Quoi qu’il arrive le 8 novembre au stade San Siro de Milan, les jeunes joueurs de Leeds ont réussi leur première année dans la cour des grands, et leur coup d’essai en Ligue des champions a failli se terminer par un coup de maître, l’élimination du grand FC Barcelone (1-1). Il s’en est fallu de quatre minutes d’arrêts de jeu accordés par l’arbitre assistant au terme d’un match de très haut niveau disputé sous une pluie battante. D’un dernier centre désespéré de Filip Cocu, repris de la tête par Gérard et repoussé par la base du poteau de Paul Robinson dans les pieds de... Rivaldo, le meilleur joueur du monde. Robinson, c’est ce jeune gardien, 21 ans depuis 10 jours, qui a tout fait pour prolonger le rêve anglais, sous les yeux des téléspectateurs de 17 pays. Pour son 10e match dans une équipe d’adultes, il a effectué pas moins de cinq parades de classe mondiale, dont quatre sur des tentatives du grand Rivaldo, et toute une série de sorties dignes d’un vieux briscard. Comme Robinson, tous les joueurs de Leeds, 23 ans de moyenne d’âge mardi, ont sorti le match qu’il fallait pour d’abord dominer puis résister à l’une des meilleures équipes du monde. En chef de bande, Olivier Dacourt, aussi inépuisable qu’indispensable, les encourageait sans cesse. Le Français a été gratifié d’une «standing ovation» par les 35 000 spectateurs d’Elland Road quand il est sorti, complètement lessivé, à un quart d’heure de la fin. Alors bien sûr il a fallu que Leeds commette quelques fautes – 34 – pour contenir les remuants attaquants du Barça – 15 tirs cadrés à 7, 12 corners à 7 – mais comme l’expliquait leur manager David O’Leary, «les Espagnols, on leur souffle dessus et ils tombent. Ils voudraient que tous les joueurs adverses soient avertis. Ici, le jeu est différent». O’Leary pouvait sourire, le bilan est d’ores et déjà positif : invaincus à Elland Road, 8 points, soit «trois de plus que Barcelone, avec juste un match à jouer à Milan», alors qu’il a fallu «trois tentatives à Arsenal pour réussir à se qualifier pour le deuxième tour de la Ligue des champions», faisait-il justement remarquer. Côté espagnol, Serra Ferrer peut remercier Rivaldo, auteur de 100 % des quatre derniers buts européens du Barça, trois à Milan (3-3) et un à Leeds, qui ont évité au club catalan une élimination prématurée. Déjà, le week-end dernier, son président Juan Gaspart anticipait sur l’avenir. Il proposait une nouvelle formule, avec des groupes de huit, pour limiter la glorieuse incertitude du sport.
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