Le squelette quasi complet de dix mètres et demi de long du crocodile géant du Niger, «Sarcosuchus imperator», vieux de quelque 110 millions d’années, vient d’être assemblé pour la première fois, à Paris, au Muséum national d’histoire naturelle, a annoncé l’établissement. Les pièces de ce squelette, qui est celui du plus grand crocodile jamais découvert, avaient été recueillies au Niger en 1973, explique Philippe Taquet, directeur du laboratoire de paléontologie du muséum. Avant son assemblage, tous les os ont dû être dégagés de leur gangue gréseuse et les morceaux brisés remis ensemble comme les pièces d’un gigantesque puzzle. La reconstitution du squelette n’a guère été plus facile puisqu’on ne connaît aucun fossile complet de ce compagnon des dinosaures. Il a donc fallu se baser sur la morphologie d’espèces différentes. En outre, l’assemblage a été compliqué par le fait que plusieurs pièces étaient manquantes. Ce travail, qui a duré près de deux ans, a été effectué, sous la direction du professeur Taquet et de sa collègue Florence de Lapparent de Broin, par une équipe de bénévoles, membres de la Société amicale des géologues amateurs. «Son résultat pourra être admiré au moins jusqu’au début 2001, indique Philippe Taquet. Le problème, c’est que ce squelette est tellement grand qu’il gène le passage, mais nous essaierons de trouver une solution, peut-être en lui réservant une autre place, pour pouvoir le laisser exposé en permanence». La présence d’un crocodile géant dans les sédiments du Crétacé du Sahara avait été signalée dès 1976 en Algérie par Albert-Félix de Lapparent (oncle de Florence). Le gisement nigérien fut localisé en 1965 par des géologues du Commissariat à l’énergie atomique (CEA), qui ont alors fait appel à un jeune chercheur, Philippe Taquet, pour récolter les énigmatiques ossements du site de Gadoufaoua, dans le désert du Ténéré. L’animal reçut le nom de «Sarcosuchus imperator», de «sarcos, chair en grec, «suchus», crocodile, et «imperator», empereur en latin. Par la suite, d’autres fossiles mis au jour au Brésil devaient montrer que «Sarcosuchus» vécut également en Amérique du Sud, ou plus exactement sur l’ancien continent qui réunissait alors l’Afrique et l’Amérique avant qu’une cassure ne le séparât. «L’empereur des crocodiles, souligne Philippe Taquet, fournit ainsi un excellent exemple de fossile permettant d’illustrer de manière spectaculaire la dérive des continents».
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le squelette quasi complet de dix mètres et demi de long du crocodile géant du Niger, «Sarcosuchus imperator», vieux de quelque 110 millions d’années, vient d’être assemblé pour la première fois, à Paris, au Muséum national d’histoire naturelle, a annoncé l’établissement. Les pièces de ce squelette, qui est celui du plus grand crocodile jamais découvert, avaient été recueillies au Niger en 1973, explique Philippe Taquet, directeur du laboratoire de paléontologie du muséum. Avant son assemblage, tous les os ont dû être dégagés de leur gangue gréseuse et les morceaux brisés remis ensemble comme les pièces d’un gigantesque puzzle. La reconstitution du squelette n’a guère été plus facile puisqu’on ne connaît aucun fossile complet de ce compagnon des dinosaures. Il a donc fallu se baser sur la...