D’innombrables Afghans partagent, sans espoir, l’ambition des otages du Boeing afghan libérés jeudi de quitter leur pays ravagé par plus de 20 ans de guerre pour refaire leur vie ailleurs. L’Afghanistan, un pays pauvre d’Asie centrale, a été pris dans la tourmente de la guerre il y a plus de 20 ans, après l’invasion soviétique de 1979. Plus de deux millions d’Afghans ont fui cette tragédie pour se réfugier en Iran et au Pakistan voisins. Des centaines de milliers d’autres sont partis pour l’Occident ou les riches pays arabes. La stricte charia imposée par les taliban a ajouté au fardeau de nombreux afghans qui ne se retrouvent pas dans cette interprétation ultrarigide des lois islamiques. «Nous prions pour la paix depuis 20 ans, mais les gens ont perdu l’espoir», estime un professeur, Mohamed Ali. «Tout le monde a faim. Il n’y a ni travail ni argent. Aujourd’hui les professeurs et autres intellectuels vendent des pommes de terre dans les rues pour survivre», se lamente-t-il. Les combats ont totalement détruit les infrastructures du pays et ont entraîné l’exode des capitaux et des cerveaux. Un fonctionnaire qui a 20 ans d’ancienneté touche un salaire mensuel de cinq dollars. «Les gens partent pour ne pas devenir des mendiants», s’insurge un étudiant, Mohamed Rahim. «Avant, nous cherchions à devenir médecin ou ingénieur, mais maintenant tout le monde ne pense qu’à partir», ajoute-t-il. «Mon oncle a vendu une partie de ses terres dans le Logar (province au sud de Kaboul) pour envoyer son fils aîné à Moscou». Les taliban, les «étudiants en théologie» issus de madrassas (écoles coraniques) afghanes ou pakistanaises qui se sont emparés de Kaboul en 1996, ont imposé dans les zones sous leur contrôle leur propre interprétation de la charia. Les femmes n’ont pas le droit de travailler et les jeunes filles ne sont pas autorisées à faire des études. Les hommes doivent obligatoirement porter la barbe. La musique et le cinéma ont été interdits tout comme les photographies des êtres vivants. Les athlètes doivent porter des vêtements qui leur couvrent les cuisses jusqu’aux genoux alors que les spectateurs ne peuvent pas applaudir ou encourager les sportifs. Même les rares riches veulent partir pour profiter de leur fortune, disent les habitants de Kaboul. Nombre de commerçants sont ainsi partis au Pakistan, à Peshawar (nord-ouest) et Karachi (sud).
D’innombrables Afghans partagent, sans espoir, l’ambition des otages du Boeing afghan libérés jeudi de quitter leur pays ravagé par plus de 20 ans de guerre pour refaire leur vie ailleurs. L’Afghanistan, un pays pauvre d’Asie centrale, a été pris dans la tourmente de la guerre il y a plus de 20 ans, après l’invasion soviétique de 1979. Plus de deux millions d’Afghans ont fui cette tragédie pour se réfugier en Iran et au Pakistan voisins. Des centaines de milliers d’autres sont partis pour l’Occident ou les riches pays arabes. La stricte charia imposée par les taliban a ajouté au fardeau de nombreux afghans qui ne se retrouvent pas dans cette interprétation ultrarigide des lois islamiques. «Nous prions pour la paix depuis 20 ans, mais les gens ont perdu l’espoir», estime un professeur, Mohamed Ali. «Tout...
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