En Amérique latine, les tortionnaires sont libres, accuse Amnesty
le 20 octobre 2000 à 00h00
Des agents de l’État infligent des «mauvais traitements dans les prisons et commissariats» en Amérique latine mais «les tortionnaires se promènent en toute liberté», a dénoncé mercredi à Buenos Aires Amnesty International à l’occasion du lancement régional de sa campagne mondiale contre la torture. Marcelo Avila, président de AI-Argentine, a assuré qu’en Amérique latine, «les tortures sont fréquentes, à coups de poing, de crosses, de bâtons, de fouets, de barres de fer, de décharges électriques, en plus des abus sexuels entre autres méthodes». Le président d’AI-Argentine a précisé, face au Palais de justice de Buenos Aires, que la capitale argentine avait été choisie comme siège régional en raison de «la lutte historique de ses organisations humanitaires contre le crime et les tortures». Des dizaines de militants ont déployé une banderole de 150 m portant comme légende : «Ignorer la torture, c’est être complice». La députée socialiste chilienne Isabel Allende, fille du président Salvador Allende, mort dans le coup d’État de 1973, a insisté pour que soit créée «une Cour pénale internationale pour condamner les violations des droits de l’homme». Les organisateurs de la manifestation ont fait état de cas de torture en Argentine, au Pérou, en Colombie, au Mexique et au Brésil. Alfredo Bravo, député du Parti socialiste démocratique argentin, ancien objecteur de conscience torturé pendant la dictature argentine (1976-1983), a ajouté que l’on «torture aussi ceux qui n’ont pas de travail, ceux qui perçoivent un salaire au noir ou ceux qui souffrent des restrictions de salaire». Marcelo Avila a souligné que les tortures «ne s’expliquent pas seulement par le sadisme de certaines personnes, mais elles constituent une politique d’État. Dans 70 pays, elles sont pratique courante avec la xénophobie», a-t-il relevé. Il a rappelé le cas en Argentine des prisonniers de La Tablada, la caserne attaquée en janvier 1989 par les membres du Mouvement tous pour la patrie (extrême-gauche). 39 personnes avaient trouvé la mort au cours de cet assaut qui avait entraîné des condamnations à perpétuité pour 12 des 13 membres du commando du MTP toujours incarcérés. Ces prisonniers observaient hier leur 45e jour de grève de la faim. Deux d’entre eux sont considérés dans un état très préoccupant.
Des agents de l’État infligent des «mauvais traitements dans les prisons et commissariats» en Amérique latine mais «les tortionnaires se promènent en toute liberté», a dénoncé mercredi à Buenos Aires Amnesty International à l’occasion du lancement régional de sa campagne mondiale contre la torture. Marcelo Avila, président de AI-Argentine, a assuré qu’en Amérique latine, «les tortures sont fréquentes, à coups de poing, de crosses, de bâtons, de fouets, de barres de fer, de décharges électriques, en plus des abus sexuels entre autres méthodes». Le président d’AI-Argentine a précisé, face au Palais de justice de Buenos Aires, que la capitale argentine avait été choisie comme siège régional en raison de «la lutte historique de ses organisations humanitaires contre le crime et les tortures». Des...
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