Helsinki, qui partage en 2000 avec huit autres villes le titre de «capitale culturelle de l’Europe», va accueillir pendant l’année quelque 73 000 événements culturels, témoins de sa mutation en métropole «high-tech» soucieuse d’attirer des artistes du monde entier. «Helsinki est encore perçue, à tort, comme l’avant-poste isolé de l’Occident face à la Russie», avec laquelle la Finlande a 1 300 kilomètres de frontière commune, explique Georg Dolivo, directeur de la fondation «Helsinki, capitale culturelle de l’Europe». «La présidence finlandaise (de l’Union européenne), qui vient de s’achever (le 31 décembre), a permis de battre en brèche cette image d’une ville sans âme et à l’architecture soviétique», ajoute-t-il. «Il suffit de se rendre dans la cité pour comprendre qu’elle est fausse». Au cours des dernières années, la capitale finlandaise, qui compte 500 000 habitants (un million avec la banlieue), s’est considérablement transformée. À proximité du Lasipalatsi, surprenant bâtiment de verre où ont été regroupés les grands médias de la capitale, se dresse désormais le Tennispalatsi, centre commercial ultramoderne, et le musée Kirasma spécialisé dans l’art contemporain. «Nous avons monté un programme où figurent non seulement des artistes de renommée internationale mais où il sera également fait référence au patrimoine culturel que nous partageons avec nos deux voisins immédiats, la Russie et la Suède», poursuit M. Dolivo. La chanteuse islandaise Bjoerk participera ainsi à un concert Jeunes voix européennes où sera donnée en première mondiale une œuvre du compositeur estonien Arvo Paert (31 août). Le violoniste Pinchas Zukerman donnera trois récitals (28 au 30 mars) suivi par le pianiste Yefim Bronfman et l’orchestre symphonique de Philadelphie qui interpréteront une symphonie inédite du compositeur finlandais Einojuhani Rautavaara (28 et 29 mai). Natation en eau glacée Des expositions seront parallèlement consacrées au peintre mexicain Diego Rivera (31 mars au 28 mai) et à l’écrivain anglais William Blake (11 avril au 25 juin) tandis qu’une troupe allemande jouera sur la place du Sénat une satire sur le théologien protestant Martin Luther (juillet et août). Le chœur de Saint-Petersbourg (18 avril) se produira en même temps que se déroulera un cycle de conférences sur la littérature russe (13 mars au 9 mai), tandis que l’Opéra de Helsinki interprétera un King Lear du compositeur finlandais Aulis Sallinen (18 septembre) et que l’Orchestre symphonique de Finlande donnera le cycle du Ring de Richard Wagner sous la direction de Leif Segerstam (17 mai au 15 juin). «Pour fédérer la population autour de notre projet, nous avons également fait une large place aux arts populaires», souligne encore M. Dolivo. Outre le Cirque Plume (France, du 27 juillet au 6 août), Helsinki accueillera encore le cirque dansant Hurjaruuth (à partir du 18 août) ou encore les premiers championnats du monde de «natation en eau glacée» (26 et 27 février). Au total, Helsinki investira 300 millions de marks finlandais (environ 54 millions de dollars) dans ce programme culturel, dont 33 % fournis par des partenaires privés et 10 % versés par l’Union européenne. Les huit autres villes partageant le titre de «capitale culturelle de l’Europe» sont Avignon (France), Bergen (Norvège), Bologne (Italie), Bruxelles (Belgique), Cracovie (Pologne), Prague (République tchèque), Reykjavik (Islande) et Santiago de Compostelle (Espagne).
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