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Actualités - Chronologie

Relance des négociations multilatérales dans un climat défavorable

Les négociations multilatérales sur le Proche-Orient, censées lancer une coopération israélo-arabe, reprendront lundi à Moscou dans un contexte difficile : impasse dans les pourparlers syro-israéliens et piétinement du volet palestinien du processus de paix. La réunion du Comité de suivi des multilatérales, suspendues depuis trois ans et demi dans la foulée de l’accession au pouvoir en 1996 de la droite en Israël, devrait rassembler autour de la table des négociations le chef de la diplomatie israélienne David Lévy et au moins quatre de ses homologues arabes, selon des participants. Ce face-à-face israélo-arabe, sous les auspices des États-Unis et de la Russie et en présence de ministres ou représentants européens et occidentaux, sera une première depuis l’entrée en fonctions du gouvernement travailliste israélien d’Ehud Barak en juillet dernier. Mais les motivations des uns et des autres divergent diamétralement : les Israéliens cherchent à nouer des relations et engager une coopération économique avec les États arabes, alors que ces derniers sont en majorité récalcitrants à une normalisation avec l’État hébreu en l’absence de progrès «substantiels» dans le processus de paix. «Nous espérons que la relance de ces négociations permettra la reprise des travaux dans les cinq groupes spécialisés au niveau régional» (développement économique, eau, sécurité, réfugiés et environnement), a déclaré une porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères. Or, l’impasse persiste dans le volet syrien de ce processus, dont la relance à la mi-décembre à Washington avait été à l’origine de la convocation de la réunion de Moscou, dans la perspective d’un possible règlement rapide entre Tel-Aviv et Damas. Dans son volet palestinien, le processus de paix piétine et un accord-cadre d’ici à la mi-février sur le statut final semble compromis. «Nous irons à Moscou pour écouter, pas pour émettre des opinions», a déclaré, pessimiste, Fayçal al-Husseini, chargé de la question de Jérusalem au sein de l’Autorité palestinienne. «Certes, il ne faut pas geler les négociations multilatérales, mais les pourparlers bilatéraux avancent lentement, et Israël donne l’impression de vouloir geler le processus de paix dans son ensemble», a-t-il expliqué. Selon lui, «Israël veut une normalisation avec les Arabes mais sans contrepartie, ce que nous ne tolérerons jamais». Certes, la normalisation a fait un bout de chemin : quatre pays arabes – Maroc, Tunisie, Oman et Qatar – ont échangé des bureaux d’intérêts avec Israël. La Mauritanie a récemment établi des relations diplomatiques au niveau des ambassadeurs et dispose d’une ambassade à Tel Aviv, au même titre que l’Égypte et la Jordanie, liés à Israël par des traités de paix. Mais l’Égypte a affirmé jeudi dernier, par la voix de son président Hosni Moubarak, qu’elle «n’a accepté de participer aux multilatérales qu’après la relance du volet syro-israélien». Cependant, le retard pris dans le volet palestinien «crée un climat de méfiance» qui affecte les pourparlers syro-israéliens, a ajouté M. Moubarak, affirmant que son ministre des Affaires étrangères Amr Moussa devrait soulever à Moscou la question du potentiel nucléaire israélien, un sujet tabou en Israël. Les diverses réunions tenues dans le cadre des négociations multilatérales, depuis leur lancement en 1992, sur le désarmement, la coopération économique, l’eau, les réfugiés et l’environnement ont amorcé une esquisse de coopération régionale, restée sans lendemain. «Il faut revenir à l’esprit de base des négociations multilatérales, qui consiste à soutenir et compléter les pourparlers bilatéraux qui portent aussi sur des questions d’ordre régional comme l’eau et les réfugiés», a déclaré le ministre jordanien des Affaires étrangères Abdel Ilah Khatib. Mais la Syrie qui, avec le Liban, boycotte les multilatérales, a vu dans la réunion de Moscou «un satisfecit» donné à Israël au moment où ce pays bloquait selon lui le processus de paix.
Les négociations multilatérales sur le Proche-Orient, censées lancer une coopération israélo-arabe, reprendront lundi à Moscou dans un contexte difficile : impasse dans les pourparlers syro-israéliens et piétinement du volet palestinien du processus de paix. La réunion du Comité de suivi des multilatérales, suspendues depuis trois ans et demi dans la foulée de l’accession au pouvoir en 1996 de la droite en Israël, devrait rassembler autour de la table des négociations le chef de la diplomatie israélienne David Lévy et au moins quatre de ses homologues arabes, selon des participants. Ce face-à-face israélo-arabe, sous les auspices des États-Unis et de la Russie et en présence de ministres ou représentants européens et occidentaux, sera une première depuis l’entrée en fonctions du gouvernement travailliste...