Les romancières africaines connues en Occident ne sont pas très nombreuses. Ce qui ne veut pas dire que les femmes de plume sont rares sur le continent noir. Le livre de Véronique Tadjo, L’ombre d’Imana, Éd. Actes Sud, vient de prouver qu’il existe une littérature vivante et vigoureuse dans les pays africains francophones mal connue à l’étranger. Parmi les auteurs, les écrivains au féminin sont moins rares qu’on ne le pense. Véronique Tadjo est Ivoirienne. Vivant à Paris et bouleversée par le génocide d’un million d’individus en 1994, elle décide de se rendre au Rwanda pour donner la parole, sans parti pris, à ceux qui ont vécu cet événement. Sans s’impliquer politiquement, grâce à sa profonde connaissance de l’Afrique, elle devient l’écho d’une réalité poignante quasi ignorée ou presque hors du continent. Le témoin qu’elle se veut ne cesse jamais d’être, avant tout, un écrivain. Ses récits dévoilent la tragédie vécue par ces gens d’un autre monde, dont en Europe on ignorait presque l’ampleur. Avec pudeur, l’auteur fait parler les gens autour d’elle. Témoins et tueurs, victimes et résistants, damnés et justes. Même si les horreurs de la guerre sont connues de tous, ces témoignages révèlent l’âme d’un pays meurtri dont le profond espoir reste la renaissance au monde. Ni militante, ni partisane, l’auteur reflète avec infiniment de sensibilité le souffle d’un peuple meurtri. «Ce sont les morts, écrit-elle, les morts eux-mêmes, qui nous demandent de continuer à vivre, de recommencer les gestes, de redire les mots qu’ils ne peuvent plus prononcer». N’est-ce pas là la plus haute ambition de tout auteur conscient de sa fonction?
Les romancières africaines connues en Occident ne sont pas très nombreuses. Ce qui ne veut pas dire que les femmes de plume sont rares sur le continent noir. Le livre de Véronique Tadjo, L’ombre d’Imana, Éd. Actes Sud, vient de prouver qu’il existe une littérature vivante et vigoureuse dans les pays africains francophones mal connue à l’étranger. Parmi les auteurs, les écrivains au féminin sont moins rares qu’on ne le pense. Véronique Tadjo est Ivoirienne. Vivant à Paris et bouleversée par le génocide d’un million d’individus en 1994, elle décide de se rendre au Rwanda pour donner la parole, sans parti pris, à ceux qui ont vécu cet événement. Sans s’impliquer politiquement, grâce à sa profonde connaissance de l’Afrique, elle devient l’écho d’une réalité poignante quasi ignorée ou presque hors...
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