Le dollar a fluctué dans les deux sens hier, à Beyrouth, au gré de l’évolution de la demande sur cette monnaie qui avait pris une certaine dimension dans la matinée avant de se contracter ensuite. Et c’est grâce au maintien par la Banque du Liban (BDL) de sa fourchette d’intervention élargie entre 1 501,00 LL à l’achat et 1 514,00 LL à la vente que le billet vert a dû achever la journée d’hier au même taux moyen indicatif de 1 507,50 LL, comme depuis le 9 septembre dernier. Pourtant, les établissements de crédit de la place ont été amenés à négocier le dollar tantôt au-dessous et tantôt au-dessus de ce taux indicatif, entre 1 503,00 et 1 505,00 LL au départ puis entre 1 508,00 et 1 510,00 LL ensuite, jusqu’à l’épuisement de sa demande, pour le faire équilibrer finalement entre 1 505,00 et 1 506,00 LL jusqu’à la fin de la séance. Ce mouvement s’est accompagné hier d’un certain regain d’activité avec un volume d’affaires dépassant dix millions de dollars, entièrement placés à l’achat et à la vente par les banques sans aucune intervention de la BDL, indique-t-on dans les milieux cambistes. Records de faiblesse de l’euro à l’étranger À l’étranger, l’euro a accumulé les records à la baisse sous la parité avec le billet vert hier sur les marchés des changes internationaux pour couler jusqu’à 0,9875 dollar, abandonné par les investisseurs déçus du manque de signes forts de réforme structurelle dans la zone euro, lui préférant les autres grandes devises. «Si j’étais un investisseur et que je regardais l’Allemagne, avec toutes les interventions dans des affaires comme Holzmann et Mannesmann (allusion à l’attitude du gouvernement allemand dans deux affaires touchant à des groupes allemands de BTP en faillite et de télécoms objet d’une offre hostile du britannique Vodafone AirTouch), je serais prudent», a déclaré un grand opérateur pour expliquer cette désaffection pour la monnaie européenne. Outre ce facteur, d’autres analystes ont rappelé aussi que les ministres des Finances du groupe des Sept ne s’étaient guère montrés inquiets à la fin de la semaine dernière du repli de l’euro qui a perdu depuis son lancement début 1999 plus de 16 % de sa valeur contre le dollar, interprétant cette attitude comme un feu vert pour vendre cette monnaie. Bien qu’il n’y ait pas eu un élément déclencheur précis hier, l’euro ne tardait pas à s’effondrer, les opérateurs ayant simplement perdu patience et ont estimé devoir tester les intentions de la Banque centrale européenne (BCE) à l’égard de la dépréciation excessive de sa monnaie. Celle-ci a donc perdu sur la journée plus d’un pour cent face au billet vert vis-à-vis duquel elle avait déjà abandonné 16 % en 1999, soit sa plus forte chute en une seule journée. Selon les cambistes, les opérateurs se sont positionnés hier, attendant la publication aujourd’hui d’une enquête de l’Insee sur la conjoncture dans l’inductrie en France, alors que certains opérateurs commencent à réviser leur optimisme vis-à-vis de la croissance européenne. De plus, le dollar restait ferme, hier, après l’ouverture en hausse de Wall Street et la publication des chiffres sur les commandes de biens durables aux États-Unis ainsi que des demandes d’allocations chômage. Les commandes de biens durables ont fait un bond de 4,1 % le mois dernier après une hausse de 1 % en novembre et les demandes d’allocations chômage ont seulement augmenté de 1 000 au lieu de 8 000 attendues après révision de la baisse des demandes de la semaine d’avant de 8 000 à 46 000, témoignant de la grande vigueur de l’économie américaine et de l’étroitesse du marché américain du travail. Pourtant, le billet vert a faibli hier face à la monnaie japonaise, après avoir cassé à la baisse le seuil des 106,00 yens sans aucune réaction concrète de la part de la Banque du Japon. Mais il a continué de présenter des signes de résistance face au sterling après la publication des chiffres sur le déficit commercial en Grande-Bretagne plus élevés que prévu par les observateurs. C’est dans ce contexte donc que le dollar est parvenu à se négocier à la hausse à New York face à toutes les autres grandes monnaies, à l’exception du yen, comme suit : – 0,9885 pour un euro contre 1,0019, la veille – 1,6385 pour un sterling contre 1,6395 – 1,9780 DM contre 1,9525 – 6,6340 FF contre 6,5475 – 1,6315 FS contre 1,6095 – 1958,25 lires contre 1932,60 – 105,10 yens contre 105,65. Bourse de Beyrouth : c’est toujours le statu quo À la Bourse de Beyrouth, la tendance restait à la stabilité encore hier, les quelques valeurs ayant fait l’objet de transactions ont reproduit leurs cours de la veille. En effet, l’indice général Lispi de toutes les valeurs libanaises cotées s’est maintenu à 77,45 points ainsi que l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires à 176,80 points. Et tout cela dans des volumes d’affaires très minces ne dépassant pas au total 32 124 actions d’une valeur de 164 011 dollars. Volatilité de Wall Street Sue les places boursières internationales, Wall Street, soutenue par la publication de résultats trimestriels de sociétés