La demande non commerciale du dollar s’est un peu contractée à Beyrouth en ce début de semaine dans l’espoir qu’un nouveau Cabinet pourrait voir le jour aussitôt que possible après les consultations entreprises hier par le président de la République pour la désignation d’un chef du gouvernement. De plus, on a relevé par moments une timide tendance à l’offre du dollar en dehors de la Banque du Liban (BDL) mais au haut de sa fourchette d’intervention maintenue en l’état entre 1 501,00 LL à l’achat et 1 514,00 LL à la vente. Cela étant, le billet vert est parvenu, d’un côté, à clôturer au même taux moyen indicatif de 1 507,50 LL, comme depuis le 9 septembre 1999, tout en se négociant pratiquement dans les transactions interbancaires entre 1 513,75 et 1 514,25 LL, avec un point d’ancrage à 1 514,00 LL, ont indiqué les cambistes. Selon ces mêmes milieux, le volume d’affaires de la journée d’hier n’aurait pas dépassé quelque 15 millions de dollars, en grande partie placés à la vente par la BDL à 1 514,00 LL et le reste par certaines banques de la place à ce même taux. Nouvel accès de faiblesse de l’euro À l’étranger, l’euro a continué à se replier sur les marchés des changes internationaux, à quelques cents de son plancher historique face au billet vert, après l’ouverture en hausse des marchés boursiers aux États-Unis et souffrant de l’éloignement des craintes d’intervention des banques centrales du Groupe des sept (pays occidentaux les plus industrialisés). De l’avis unanime des analystes de marchés, il n’y avait rien de particulier qui expliquait cette chute de l’euro, à part une reprise des marchés boursiers américains favorisant le dollar. De fait, les marchés américains se sont orientés à la hausse hier, un peu plus d’une heure d’hésitation après l’ouverture. De son côté, l’euro était un peu plus faible comme tous les jours sans que rien ne semble pouvoir arrêter sa chute. Cela d’autant qu’une intervention des banques centrales occidentales pour lui venir en aide était peu probable dans le contexte actuel. À cet égard, la plupart des professionnels ne croient pas à une intervention concertée comme celle du 22 septembre à quelque deux semaines des élections présidentielles américaines, et ce, malgré les menaces du président de la Banque centrale européenne (BCE) Wim Duisenberg, jeudi dernier, qui avait prévenu qu’une telle action était toujours «dans la boîte à outil» de son organisme. Des analystes ont noté par ailleurs que les commentaires du président français Jacques Chirac plus tôt en Chine n’ont pas aidé l’euro. Celui-ci, dont le pays assure la présidence de l’Union européenne, a affirmé hier, à Pékin, que la faiblesse du cours de l’euro n’est pas un élément d’inquiétude pour les Européens ni pour les autorités chinoises. Selon ces mêmes milieux, le recul de l’euro pourrait être limité avant la réunion du Groupe des vingt qui démarre aujourd’hui à Montréal. Les ministres des Finances et les gouverneurs des banques centrales du Groupe des sept et ceux de la Russie et des douze principales économies émergentes se retrouvent pour discuter des défis de la mondialisation. Ce sera la deuxième réunion de ce nouveau forum informel de discussions, créé en septembre 1999 à la suite des crises qui avaient secoué l’Asie, la Russie et l’Amérique du Sud entre 1997 et 1998 et dont les répercussions avaient révélé la vulnérabilité du système financier international. De son côté, la livre sterling a grimpé face aux autres principales devises. Considérée par les investisseurs comme une monnaie-refuge sur les marchés financiers dans un contexte de tensions au Proche-Orient, elle s’est échangée à ses plus hauts niveaux contre l’euro depuis début mai et a regagné du terrain face au dollar. C’est dans ce contexte que le billet vert s’est négocié à New York, hier, comme suit : – 0,8355 pour un euro contre 0,8420, vendredi dernier – 1,4525 pour un sterling contre 1,4515 – 2,3410 DM contre 2,3230 – 7,8510 FF contre 7,7905 – 1,7985 FS contre 1,7830 – 2 317,50 lires contre 2 299,60 – 108,25 yens contre 108,85. Bourse de Beyrouth : en reprise À la Bourse de Beyrouth, la tendance a été dictée hier par la hausse des actions A de Solidere de 7 1/2 à 8,00 dollars, dans une proportion plus grande que la baisse des actions B de la même société de 8 1/8 à 8,00 dollars, les autres valeurs ayant fait l’objet de trasactions s’étant toutes stabilisées. En effet, l’indice général Lispi de toutes les valeurs libanaises cotées a augmenté de 0,50 % à 65,93 points, alors que l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires s’est maintenu à 141,11 points. Ce mouvement s’est produit dans un marché relativement actif avec 30 242 actions négociées à 239 114 dollars. Les marchés américains partagés Sur les places boursières internationales, les marchés américains