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Actualités - Chronologie

Patrimoine - Les habitants confondent avec ... Rambo Maison Rimbaux à Harar

Harar, dans l’est de l’Éthiopie, abrite désormais une Maison Rimbaud à la mémoire du poète français qui y vécut pendant plusieurs années au siècle dernier mais qui, sur place, est souvent confondu avec le baroudeur Rambo, incarné à l’écran par Sylvester Stallone. Le 15 janvier 1999, le quotidien gouvernemental Ethiopian Herald titrait déjà : «L’entretien de la résidence de Rambo en voie d’achèvement» en évoquant un poète français de renom appelé Arthur Rambo. Un an et vingt jours plus tard, ce sont plus de 200 invités (officiels éthiopiens, diplomates, délégués d’agences de l’Onu, responsables de l’OUA, sponsors privés, publics, locaux et étrangers) qui ont assisté à l’inauguration, effectuée par Jean-François Deniau, ancien ministre français, et par le président de la région, Harari Ghazali Mohamed. Les invités ont arpenté les ruelles de la citadelle de Harar, en passant par la «Rue des Tissus» aux mille couleurs pour bifurquer sur la gauche, entre les murs blancs, et marcher une soixantaine de mètres afin de gagner le nouveau bâtiment fraîchement restauré. Sur le chemin menant à la demeure, les gamins de la ville criaient notamment «Ferengo, Ferengo (NDLR : diminutif affectueux de Fereng, nom donné par les anciens Abyssins aux étrangers blancs), Rimbaud, Rimbaud». Arthur Rimbaud (1854-1891), auteur du poème Le Bateau Ivre, vécut à Harar pendant cinq années espacées sur dix ans (1880-1891). Ouverture au monde La Maison Rimbaud, installée dans un bâtiment postérieur à son séjour, abrite quelque 472 articles et manuscrits, plusieurs centaines de photos, des CD-Rom et une vidéocassette retraçant ses voyages à Djibouti, en Éthiopie et au Yémen. Cette bâtisse de trois étages de 450 mètres carrés, aux impressionnantes boiseries, fut construite, selon les autorités locales, il y a une centaine d’années par un marchand indien. «Cette maison est le témoin permanent entre le passé et le futur, entre le rêve et la réalité», a déclaré Jean-François Deniau. La maison a été restaurée dès 1996 par les autorités de la région de Harar et par le bureau du patrimoine culturel éthiopien, avec des fonds du gouvernement fédéral, de la France, de l’Italie et l’aide de sponsors privés dont des sociétés éthiopiennes, françaises et italiennes. «C’est un grand jour pour Harar et certainement un bon jour pour le tourisme en Éthiopie», a estimé le commissaire éthiopien au Tourisme Yussuf Abdullahi Sukkar, également originaire de la ville, qui selon l’historien éthiopien Behanu Abebe était une «pépinière de la francophonie». Louis Aubouin, maire de Charleville Mézières (nord-est de la France), la ville natale de Rimbaud, a déclaré à l’AFP qu’un projet de jumelage des deux villes n’était «pas à exclure». «Nous voulons venir en aide à Harar», a-t-il affirmé. Le président de la région, Harari Ghazali Mohamed, a pour sa part lancé un appel à ses concitoyens pour la préservation et la restauration du patrimoine culturel de la région, mais a aussi fait part du manque d’eau potable à Harar. «Les Hararis ont reçu l’héritage de Rimbaud. Le développement et l’ouverture au monde de Harar se feront par la culture et le tourisme et Rimbaud en sera le médiateur», a conclu Claude Jeancolas, biographe français de celui qu’il a appelé «l’homme de tous les départs». Arthur Rimbaud a écrit la plupart de son œuvre avant l’âge de 20 ans. Arrivé à Harar, il s’est consacré au commerce des armes et du café et à des recherches diverses.
Harar, dans l’est de l’Éthiopie, abrite désormais une Maison Rimbaud à la mémoire du poète français qui y vécut pendant plusieurs années au siècle dernier mais qui, sur place, est souvent confondu avec le baroudeur Rambo, incarné à l’écran par Sylvester Stallone. Le 15 janvier 1999, le quotidien gouvernemental Ethiopian Herald titrait déjà : «L’entretien de la résidence de Rambo en voie d’achèvement» en évoquant un poète français de renom appelé Arthur Rambo. Un an et vingt jours plus tard, ce sont plus de 200 invités (officiels éthiopiens, diplomates, délégués d’agences de l’Onu, responsables de l’OUA, sponsors privés, publics, locaux et étrangers) qui ont assisté à l’inauguration, effectuée par Jean-François Deniau, ancien ministre français, et par le président de la région, Harari...