meilleurs que prévu, notamment Dow Chemical, GTE et Kellogg, s’est ressentie de quelques dégagements bénéficiaires. De plus, une partie de l’attention des investisseurs était détournée sur l’introduction en Bourse du groupe de services financiers et d’assurances John Hancock Financial Services, qui avait annoncé l’année dernière son projet de démutualisation de son activité assurance vie. Bien que les valeurs technologiques aient été particulièrement recherchées après que la stratège de la banque d’affaires Goldman Sachs, Abby Joseph Cohen, eut estimé hier lors d’une réunion au forum économique de Davos que les valeurs boursières américaines n’étaient pas surévaluées, contrairement à ce qu’affirment certains experts, les ventes bénéficiaires devaient l’emporter. Certes, la crainte de hausse des taux d’intérêt telle qu’évoquée la veille par le président de la Réserve fédérale (Fed), Alan Greenspan, en soulignant qu’une faible inflation était cruciale pour que la croissance économique américaine puisse perdurer, est venue relancer ce mouvement. C’est ainsi que l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles, qui a bondi à un plus haut de 11 164,14 points, a dû revenir en préclôture à 10 966,77 points, après un plus bas à 10 947,67 points, en baisse de 66,22 points sur la veille, dans un marché très volatil. Poursuite de la hausse des Bourses européennes Les Bourses européennes ont enregistré jeudi des hausses substentielles, de 1,3 % en moyenne, entraînées par les valeurs des télécommunications, après l’accord conclu par France Télécom pour le rachat de la totalité de la coentreprise Global One. Les marchés ont aussi bénéficié de l’assez bonne orientation initiale de Wall Street, où, comme en Europe, le compartiement de l’automobile a été dopé par une information de la presse italienne faisant état d’un prochain rapprochement entre le constructeur italien Fiat et le groupe germano-américain DaimlerChrylser AG. L’indice paneuropéen Eurotop 300 a terminé sur une hausse de 1,33 %, à 1 530,91, tandis que l’Euro Stoxx des 50 valeurs vedettes de la zone euro gagnait 1,39 %, à 4 786,82. C’est la Bourse de Francfort qui a enregistré la plus forte avance, de 2,25 %, suivie par Zurich en hausse de 2,15 %, Madrid (+1,59 %), Milan (+1,33 %), Londres (+1,03 %), Paris (+0,74 %) et Bruxelles (+0,44 %). Seule la Bourse d’Amsterdam s’est opposée à la tendance générale, avec un repli de 0,40 %. France Telecom a racheté leurs parts dans Global One à ses deux partenaires dans cette société de télécommunications internationales réservée aux grandes entreprises, l’allemand Deutsche Telekom et l’américain Sprint. Deutsche Telekom s’est envolé de 6,79 % tandis que France Telecom, première capitalisation de la Bourse de Paris, faisait un bon de 5,55 %. Telekom recevra 2,755 milliards de dollars pour sa part de 29 % dans Global One tandis que Sprint obtiendra 1,127 milliard en numéraire plus le remboursement d’une dette de 276 millions. Plutôt délaissées ces derniers temps, les bancaires britanniques ont bénéficié d’un regain d’intérêt des investisseurs après que la Bank of Scotland eut amélioré son offre sur la National Westminster Bank. L’action de la banque écossaise a pris 2,57 % tandis que la Natwest gagnait 3,89% et que la Royal Bank of Scotland, qui convoite elle aussi la Natwest, progressait de 1,93 %. Dans le même compartiment, Barclays a fait un bond en avant de 6,01 %, Lloyds TSB a pris 4,17 % et HSBC a gagné 3,89 %. «On assiste à un renforcement des financières, mais on reste axé sur les télécoms et la technologie», constate l’analyste Peter Wind, d’ING Barings à Amsterdam. Tokyo : en hausse avec les high-tech La Bourse de Tokyo a clôturé en hausse jeudi, favorisée par des achats de valeurs de la haute technologie, avant le début des nouveaux fonds d’investissements et après la publication par Sony Corp. de résultats encourageants. L’indice Nikkei 225 a gagné 98,53 points, soit 0,52 %, à 19 209,72. La progression a toutefois été limitée, les investisseurs craignant une plus grande instabilité de Wall Street avant la réunion du comité de politique monétaire de la Réserve fédérale américaine des 1er et 2 février, dont on s’attend largement à ce qu’il décide un relèvement des taux d’intérêt pour calmer une économie en surchauffe. «Les indices ont vraiment été tirés à la hausse par plusieurs valeurs high-tech à forte capitalisation. Les financières ont également fortement progressé, mais surtout grâce à des achats à bon compte», a estimé Hiroyuki Nakai, de Nippon Global Securities. Le contrat mars sur indice s’est adjugé 80 points à 19 180. Sony, considérée comme la valeur high-tech de référence, s’est octroyé 3,00 %. La société a annoncé, après la clôture du marché mercredi, une baisse de 10,2 % du bénéfice d’exploitation du groupe pour le trimestre d’octobre à décembre, alors que la plupart des analystes s’attendaient à une diminution d’au moins 20 %. Les autres valeurs du secteur ont suivi Sony, notamment Fujitsu Ltd, en hausse de 2,30 %.
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