des valeurs mobilières ont été partagés en ce début de semaine, avec l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles (DJIA) de Wall Street en légère hausse et l’indice composite de la Bourse électronique Nasdaq en baisse, après un départ en nette hausse en matinée. Selon les analystes, l’actualité des marchés américains est restée dominée par le coup de théâtre de l’achat du groupe industriel Honeywell par General Electric, le plus gros conglomérat mondial, après le succès de sa surenchère contre l’offre de United Technologies. General Electric avait annoncé la veille que l’affaire était conclue dans une transaction par d’échange d’actions évaluée à 45 milliards de dollars. En effet, le titre General Electric a cédé du terrain alors que Honeywell bondissait de plus de 8 % pendant que United Technologies restait sous pression. En outre, dans le secteur des télécommunications, l’équipementier américain Lucent Technologies a subi des pressions avec l’annonce hier du renvoi de son actuel PDG Richard McGinn et du nouvel avertissement que son chiffre d’affaires proforma au premier trimestre 2001 baissera de 7 %. Cela étant, le secteur des technologiques ne tardait pas à offrir un tableau contrasté ainsi que l’Internet. Au contraire, les semi-conducteurs se sont affichés dans le vert avec Intel et Texas Instruments ainsi que les industrielles avec le rebond de 3M et les pharmaceutiques avec la hausse de Merck. C’est ainsi que d’un côté l’indice Nasdaq fléchissait d’un plus haut à 3 525 points à un plus bas à 3 440 points pour s’iscrire en baisse, pendant que le DJIA fluctuait entre 10 361,25 points et 10 216,23 points, avant d’afficher en préclôture, à 23h heure de Beyrouh, 10 263,49 points, en hausse de 36,90 points sur vendredi dernier. Les Bourses européennes soutenues par Wall Street Les Bourses européennes ont profité de la fermeté de Wall Street lundi, tirées notamment par les télécommunications, mais dans un marché craintif compte tenu du niveau toujours élevé des cours du brut et d’une révision en baisse des prévisions de Lucent qui a d’ailleurs limogé son PDG. L’indice Eurotop 300 a progressé de 0,76 % à 1 615,11 et l’Eurostoxx 50 de 0,35 % à 4 906,67. Londres a gagné 0,63 %, Paris 0,54 % et Francfort 0,04 %. «Les investisseurs suivent New York moins par conviction d’une reprise durable que par crainte de rater le coche. Je pense que le Nasdaq n’a pas fini de baisser. Les PER restent élevés, surtout quand on voit les perspectives de bénéfices. Il est trop tôt pour redevenir haussier», a commenté David Thwaites (BNP-Paribas). Dans la foulée de la mise en garde de Lucent, qui attend un repli d’environ sept pour cent sur le trimestre courant, Alcatel a abandonné 0,6 %, Marconi 1,9 % et Ericsson 5,5 %, suite aux perspectives moroses annoncées vendredi. Le retrait de Blu des enchères de licenses UMTS en Italie, qui a entraîné l’arrêt de celles-ci, a profité à certains grands opérateurs européens qui paieront ainsi moins cher leur entrée sur le marché italien. L’indice DJ Stoxx du secteur a gagné 2,44 %. Les principaux partenaires de Blu ont réagi négativement. British Telecom perd 1,12 % tandis qu’Autostrade ne gagne que 0,06 %. En revanche, Telecom Italia monte de 2,8 %, Vodafone de 1,8 % et France Télécom de 5,02. Tokyo : marché faible Les valeurs japonaises ont terminé en baisse lundi en dépit de la reprise enregistrée à Wall Street lors des deux dernières séances, la prudence l’emportant avant la publication prévue cette semaine des résultats semestriels de plusieurs sociétés de haute technologie. L’indice Nikkei a terminé en repli de 100,77 points ou 0,66 % à 15 097,96. L’indice Topix, qui regroupe toutes les actions cotées sur la première section, a perdu 11,42 points ou 0,80 % à 1 422,84. «Le marché a déjà pris en compte des hausses de résultats pour les sociétés high tech et les investisseurs s’accordent à dire que tout résultat ou perspective de résultats qui ne surprendront pas seront simplement ignorés», a commenté Haruki Takahashi, gérant actions chez Tsubasa Securities. Le fabricant d’ordinateurs et de semi-conducteurs Fujitsu Ltd a perdu 3,00 % et son principal concurrent, NEC Corp., 2,60 %, alors que la vedette de l’électronique Sony Corp cédait 1,80 %. Ces trois sociétés doivent publier cette semaine leurs résultats semestriels. La crainte que les marchés d’actions japonais et étrangers ne connaissent une nouvelle période d’instabilité a découragé les investisseurs. «De nombreux problèmes persistent parmi lesquels la situation intérieure, la question des créances douteuses, l’issue de l’élection présidentielle américaine et l’instabilité au Proche-Orient. Par conséquent, la tendance reste très prudente», a commenté Hitoshi Ichio, de Commerz Securities.
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