’argent mais surtout de dérapage du programme économique, la reprise du soutien financier à la Russie piétine. Les dernières missions du FMI à Moscou n’ont pas donné satisfaction quant à l’application de réformes structurelles et aux paramètres macro-économiques retenus pour le...
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