Quatorze vice-présidents des États-Unis ont réussi à emménager dans le bureau ovale de la Maison-Blanche, mais par huit fois, un vice-président a été renvoyé dans ses foyers par les électeurs. Le démocrate Al Gore, s’il remportait l’élection de novembre prochain, deviendrait donc le 15e vice-président à accéder à la Maison-Blanche, dont sept au XXe siècle. Un des pères fondateurs du pays, Thomas Jefferson, piaffa comme numéro deux de son adversaire John Adams, avant d’accéder lui-même à la magistrature suprême de 1802 à 1810. Son vice-président Aaron Burr aurait bien voulu en faire autant, mais il tua en duel Alexandre Hamilton, conseiller de George Washington, en 1804 et dut fuir le pays. À la fin du XXe siècle, les mœurs se sont apaisées, mais les vice-présidents ont eu des bonheurs divers : si Harry Truman, successeur de Franklin Roosevelt en 1945, parvint à être élu, deux autres démocrates n’ont pas réussi à franchir le pas : Hubert Humprey, adjoint de Lyndon Johnson, échoua en 1968 contre Nixon. Walter Mondale, vice-président de 1977 à 1981, perdit deux fois contre Ronald Reagan. Numéro deux de Bill Clinton pendant huit ans, M. Gore, s’il battait George W. Bush, serait seulement le 5e vice-président de l’histoire des États-Unis à avoir été élu dès la fin de son mandat normal. Les neuf autres vice-présidents sont entrés brutalement en fonctions en cours de route, en raison de la démission du président, de sa mort naturelle ou de son assassinat, comme Johnson succédant à John F. Kennedy. Richard Nixon, vice-président de Dwight Eisenhower de 1953 à 1961, ne parvint à la Maison-Blanche que huit ans plus tard. Ses deux vice-présidents eurent des fortunes diverses. Le premier, Spiro Agnew, accusé de corruption et d’évasion fiscale, dut démissionner. Il fut remplacé par Gerald Ford, qui devint président après la démission de Nixon en 1974, suite au scandale du Watergate. Gerald Ford est le seul homme politique à n’avoir donc jamais été élu ni à la vice-présidence ni à la présidence. Au XXe siècle, quatre vice-présidents ont accédé à la plus haute marche après avoir remplacé des présidents morts ou démissionnaires : Theodore Roosevelt en 1901, Calvin Coolidge en 1923, Harry Truman en 1945 et Lyndon Johnson en 1963. George Bush servit deux mandats comme vice-président de Ronald Reagan, avant d’être élu en 1989. Les fonctions du vice-président sont symboliques, mais il peut émettre le vote déterminant quand les sénateurs n’ont pu se départager. Son accession à la Maison-Blanche en cas de mort ou empêchement du président a été codifiée par le 25e amendement de la Constitution en 1967.
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