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Actualités - Chronologie

La révolte des indiens après cinq siècles de sommeil

À l’image d’un volcan entré en éruption, les Indiens d’Équateur viennent de sortir de cinq siècles de sommeil et se préparaient à poursuivre leur lutte après une première secousse, le coup d’État à l’origine du renversement du président Jamil Mahuad. Le départ de Quito, vers leurs provinces d’origine, des milliers d’Indiens qui avaient déferlé sur la capitale la semaine dernière, n’a été décidé que pour «définir une nouvelle stratégie, car le soulèvement continue», a déclaré au quotidien Hoy Antonio Vargas, président de la confédération des nations indigènes d’équateur (CONAIE). La révolte des Indiens – près de 4 millions en Équateur sur 12,5 millions d’habitants – a abouti samedi, dans les convulsions d’un putsch avorté, à l’ascension au pouvoir de Gustavo Noboa, jusqu’alors vice-président de Jamil Mahuad : une victoire aux allures de défaite pour les «indigènes», qui n’en ont recueilli aucun fruit. Antonio Vargas, le leader indien à l’origine de l’occupation du Parlement, a déjà lancé une claire mise en garde au nouveau chef de l’État : «Sans changements dans le pays, il se produira une explosion sociale imprévisible», a-t-il ajouté dans cet entretien, avant d’adresser une menace voilée au pouvoir : «Notre base est vigilante» et une éventuelle arrestation des leaders indiens «ne ferait que jeter de l’huile sur le feu». Ce bouleversement en Équateur a eu pour détonateur la descente sur Quito de 10 000 Indiens la semaine dernière, avant l’occupation, par 1 500 d’entre eux, du congrès, suivie de la formation d’une «junte de Salut national», puis d’un triumvirat, auxquels participait Antonio Vargas. Les Indiens ont obtenu le départ du président Mahuad, mais M. Vargas se retrouve les mains vides, sans aucune fonction officielle, ni satisfaction des autres exigences indiennes : la dissolution des trois pouvoirs, la constitution d’un gouvernement d’union nationale, et l’abandon de la dollarisation – le remplacement du sucre, la monnaie nationale, par le dollar – décidée par M. Mahuad le 9 janvier. M. Noboa a déjà décidé de la maintenir. Cette dollarisation a provoqué la dégradation du pouvoir d’achat des Indiens, composante la plus pauvre du pays qui vit essentiellement de l’artisanat, dans un pays où le pouvoir d’achat plafonne à 46 dollars par mois. Frustrés de leur victoire, les Indiens nourrissent un vif ressentiment contre l’état-major des Forces armées, accusé de «trahison» par M. Vargas. Son chef, le général Carlos Mendoza, avait adhéré au triumvirat aux côtés de M. Vargas et de l’avocat Carlos Solorzano, avant de renoncer quatre heures plus tard au pouvoir et à ses fonctions dans l’armée pour confier la présidence à Gustavo Noboa. Le coup d’État avait fait long feu. Mais cette flamme continue de couver sous la cendre, dans un pays agité par une série d’éruptions volcaniques depuis octobre dernier, avec le retour en activité du Tungurahua et du Guagua Pichincha, qui culminent à quelque 5 000 mètres d’altitude. «Dans notre mythologie, une éruption de ces lieux de culte constitue un appel de la nature à de profonds changements, y compris politiques et sociaux», a déclaré l’un de ces militants indiens, Vicente Chato. «La terre pousse un soupir de vie tous les 500 ans», a-t-il ajouté, dans une allusion à la conquête espagnole de l’Amérique latine en 1492.
À l’image d’un volcan entré en éruption, les Indiens d’Équateur viennent de sortir de cinq siècles de sommeil et se préparaient à poursuivre leur lutte après une première secousse, le coup d’État à l’origine du renversement du président Jamil Mahuad. Le départ de Quito, vers leurs provinces d’origine, des milliers d’Indiens qui avaient déferlé sur la capitale la semaine dernière, n’a été décidé que pour «définir une nouvelle stratégie, car le soulèvement continue», a déclaré au quotidien Hoy Antonio Vargas, président de la confédération des nations indigènes d’équateur (CONAIE). La révolte des Indiens – près de 4 millions en Équateur sur 12,5 millions d’habitants – a abouti samedi, dans les convulsions d’un putsch avorté, à l’ascension au pouvoir de Gustavo Noboa,...