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Actualités - Chronologie

Al Gore fait du charme aux indécis

Sourires innombrables, étreintes affectueuses et bonnes paroles : Al Gore, qui brigue l’investiture des démocrates pour la Maison-Blanche, a déployé tous ses charmes pour tenter de convaincre les indécis, à quelques heures de la primaire du New Hampshire. Ils étaient quelque 300, hommes et femmes de tout âge, à venir l’approcher et l’interroger dans le gymnase d’une école primaire de Amherst, une bourgade du sud de l’État, célèbre pour son université. «Je resterai ici aussi longtemps que vous aurez des questions», assure-t-il d’entrée de jeu, déclenchant un tonnerre d’applaudissements. «Et je suis prêt à y répondre, même seul à seul». L’opération «charme» est amorcée. Le public des indépendants – un pour trois électeurs du New Hampshire – semble déjà basculer dans le camp démocrate. Mais trois jeunes activistes, détachés des rangs du second candidat démocrate, l’ex-vedette de basket-ball Bill Bradley, font irruption et scandent son nom. Le service d’ordre est vigilant. Une porte métallique claque. La voix suave reprend de plus belle. «Je veux devenir président pour vous offrir l’avenir que vous méritez, pour bâtir un monde meilleur pour nos enfants. Je veux me battre pour vous». La salle est conquise. Gore, bientôt 52 ans, se déplace rapidement sur la scène improvisée. Il fend la foule, serre dans ses bras Sean, un jeune trisomique. De très respectables vieilles dames le dévisagent, voyant en lui un gendre idéal, et en oublient sa femme Tipper, leurs quatre enfants et leur petit-fils. Tous semblent aussi oublier du même coup que le 7 novembre, il s’agira d’élire le chef de la plus puissante des nations de la planète. Un couple, Helen et Tim Remsburg, se lève pour évoquer le drame qui les a frappés le 15 octobre 1999 : «Notre fille, Amy, a été assassinée à Nashua par un maniaque qui la traquait sur l’Internet». Gore s’approche, serre longuement la mère dans ses bras. Des larmes coulent. «Vous êtes le seul candidat à nous avoir écoutés», murmure au micro le père. Grave, le candidat, qui s’était targué dans le passé d’avoir «inventé» l’Internet, promet de pousser le Congrès à légiférer pour punir les délits électroniques risquant de déboucher sur des meurtres. Au rythme des questions, axées sur les préoccupations quotidiennes des Américains, Gore promet en vrac une meilleure couverture médicale, la fin de la pauvreté chez les enfants, un système éducatif performant, l’éradication de la violence urbaine. «Savez-vous qu’un enfant voit plus de 20 000 images de meurtres à la télévision avant de terminer le lycée !», lance-t-il. En véritable animateur, il exige des applaudissements en faisant se lever tous les instituteurs, puis toutes les grands-mères, puis tous les couples totalisant plus de 30 ans de mariage. Seule, la présence des agents du «Secret Service» de la Maison-Blanche, chargés de la protection rapprochée d’Al Gore, rappelle qu’il ne s’agit pas d’un des nombreux talk-shows télévisés dont les Américains raffolent. La nuit avance. Prudent, le candidat Gore rappelle : «Lorsque vous irez voter, pensez à moi».
Sourires innombrables, étreintes affectueuses et bonnes paroles : Al Gore, qui brigue l’investiture des démocrates pour la Maison-Blanche, a déployé tous ses charmes pour tenter de convaincre les indécis, à quelques heures de la primaire du New Hampshire. Ils étaient quelque 300, hommes et femmes de tout âge, à venir l’approcher et l’interroger dans le gymnase d’une école primaire de Amherst, une bourgade du sud de l’État, célèbre pour son université. «Je resterai ici aussi longtemps que vous aurez des questions», assure-t-il d’entrée de jeu, déclenchant un tonnerre d’applaudissements. «Et je suis prêt à y répondre, même seul à seul». L’opération «charme» est amorcée. Le public des indépendants – un pour trois électeurs du New Hampshire – semble déjà basculer dans le camp démocrate....