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Actualités - Opinion

Pourquoi nos stades sont-ils vides ?

 ... Ou en d’autres termes, et pour reprendre la formule du secrétaire général de l’AFC, Peter Velappan, pourquoi nos stades «ressemblent à des cimetières » ? Il paraît que les organisateurs de la Coupe d’Asie envisagent même de distribuer des billets gratuits pour donner une vie et des couleurs à nos stades. Il va falloir bientôt engager des recruteurs vêtus tous d’une tunique jaune fluorescente et postés à chaque coin de rue pour inciter les gens à venir au stade et à encourager l’Indonésie contre la Corée du Sud ! Avouez que ça serait une grande première. Réfléchissons un peu, et d’un point de vue sociologique, sur les raisons d’un tel manque d’engouement de l’ensemble des Libanais à l’égard de cette Coupe d’Asie. Tout d’abord, il est clair que la situation politique, pour le moins instable au Proche-Orient y est pour beaucoup. Preuve en est l’annulation de plus de 24 000 réservations de chambres d’hôtel. Mais ce n’est pas tout. Les supporters étrangers ne représentent qu’une minorité. La Coupe d’Asie a été organisée au Liban pour qu’entre autres, les Libanais puissent profiter du spectacle offert. Or, ces mêmes Libanais préfèrent rester chez eux, bien au chaud dans leur fauteuil, et suivre l’événement à la télévision. D’ailleurs, on se demande si, même à travers la télé, ils s’intéressent à cet événement tellement la passion que soulève l’équipe d’Indonésie ou celle du Koweït est absente. Ce manque d’engouement est dû, certes, à l’élimination prématurée du Liban de la compétition. Mais pas seulement. Est-ce une question d’argent ? Très possible. Mais ce n’est pas tout. Le trafic routier ? Très certainement. Cela reste toutefois insuffisant. Ah oui, ça y est ! C’est la faute à Skoblar. Allez messieurs les dirigeants, un bouc émissaire, un autre, s’il vous plaît. Soyons sérieux... En réalité, bien que les équipes en question présentent le plus souvent un jeu d’une qualité plus que moyenne, leur renommée, leur palmarès et leur standing au niveau international restent médiocres comparés à ceux d’équipes comme le Brésil ou l’Allemagne. C’est ce qui intéresse les Libanais. Le jeu de très haut niveau. Le prestige. Les grands noms du football mondial. D’ailleurs, je suis sûr qu’un match amical, oui amical, opposant le Brésil à l’Allemagne à la Cité sportive Camille Chamoun, avec les Romario, les Edmundo et les Bierhoff, remplirait l’arène en un clin d’œil. La preuve ? L’engouement porté par tous les Libanais au Brésil, à l’Allemagne, ou encore à l’Angleterre pendant la Coupe du monde. Rappelez-vous tous ces drapeaux, tous les klaxons. Pourtant, allez-vous dire, ils ont vibré pour leur équipe nationale, qui est moins cotée que celle de l’Iran en matière de football. Certes. Mais c’est leur pays. Leur terre. Leur équipe. Et ils voudraient qu’elle atteigne très vite techniquement et tactiquement le niveau de l’équipe du Brésil. Ainsi, tel devait être le cas, l’intérêt exagéré porté aux équipes européennes et d’Amérique latine s’amenuiserait. En pleine crise économique, les citoyens préfèrent régler leurs soucis quotidiens, plutôt que d’aller perdre leur temps à applaudir l’Ouzbékistan. Il n’y a là aucun intérêt. Le fait d’envisager l’accès libre aux spectateurs, pour les places populaires du moins, peut être une solution. Mais ce n’est pas la seule. C’est en tous cas une tentative de la part de nos dirigeants de sauver ce qui reste de cette Coupe d’Asie... Raji GABRIEL
 ... Ou en d’autres termes, et pour reprendre la formule du secrétaire général de l’AFC, Peter Velappan, pourquoi nos stades «ressemblent à des cimetières » ? Il paraît que les organisateurs de la Coupe d’Asie envisagent même de distribuer des billets gratuits pour donner une vie et des couleurs à nos stades. Il va falloir bientôt engager des recruteurs vêtus tous d’une tunique jaune fluorescente et postés à chaque coin de rue pour inciter les gens à venir au stade et à encourager l’Indonésie contre la Corée du Sud ! Avouez que ça serait une grande première. Réfléchissons un peu, et d’un point de vue sociologique, sur les raisons d’un tel manque d’engouement de l’ensemble des Libanais à l’égard de cette Coupe d’Asie. Tout d’abord, il est clair que la situation politique, pour le moins...