Plus de la moitié des joueurs de l’AJ Auxerre alignés à chaque match, six sur onze en moyenne, sortent ou se trouvent encore dans le centre de formation du club, 3e du championnat de D1. Cette forte présence témoigne, depuis plus de vingt ans, des qualités de Guy Roux pour détecter les jeunes talents. Il n’y a pas si longtemps, Basile Boli, Eric Cantona ou Jean-Marc Ferreri, pour ne citer que les plus célèbres, en étaient les exemples les plus représentatifs. C’est désormais, sans parler de Bernard Diomède, 26 ans et champion du monde, Frédéric Jay (23 ans), Kuyami Agboh (22 ans) ou encore le talentueux Ivoirien Olivier Kapo (20 ans), auteur de son 3e but en D1 contre Lens en 14 apparitions. «Ils doivent encore confirmer», prévient l’entraîneur. Malgré ce bémol, la classe biberon bourguignonne possède de grandes qualités. Bien qu’elle manque de régularité. Elle arrive à maturité après une période creuse qui a coïncidé avec les difficultés du club en championnat, notamment la saison dernière. Cette constatation irrite Guy Roux. Pour lui, l’AJA est toujours restée performante dans le domaine de la formation, même si elle a dû faire face à de gros problèmes... «Nous avons eu, dans les 20 dernières années, un très gros accident. C’était en 1996 le doublé (Coupe de France-Championnat)», affirme Roux. Et d’expliquer que la «bouffée de gloire formidable» de la réussite a incité ses joueurs très sollicités à partir et à répondre aux sirènes de l’argent. Le club a alors été contraint de compenser et a cassé son rythme habituel de lancement des jeunes joueurs. Pas de dégénérés «L’accident est désormais oublié. Jusqu’au prochain peut-être. Maintenant je suis bien car je lance des jeunes de différents âges», précise Guy Roux, rappelant que «l’objet social de l’AJ Auxerre, association loi 1901, est d’éduquer les jeunes à travers le football». Une chose est sûre, au club bourguignon, les générations passent mais le mode de travail reste immuable. C’est le savoir- faire de l’AJA qui débute au moment de la détection, facilitée par le fait que le joueur sait qu’il aura sa place en D1 s’il la mérite. «On se sépare de joueurs pour laisser la place aux jeunes et on n’achète pas un joueur si on possède un jeune pour le même poste», précise Roux. «La différence avec les autres clubs, c’est la stabilité de l’encadrement technique. La manière de jouer est aussi toujours la même. À 15 ans, 16 ans ou 17 ans, c’est le même système de jeu. Quand un jeune entre en équipe première, il n’est pas surpris car il sait ce que je veux», explique encore l’entraîneur. Image idyllique ? Guy Roux, en tous les cas, affirme qu’il ne connaît pas l’échec. Même lorsque, «rarement», le jeune ne devient pas pro. «J’en ai plein qui ont 35 ans. Ils sont pères de famille et ont construit un pavillon. Ça fait des gens heureux. Je n’ai pas de dégénérés, de ratés. Ils ne sont pas dans la rue. Je n’ai pas honte de ceux qui n’ont pas réussi. J’en suis fier», conclut-il. Le président de la Commission de discipline de la Ligue nationale de football (LNF) Jacques Riolacci constate «plus de violences verbales que physiques» et relativise les derniers incidents dans le championnat de France de première division. Jacques Riolacci : « Plus de violences verbales que physiques » «Statistiquement, il n’y a pas plus de jambes cassées qu’il y a un, deux ou trois ans. En revanche, les entraîneurs, les éducateurs et les joueurs s’en prennent de plus en plus à l’arbitre. Il y a de plus en plus de violences verbales», affirme M. Riolacci, interrogé par l’AFP. Deux jours après les exactions commises par les joueurs de Lyon contre le meneur de jeu argentin Marcelo Gallardo, entraînant l’exclusion méritée de Sonny Anderson, M. Riolacci estime qu’il s’agit «d’un épiphénomène» car il ne «faut pas confondre les actes volontaires et la maladresse». Pour analyser la violence sur les terrains, il ne faut en effet pas, selon le président de la commission, mélanger l’exclusion d’Anderson avec celles de Laurent Robert ou de Cédric Bardon, «deux attaquants victimes de leur fougue et qui ne savent pas tacler». «Il ne faut pas faire une généralité. Robert a été maladroit. Il s’est lancé à corps perdu. Il gâche ses qualités de joueur à cause de son comportement imbécile. Comme Bardon, il ne veut pas faire mal», analyse le président de la commission. «Il y a toujours dans une saison quelques journées où il y a plus de violences», affirme encore M. Riolacci, soulignant qu’il existe aussi «malheureusement» les matches «à haut risques comme Paris SG-Marseille». «C’est