Les millions de Latino-Américains qui ont choisi de vivre sous d’autres horizons, principalement aux États-Unis, sont une source non négligeable de revenus pour leurs familles et indirectement pour leurs pays d’origine. Les envois d’argent sont «une des conséquences les plus positives de la migration», estimait José Ocampo, secrétaire exécutif de la Commission économique pour l’Amérique latine (CEPAL) lors du Symposium sur les migrations internationales dans les Amériques, organisé au Costa Rica en septembre. Cependant, le revers de la médaille des phénomènes d’émigration actuels ont également causé une «érosion des ressources humaines qui peut avoir des conséquences contraires au développement économique et social des pays d’origine», ont également averti les experts de la CEPAL. Les Mexicains installés à l’étranger, dont huit millions officiellement pour les seuls États-Unis, envoient ainsi chaque année quelque 6 milliards de dollars dans leur pays d’origine. Quant à l’Amérique centrale, cette somme atteint plus de 3,5 milliards de dollars par an, ce qui est colossal pour une région où la pauvreté touche entre 60 et 70 % des 34 millions d’habitants. «Les envois d’argent représentent 16 % du PIB du Salvador et 5 % au Nicaragua», selon M. Ocampo. En Équateur, ces envois, qui frôlent les 600 millions de dollars annuels, représentent la cinquième source de revenus du pays, après le pétrole, la banane, la crevette et le tourisme, selon des statistiques des entreprises de messageries internationales Western Union-DHL. Les émigrés péruviens totalisent pour leur part un milliard de dollars par an expédiés dans leur pays. «Ces envois sont fondamentaux pour de nombreuses familles, spécialement dans les classes moyennes et moyennes-basses, qui dans certains cas dépendent exclusivement de cela pour survivre», explique l’anthropologue Teofilo Altamirano, cité par la revue de la Chambre de commerce américano-péruvienne. Les Cubains ne sont pas en reste puisque un expert du Centre de recherches de l’économie internationale de l’université de La Havane, Pedro Monreal, estime que les revenus provenant des exilés sont au minimum de 500 millions de dollars annuels, d’autres sources allant jusqu’à un milliard de dollars.
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