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Actualités - Communiques Et Declarations

Zena, 56 ans, une vie de réfugiée et de misère

 Des cocotiers sur fond de coucher de soleil sur un mur, des montagnes suisses à l’automne sur l’autre mur. C’est dans ce décor d’évasion bon marché que Zena el-Moudelel se débat pour survivre, depuis 36 ans, dans le camp de réfugiés de Chatti, le plus misérable de la bande de Gaza. Zena, 56 ans, est arrivée à l’âge de quatre ans dans la bande de Gaza, «chassée avec ses parents» en 1948 de ce qui allait devenir l’État d’Israël. Depuis son mariage, à 20 ans, elle habite dans Chatti, près de la ville de Gaza. Zena n’a pas d’emploi, son mari Mahmmoud, privé d’une jambe depuis un accident de la route, non plus. Ils vivent de l’aide de l’Agence des Nations unies pour l’assistance aux réfugiés palestiniens, l’Unrwa. Tous les trois mois, l’Unrwa leur donne deux sacs de farine de 50 kg, mais, explique Zena, «ce n’est pas assez, nous sommes misérables». À cela, l’Unrwa ajoute, tous les trimestres, 500 shekels, soit 120 dollars. Trois filles sont déjà mariées, mais ses deux garçons, Isham et Mohammed vivent avec eux. Isham, 24 ans, fait des études d’infirmier mais Mohamed, 18 ans, est en «rupture d’école». «J’aimerais qu’il fasse quelque chose, apprenti-mécanicien par exemple, mais il ne veut rien apprendre», déplore sa mère, foulard bleu et robe mauve. Mohammed, qui fait pousser une barbe hésitante et vient de se réveiller, hoche la tête en écoutant sa mère, sans avoir l’air convaincu. C’est le père, Mahmoud, qui fait les courses et, explique Zena, «je cuisine de la viande quand on a assez d’argent». Pour les médicaments, elle peut s’adresser à l’Unrwa. «S’il n’y en a pas de disponibles, je dois aller en acheter dans un dispensaire». Pour les vêtements, Zena, qui marche avec difficulté, se «débrouille avec sa belle-sœur». La famille vit dans deux petites pièces au toit de tôles ondulées. Elle ne paye pas de loyer, mais doit s’acquitter de l’eau et de l’électricité. Zena ne se perd pas en lamentations. Elle fait l’inventaire de sa vie, assez calmement, en levant les yeux et les bras au ciel et «en demandant à Allah la paix». «La misère, dit-elle, j’y suis habituée. Je n’ai connu que ça. Mais ce que je veux, c’est vivre en paix». Au début des violences entre jeunes Palestiniens et soldats israéliens, Mohammed est parti, sans la prévenir, affronter l’armée devant la colonie juive de Netzarim. «Quand il est rentré à onze heures du soir, raconte la mère, j’ai crié après lui, j’avais eu trop peur, et je lui ai interdit de retourner lancer des pierres». «Je n’y vais plus», reconnaît Mohammed. «Pour elle et aussi pour moi. Je ne veux pas mourir bêtement. On meurt et on obtient aucun résultat». Dans une autre ruelle de Chatti, qui compte environ 70 000 habitants, Fatma habite un quatre-pièces avec sa famille. La différence de niveau de vie est perceptible, car le mari de Fatma, Djamal, travaille en Israël, où les salaires sont quatre fois supérieurs en moyenne à ceux de Gaza. Mais Djamal, carreleur, ne peut plus aller travailler depuis la fermeture du point de passage d’Erez par Israël. Un manque à gagner de 150 shekels par jour (40 dollars) depuis «plus de deux semaines», raconte Fatma. «J’ai des réserves de nourriture jusqu’à la fin du mois», dit-elle. Comment fera-t-elle ensuite pour nourrir ses cinq enfants ? «Dieu nous aidera». Du linge sèche dans les ruelles de Chatti, aux nombreux enfants dépenaillés et aux égouts à ciel ouvert. Certains reprennent des slogans anti-israéliens entendus dans les manifestations et à la radio. «Nous pouvons vivre à côté des Israéliens», affirme Zena. «Il faut qu’ils cessent de nous attaquer, c’est tout. Ils nous ont déjà chassés jusqu’ici, ça suffit», dit-elle le regard tourné vers la Méditerranée proche. Après le camp de Chatti, c’est vrai, il n’y a plus que la mer.
 Des cocotiers sur fond de coucher de soleil sur un mur, des montagnes suisses à l’automne sur l’autre mur. C’est dans ce décor d’évasion bon marché que Zena el-Moudelel se débat pour survivre, depuis 36 ans, dans le camp de réfugiés de Chatti, le plus misérable de la bande de Gaza. Zena, 56 ans, est arrivée à l’âge de quatre ans dans la bande de Gaza, «chassée avec ses parents» en 1948 de ce qui allait devenir l’État d’Israël. Depuis son mariage, à 20 ans, elle habite dans Chatti, près de la ville de Gaza. Zena n’a pas d’emploi, son mari Mahmmoud, privé d’une jambe depuis un accident de la route, non plus. Ils vivent de l’aide de l’Agence des Nations unies pour l’assistance aux réfugiés palestiniens, l’Unrwa. Tous les trois mois, l’Unrwa leur donne deux sacs de farine de 50 kg, mais,...