anormal», poursuit-il. « Feu d’artifice » «Il y a aussi, et c’est une nouveauté, les rencontres à contentieux où les joueurs sont violents pour se venger», ajoute le président de la commission, qui déplore également «la violence en progression hors des terrains» avec «des supporteurs chauffés à blanc qui perdent leur sang-froid». «Cela ne ramène pas la sérénité», remarque-t-il. Pour M. Riolacci, cette agressivité physique n’est toutefois rien en comparaison de la violence verbale, dont l’augmentation est exponentielle. «Il y a une mise en cause de plus en plus importante des arbitres», déplore le président, prenant l’exemple de Stéphane Porrato et de Stéphane Guivarch, dont les insultes contre le directeur de jeu l’ont scandalisé. «Un véritable feu d’artifice», dit-il avec amertume. «Pour les entraîneurs, les joueurs ou les dirigeants, à chaque fois que l’on perd, c’est la faute de l’arbitre. On dit toujours que le méchant, le violent se trouve dans l’équipe adverse. Chez soi, on dispose de joueurs de caractères», remarque M. Riolacci. Pour le président de la commission, cette escalade de la violence verbale a pour origine le resserrement du championnat avec une douzaine d’équipes menacées de relégation. Il y a aussi la lutte en haut du classement. Et M. Riolacci demande d’arrêter «les jérémiades» pour que «tout le monde tire dans le même sens». Celui du fair-play. Lyon se défend des accusations de brutalité L’Olympique lyonnais, accusé de brutalité après sa victoire musclée sur Monaco en championnat (2-1) a réfuté mardi toute idée de «vengeance préméditée». «Il n’y a pas eu de consignes, répond d’emblée Bernard Lacombe, l’entraîneur des Rhôdaniens. De toute ma carrière de joueur, en 19 ans, je n’ai jamais eu une étiquette de méchant, de gars qui a filé des coups», a-t-il dit. «Si on veut me coller une image d’entraîneur qui ne pense qu’à détruire, si les gens me jugent comme cela, ce n’est pas mon problème», ajoute l’entraîneur lyonnais à propos de ce match ponctué d’une expulsion et de neuf avertissements. Le Brésilien Sonny Anderson avait été expulsé à la 52e minute pour tacle appuyé sur l’Argentin Marcelo Gallardo et le journal L’Équipe recensait mardi quatre agressions sur le meneur de jeu monégasque. Christophe Delmotte et Grégory Coupet ont démenti que des consignes avaient été données avant la rencontre : «Cela ne peut pas être le propos d’un entraîneur, explique le gardien de but de Lyon. Simplement le jeu de Gallardo est fait pour subir pas mal d’attaques. C’est un fin dribbleur et il s’expose. Il y a au moins deux cartons jaunes qui ne sont pas mérités». Sonny Anderson n’a pas voulu s’exprimer 48 heures après les faits. Mais le meilleur buteur du championnat (17 buts) s’était excusé dès dimanche soir : «Je ne suis pas pardonnable, avait-il dit. J’espère que Gallardo ne sera pas trop blessé et qu’il ne manquera pas trop à son équipe dans la course au titre». Du côté de Monaco, Claude Puel s’est plaint du traitement infligé par les Lyonnais : «Les déclarations dans les journaux ne trompent pas, dit-il. Et pour qu’un joueur comme Anderson fasse ce qu’il a fait à Gallardo, il faut qu’il ait été drôlement conditionné...». Un sport d’hommes À son homologue monégasque, Bernard Lacombe répond : «Sonny n’est pas excusable, c’est vrai. Mais quand on regarde les CV de Gallardo, d’un côté, et d’Anderson, de l’autre, au plan de la méchanceté, il n’y a pas photo. Et si Claude Puel parle de traquenard, je pense qu’en Coupe d’Europe, il a dû en voir d’autres». Pour Bernard Lacombe : «Il y a eu 30 fautes monégasques et 24 lyonnaises. Cela prouve une chose : que tout le monde y est allé de bon cœur». Grégory Coupet ne nie pas que le match aller avait été tendu : «Il ne faut pas oublier qu’au match aller, j’ai eu une artère d’éclatée. Qu’Alain Caveglia avait subi pas mal de coups de la part de la défense. C’est le jeu qui veut ça : au match aller, il y a eu des tensions. Au retour, idem. Le foot est un sport d’hommes». Quant à Christophe Delmotte, le milieu de terrain lyonnais, il tente d’expliquer : «Nous sortions d’une défaite calamiteuse à Strasbourg. Nous devions nous reprendre devant le leader, chez nous. Nous jouions une partie de notre avenir dans ce match. Nous devions gagner pour recoller au peloton des deuxièmes. Pour s’imposer, il faut montrer que nous sommes présents. Nous l’avons montré. C’était une rencontre d’hommes. C’est un match type Coupe d’Europe avec de l’engagement. Mais de là à nous traiter de voyous...».
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