Le candidat Alan Keyes, seul noir cette année dans la course à la présidence américaine, est un conservateur pur et dur qui veut combattre «la désintégration morale de la société» et voit les États-Unis, au faîte de leur puissance, menacés du même déclin que l’empire romain. Clairement positionné sur la droite du parti républicain, il a prédit l’échec en novembre du favori de son parti, George W. Bush, face au vice-président démocrate Al Gore parce que, selon lui, le gouverneur du Texas ne peut pas «représenter efficacement» les valeurs conservatrices. Avec 14,3 % des voix républicaines, Alan Keyes, 49 ans, est arrivé en troisième position dans les caucus récents de l’Iowa (centre). Environ 40 % de l’électorat de ce catholique sont des protestants blancs fondamentalistes, sensibles à son discours contre l’avortement, qu’il qualifie de «meurtre dans l’utérus». Les sondages dans le New Hampshire (nord-est), en Nouvelle-Angleterre libérale, où ont lieu le 1er février les premières élections primaires, ne le font arriver qu’en quatrième position avec moins de 10 % des voix. Candidat pour la deuxième fois consécutive, M. Keyes est un orateur de talent, souvent passionné. Il avait été brièvement arrêté en 1996 pour avoir tenté de pénétrer sur le plateau d’un débat télévisé, dont il était exclu, entre quatre candidats républicains. «Un conservateur noir américain est quelqu’un qui ne correspond tout simplement pas à ce que les noirs sont supposés être pour les médias», a-t-il déclaré récemment. Pour revenir aux valeurs des pères fondateurs de la nation américaine, Alan Keyes demande l’abolition de l’impôt sur le revenu, du département de l’Éducation et des contrôles sur les armes. Il est «de notre devoir de maintenir notre capacité à résister si nécessaire à la tyrannie. C’est pourquoi, c’est un devoir fondamental de citoyens libres de garder et de porter des armes», souligne-t-il. «L’impôt sur le revenu est un impôt esclavagiste intrinsèquement incompatible avec la liberté», juge aussi ce titulaire d’un doctorat en administration publique de Harvard, en demandant qu’il soit remplacé par une taxe à la consommation uniforme de 23 %. Il est aussi opposé aux programmes d’aide aux minorités. Ils «nous divisent en tant que peuple et détournent notre attention de l’effondrement des valeurs familiales et morales», estime-t-il. Ancien commentateur politique de radio et de télévision, Alan Keyes a occupé différentes fonctions de 1978 à 1988 au département d’État, notamment après 1985 comme secrétaire d’État adjoint chargé des organisations internationales dans le Cabinet de Ronald Reagan. Il a aussi été ambassadeur au conseil économique et social des Nations unies, de 1983 à 1985. Né le 7 août 1950 à New York d’un père militaire, Alan Keyes a grandi dans une famille qui votait démocrate et admirait le président John Kennedy. Étudiant, il s’est opposé aux mouvements de protestation contre la guerre du Vietnam, qu’il considérait comme antiaméricains. Marié, trois enfants, il vit dans le Maryland (est), où il s’est présenté en vain deux fois à un poste de sénateur.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le candidat Alan Keyes, seul noir cette année dans la course à la présidence américaine, est un conservateur pur et dur qui veut combattre «la désintégration morale de la société» et voit les États-Unis, au faîte de leur puissance, menacés du même déclin que l’empire romain. Clairement positionné sur la droite du parti républicain, il a prédit l’échec en novembre du favori de son parti, George W. Bush, face au vice-président démocrate Al Gore parce que, selon lui, le gouverneur du Texas ne peut pas «représenter efficacement» les valeurs conservatrices. Avec 14,3 % des voix républicaines, Alan Keyes, 49 ans, est arrivé en troisième position dans les caucus récents de l’Iowa (centre). Environ 40 % de l’électorat de ce catholique sont des protestants blancs fondamentalistes, sensibles à son discours...