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Actualités - Chronologie

Côte d'Ivoire Les militaires traquent les bandits

Vêtus de treillis, fusils d’assaut en bandoulière, des groupes de soldats ivoiriens patrouillent nuit et jour les quartiers d’Abidjan pour traquer les «bandits». «Nous voulons assurer la protection des personnes et de leurs biens en mettant fin aux agissements des bandits», explique Léon Mahan, un militaire qui patrouille le quartier administratif du Plateau. La junte qui a pris le pouvoir le 24 décembre a fait de la lutte contre la criminalité une de ses priorités et affiche fièrement les premiers résultats de cette opération de «nettoyage». Plusieurs figures de la pègre locale sont déjà tombées, comme le chef de gang Aurélien Kipré, dit «le rougeaud», auteur de plusieurs attaques à main armée, meurtres et assassinats. Surpris par les militaires dans le quartier populaire d’Abobo alors qu’il se faisait passer pour un agent de la police judiciaire pour extorquer de l’argent aux passants sous la menace d’un pistolet, il a été abattu en tentant de s’enfuir. Âgé de 29 ans, Kipré s’était évadé de la maison d’arrêt et de correction d’Abidjan (Maca) pendant le coup de force militaire des 23 et 24 décembre dernier. Les quelque 6 500 prisonniers de l’établissement avaient ainsi réussi à s’échapper, créant un début de psychose dans la population de la capitale économique. Le ministre de la Sécurité du gouvernement de transition, le général Lassana Palenfo, numéro 2 de la junte au pouvoir, a d’ailleurs enjoint aux responsables des forces de l’ordre de «ne pas faire de sentiment» avec les criminels. Le général avait gagné le surnom de «tonton flingueur» lors de son premier passage dans ce ministère au début des années 1990. Un autre «caïd», recherché pour viols et braquages, a également fait les frais de cette campagne. Lazare Gnézéré, dit «John Pololo», a été appréhendé en fin de semaine dernière en flagrant délit d’extorsion d’un commerçant. Appréhendé par des soldats, il a lui aussi été abattu en tentant de s’enfuir. Pour coordonner l’opération, les militaires ont créé un «PC crise» doté de numéros de téléphone largement diffusés dans la presse. Installé dans le camp d’Akouédo (est d’Abidjan), il mobilise 24 heures sur 24 quatre les militaires, installés devant trois postes téléphoniques qui sonnent quasiment sans discontinuer. «En travaillant en collaboration avec les citoyens, la police, la gendarmerie et l’ensemble des forces armées, nous voulons mieux défendre les populations en les impliquant dans la lutte contre l’insécurité», souligne le colonel Théodore Dékassan, commandant des forces terrestres de l’armée ivoirienne et patron du «PC crise». «Grâce à cette méthode, nous avons déjà arrêté une cinquantaine de bandits et tué deux redoutables membres de la pègre, Pololo et le Rougeaud», explique le colonel Dékassan. L’officier prédit que «si la population continue de jouer son rôle, le taux de criminalité va connaître une baisse considérable». Le «PC crise» reçoit chaque jour environ 1 500 appels, dont une part relèvent toutefois plus de problèmes de voisinage que de criminalité. Les habitants semblent en tout cas pour l’heure adhérer à la campagne de «nettoyage». «Nous apprécions le travail des militaires pour en finir avec les bandits. On peut enfin vaquer sans crainte à nos occupations,» dit Angèle Affoué, commerçante du quartier populaire d’Adjamé. Depuis que les militaires ont décidé de traquer les brigands, nous respirons mieux, c’est une bonne chose.
Vêtus de treillis, fusils d’assaut en bandoulière, des groupes de soldats ivoiriens patrouillent nuit et jour les quartiers d’Abidjan pour traquer les «bandits». «Nous voulons assurer la protection des personnes et de leurs biens en mettant fin aux agissements des bandits», explique Léon Mahan, un militaire qui patrouille le quartier administratif du Plateau. La junte qui a pris le pouvoir le 24 décembre a fait de la lutte contre la criminalité une de ses priorités et affiche fièrement les premiers résultats de cette opération de «nettoyage». Plusieurs figures de la pègre locale sont déjà tombées, comme le chef de gang Aurélien Kipré, dit «le rougeaud», auteur de plusieurs attaques à main armée, meurtres et assassinats. Surpris par les militaires dans le quartier populaire d’Abobo alors qu’il se faisait...