Le racisme fait irruption dans la campagne présidentielle
le 10 février 2000 à 00h00
Le problème du racisme a fait irruption dans la campagne présidentielle américaine, où les candidats se sont notamment emparés de la polémique sur le drapeau de l’ancienne Confédération sudiste et de l’interdiction, dans une université, des fréquentations entre jeunes de couleur différente. La première polémique a éclaté le 17 janvier, jour particulièrement symbolique, commémorant le champion des droits civiques pour les Noirs américains, Martin Luther King. Ce jour-là, quelque 40 000 personnes ont manifesté face au Parlement de Columbia, la capitale de Caroline du Sud, pour dénoncer la présence au-dessus du bâtiment du drapeau de la Confédération sudiste, qu’ils considéraient comme un symbole raciste. Soucieux de ne pas froisser l’électorat blanc conservateur dans cet État du sud, où aura lieu une élection primaire républicaine le 19 février, le favori républicain George W. Bush a refusé de prendre parti. Il a affirmé qu’il s’agissait d’un «sujet local», une position partagée par le seul candidat noir républicain, Alan Keyes. Le grand rival républicain de M. Bush, John McCain, a d’abord dit que ce drapeau pouvait être «insultant», mais il a ensuite ajouté qu’il faisait partie de l’Histoire, brouillant ainsi les cartes. Les Noirs américains sont majoritairement démocrates, et les candidats démocrates Al Gore et Bill Bradley se sont immédiatement prononcés contre ce drapeau. Ils ont dénoncé les républicains qui, selon eux, n’osent pas se prononcer sur une question d’intérêt national. Peu après la polémique autour du drapeau sudiste, M. Bush a été vivement critiqué pour avoir fait un discours à la Bob Jones University, un établissement de Caroline du Sud qui interdit les fréquentations entre jeunes de couleur de peau différente. Il s’en est défendu maladroitement, en affirmant y être allé «parce qu’il y était invité». Dans la foulée, une association de défense des droits civiques a porté plainte contre le Parti républicain, l’accusant de ne pas prévoir des lieux de vote dans les zones à majorité noire de Caroline du Sud. Les démocrates, qui ne tiendront leur primaire dans cet État qu’au mois de mars, n’ont pas manqué de saisir l’occasion de s’en prendre aux républicains. Bill Bradley a modifié son programme pour se rendre lundi et mardi en Caroline du Sud où il devait évoquer à nouveau la question du drapeau sudiste et du déplacement de M. Bush à la Bob Jones University. Mais les démocrates ont eux aussi leur terrain miné. Alan Keyes a accusé les démocrates de vouloir imposer des clichés en prétendant qu’un Noir ne peut être que démocrate. «Beaucoup d’amis noirs ont des positions conservatrices», a-t-il déclaré. Selon un sondage réalisé en 1999 par le Joint Center for Political and Economic Studies, 90 % des Noirs, soit environ 10 % de l’électorat américain, ont été enregistrés comme étant démocrates et 10 % d’entre eux seulement comme républicains.
Le problème du racisme a fait irruption dans la campagne présidentielle américaine, où les candidats se sont notamment emparés de la polémique sur le drapeau de l’ancienne Confédération sudiste et de l’interdiction, dans une université, des fréquentations entre jeunes de couleur différente. La première polémique a éclaté le 17 janvier, jour particulièrement symbolique, commémorant le champion des droits civiques pour les Noirs américains, Martin Luther King. Ce jour-là, quelque 40 000 personnes ont manifesté face au Parlement de Columbia, la capitale de Caroline du Sud, pour dénoncer la présence au-dessus du bâtiment du drapeau de la Confédération sudiste, qu’ils considéraient comme un symbole raciste. Soucieux de ne pas froisser l’électorat blanc conservateur dans cet État du sud, où aura lieu une...
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