Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

Molière est de retour avec le Bourgeois gentilhomme

Molière est de retour en Iran. À dix-huit reprises au cours des dernières semaines, une troupe amateur a fait salle comble en proposant un «Bourgeois gentilhomme» redéfini en «hymne à la rencontre culturelle» entre Occident et Orient. C’est la première fois que le grand comique de théâtre du 17e siècle est joué dans sa langue à Téhéran depuis la révolution islamique de 1979. Le théâtre français, en particulier Molière, était souvent au programme en Iran en français, sous le régime du Chah. Ces retrouvailles, saluées dans les milieux culturels, doivent se prolonger par la tournée de cette troupe en province notamment à Ispahan (centre) et Tabriz (ouest). Musiques classique, rap, turque et persane alternées, rôles de «maîtres» – de danse, de musique et même d’arme – tenus par des femmes comptent parmi les innovations. Respect des règles islamiques oblige, aucun contact physique n’a lieu entre hommes et femmes. «Les femmes conviennent mieux, maintenant, pour ces métiers et ces rôles. J’ai voulu mettre plus de finesse, de délicatesse» dans la pièce, explique le metteur en scène, Hamid Reza Shaïri, qui est professeur de français et a choisi tous les comédiens parmi ses étudiants en langue française. D’un bout à l’autre, Mehard Memaran, très jeune acteur, incarne à merveille un M. Jourdain inédit, qui prend tout avec un humour fracassant, et ne doute de rien. Pour lui-même, comme pour les neuf autres acteurs, c’est la toute première scène. La musique écrite par Jean-Baptiste Lully n’est pas respectée, loin s’en faut. Et le dernier acte, qui voit Lucile, fils de M. Jourdain, épouser, grâce à un subterfuge, l’élu de son cœur Cléonte, déguisé en Turc, semble avoir été écrit pour amuser les Iraniens, qui ont applaudi à tout rompre. Pour le metteur en scène, cette œuvre est un hymne à la «rencontre culturelle». «C’est formidable Molière. C’est une expérience formidable», explique Davoud Nejati, qui joue trois rôles dont celui d’un tailleur désopilant. La langue française, qui fut longtemps la langue de l’élite politique et culturelle en Iran, a perdu beaucoup de terrain ces trente dernières années au profit de l’anglais. Mais elle est toujours enseignée dans huit universités à quelque 3 000 étudiants. Elle est parlée aujourd’hui par 500 000 personnes, dont 200 000 couramment.
Molière est de retour en Iran. À dix-huit reprises au cours des dernières semaines, une troupe amateur a fait salle comble en proposant un «Bourgeois gentilhomme» redéfini en «hymne à la rencontre culturelle» entre Occident et Orient. C’est la première fois que le grand comique de théâtre du 17e siècle est joué dans sa langue à Téhéran depuis la révolution islamique de 1979. Le théâtre français, en particulier Molière, était souvent au programme en Iran en français, sous le régime du Chah. Ces retrouvailles, saluées dans les milieux culturels, doivent se prolonger par la tournée de cette troupe en province notamment à Ispahan (centre) et Tabriz (ouest). Musiques classique, rap, turque et persane alternées, rôles de «maîtres» – de danse, de musique et même d’arme – tenus par des femmes comptent...