Cela pourrait s’intituler, version XIXe siècle, «De l’art de mettre l’amour au service de la papeterie familiale» et, version contemporaine, «De l’art de l’Office de tourisme du Massachusetts de faire flèche de tout bois et de détourner à son profit celles de Cupidon à l’occasion de la Saint-Valentin». L’histoire remonte à 1847. Esther Howland, fille d’un papetier de Worcester, au cœur de la Nouvelle-Angleterre, reçoit cette année-là, pour le 14 février, une carte de vœux postée à Londres par un associé de son père. Touchée par cette délicate attention, elle entreprend avec quelques amis de créer des cartes similaires dans le grenier de sa maison. Et convainc son père de renouveler en permanence sa réserve de papier. Son frère, gestionnaire de leur petit commerce, met aussitôt sur la place publique les travaux d’Esther qui remportent un succès considérable. Ainsi naît, avec un léger retard sur l’Europe, la première carte de vœux de la Saint-Valentin aux États-Unis. Et, même si elle a changé de mains plus d’une fois, la New England Valentine Company, fondée peu après, a gardé, depuis, une santé florissante. Des prétextes pour forfaits Si l’écho de cette lointaine anecdote parvient avec force détails aux journalistes parisiens, c’est parce que les responsables du tourisme du Massachusetts en ont habilement pris prétexte pour élaborer des forfaits – arrosés, sur place, de champagne – à l’occasion de la Saint-Valentin. Leurs limiers ont même retrouvé à Plymouth, à une soixantaine de kilomètres au sud-est de Boston, les traces de la belle histoire d’amour vécue par John et Priscilla Alden, deux des «pèlerins» du fameux Mayflower qui y accosta le 21 décembre 1620. Ils devaient s’y marier deux ans plus tard et avoir huit enfants. Parmi leurs descendants, l’écrivain Henry Wadworth Longfellow, auteur d’Evangeline, un classique du siècle dernier, mais aussi le grand Orson Welles.
Cela pourrait s’intituler, version XIXe siècle, «De l’art de mettre l’amour au service de la papeterie familiale» et, version contemporaine, «De l’art de l’Office de tourisme du Massachusetts de faire flèche de tout bois et de détourner à son profit celles de Cupidon à l’occasion de la Saint-Valentin». L’histoire remonte à 1847. Esther Howland, fille d’un papetier de Worcester, au cœur de la Nouvelle-Angleterre, reçoit cette année-là, pour le 14 février, une carte de vœux postée à Londres par un associé de son père. Touchée par cette délicate attention, elle entreprend avec quelques amis de créer des cartes similaires dans le grenier de sa maison. Et convainc son père de renouveler en permanence sa réserve de papier. Son frère, gestionnaire de leur petit commerce, met aussitôt sur la place...
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