J’ai passé le cap de l’an 2000. Vous aussi ? Bravo ! Mais avez-vous réalisé, un instant, que cela nous faisait, à vous comme à moi, un siècle de plus ? On ne rajeunit pas, ce qui ne me déprime pas pour autant, contrairement à Guy Bedos qui déclarait l’autre soir à la télévision, l’air sinistre : «Je n’aime pas ce siècle où je vais mourir... Normalement. Et vous aussi. Tout le monde. C’est un véritable génocide. On est tous foutus, à part deux ou trois Jeanne Calment qui vont s’en tirer. Je ne vois pas pourquoi on applaudit, comme des singes, à l’arrivée de ce siècle». Ne vous laissez pas gagner par la déprime «Bedos», bien que je vous soupçonne de l’avoir été, comme je l’ai été, le soir du réveillon à la télé. Heureusement que nous avions le satellite pour nous montrer ce qui se passait ailleurs, car tout ce qui fut retransmis localement était, et je pèse bien mes mots, lamentable. Nous voilà entrés dans un nouveau millénaire avec une télé qui continue d’appliquer, dans l’autosatisfaction la plus totale, des recettes éculées, sans le moindre effort d’imagination, sans la moindre originalité. On reprend les mêmes – ou presque – et on recommence avec des noctambules, à peine éméchés, qui ont l’air de s’amuser autant que s’ils avaient été enfermés dans un cage aux lions. Des animateurs à peine animés et des présentatrices inanimées. Le tout, bien entendu, accompagné d’une litanie de vœux dont on se serait dispensé tant ils sentaient l’artifice. D’artifices, il y eut les feux de la Corniche, seul effort d’imagination que nous ne devons pas à la télé, mais à un particulier, particulièrement imaginatif. Lui, au moins, a fait des étincelles contrairement à nos chanteurs et danseuses qu’on aurait cru sortis de Studio el-Fan. Dont je ne suis pas «fan» de surcroît. Nous avons passé le cap de l’an 2000. Mais notre Télé est bel et bien restée ancrée dans le passé. Avec un siècle de retard. P.S. La bonne année, film de Claude Lelouch avec Lino Ventura et Françoise Fabian.
J’ai passé le cap de l’an 2000. Vous aussi ? Bravo ! Mais avez-vous réalisé, un instant, que cela nous faisait, à vous comme à moi, un siècle de plus ? On ne rajeunit pas, ce qui ne me déprime pas pour autant, contrairement à Guy Bedos qui déclarait l’autre soir à la télévision, l’air sinistre : «Je n’aime pas ce siècle où je vais mourir... Normalement. Et vous aussi. Tout le monde. C’est un véritable génocide. On est tous foutus, à part deux ou trois Jeanne Calment qui vont s’en tirer. Je ne vois pas pourquoi on applaudit, comme des singes, à l’arrivée de ce siècle». Ne vous laissez pas gagner par la déprime «Bedos», bien que je vous soupçonne de l’avoir été, comme je l’ai été, le soir du réveillon à la télé. Heureusement que nous avions le satellite pour nous montrer ce qui se...
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