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Actualités - Chronologie

Les films à la télé Des femmes... et des problèmes

«Cherchez la femme», dit un adage célèbre ! Des femmes, il y en a cette semaine et elles ne sont pas de tout repos. Ainsi dans «The Man With Two Brains», Steve Martin épouse une créature de rêve qui lui rendra vite la vie impossible. Dans «Alligator Eyes», trois copains en vacances rencontrent une aveugle qui, c’est bien le cas de le dire, va leur en faire voir de toutes les couleurs... Carole Bouquet dans «A Business Affair» hésite entre deux hommes. Elle ne fera ni le bonheur de l’un ni de l’autre. À ceci près qu’eux aussi ne feront pas le sien ! Dans «À la vie, à la mort», Ariane Ascaride évolue dans un monde d’hommes. Et ce n’est pas la joie. Dans «Desert Bloom», une fillette assiste à la lente dégradation du couple formé par ses parents. Seul divertissement au programme de la semaine «Tap», un film en hommage aux danseurs de claquettes avec un Gregory Hines en pleine forme. Desert Bloom d’Eugene Corr est à recommander aux amateurs d’histoires poignantes et celle-ci est suffisamment chargée d’émotions vraies pour convaincre les plus endurcis. Ajoutez à cela que l’atmosphère des années 50 est rendue avec un souci de réalisme qui n’est jamais envahissant. Nous sommes donc en 1951 au Nevada, à l’aube de l’ère atomique. L’héroïne du film est une fillette de 13 ans (Annabeth Gish) dont la mère (Jo Beth Williams) vit dans un monde imaginaire et dont le beau-père (Jon Voight) est un héros de la grande guerre devenu alcoolique et aigri. Les essais nucléaires, dans la région, vont bouleverser l’existence de ces trois êtres. Linda Remy et le metteur en scène Eugene Corr sont les auteurs du scénario qui plonge dans l’âme humaine avec la précision du scalpel d’un chrirurgien. Bouleversant. Diffusion lundi à minuit sur LBCI Dans Alligator Eyes de John Feldman, trois camarades vont passer leurs vacances en Caroline du Nord. Ils rencontrent une jeune femme aveugle et mystérieuse. Cette rencontre va bouleverser leurs vacances et les amener à vivre d’étranges aventures. Cette production indépendante – comme cela se fait de plus en plus aux États-Unis – est un thriller dont les conotations psychologiques sont un peu trop simplistes pour être prises au sérieux. Mais ce film a l’avantage de mettre en valeur de jeunes interprètes. Dans le rôle principal, Annabelle Larsen est particulièrement impressionnante. Diffusion mercredi à minuit sur Future TV Robert Guédiguian occupe une place particulière dans le cinéma français. Arménien d’origine, établi à Marseille, ses films se déroulent tous dans un milieu qu’il connaît bien, et qu’il réalise avec une bande de copains. Cela a donné Marius et Jeannette, puis À la vie, à la mort avec Ariane Ascaride et Jacques Gamblin. Dans un quartier marseillais, une bande d’amis, tous plus ou moins marginaux ou chômeurs de longue durée, gravitent autour d’un cabaret, tenus par un généreux gitan. Un récit qui va parfois à vau-l’eau, mais des personnages attachants, voire poignants, et une sincérité qui force l’adhésion. Diffusion jeudi à 21h00 sur le Canal 9 Place à la fantaisie, débridée, de The Man With Two Brains de Carl Reiner. Le docteur Hfufhurr est un neurochirurgien de grande renommée, mégalomane et veuf. Circulant ce jour-là en voiture après une opération, il heurte violemment une passante, la belle Dolorès, qui vient de provoquer la mort d’un vieil homme riche à la suite d’une dispute particulièrement explosive. Hfufhurr se porte aussitôt au secours de la blessée, l’opère et, vite conquis par son charme, l’épouse pour découvrir, mais un peu tard, qu’il a affaire à une diablesse... Une seule solution : lui greffer un autre cerveau. Un savant fou de Vienne va l’aider dans cette entreprise. Pas de finesse mais des gags «hénaurmes» divertissants. Steve Martin a son public, qui y trouvera là son compte de fantaisie. Après la parodie des films noirs, Carl Reiner passe à celle du genre horreur et savants paranoïaques. Diffusion jeudi à minuit sur Future TV Tap de Nick Castle est un film qui porte bien son titre puisque la danse y est l’événement-moteur. Après un emprisonnement pour participation à un cambriolage, Max Washington, fils d’un danseur de claquettes et lui-même virtuose de tap dance, retrouve le studio Sonny’s dirigé par Little Mo. Mais le studio n’est plus guère fréquenté que par d’anciens danseurs et Max est persuadé que le tap dance est sans avenir. Ni Little Mo ni sa fille Amy, ancienne compagne et partenaire de Max, ne réussissent à le convaincre. Max renoue avec son ancien chef de bande et accepte de participer à un cambriolage... Pourtant, au dernier moment, l’amour d’Amy aidant, il renonce au vol et participe à un spectacle imaginé par Little Mo avec musique rock et amplification des sons des claquettes. C’est un triomphe et, pour Max, Amy et le tap dance, un nouvel avenir. Un challenge avec les vieux «hoofers» – dont Harold Nicholas, l’un des Nicholas Brothers – et quelque six numéros de Gregory Hines constituent l’essentiel du spectacle dans ce film conçu comme un hommage au tap dance. Mais ces grands moments de claquettes sont répartis dans un récit pesamment étiré autour d’un thème éculé : la délinquance et le rachat. La mise en scène de Nick Castle donne quelque vérité au New York de la 8e Avenue, mais elle procède surtout par répétition d’images et d’effets identiques. Seul moment où elle acquiert de la magie : la sortie de Max et de cinquante danseurs et danseuses dans la rue dont ils «interprètent» les bruits au rythme de leurs talons. C’est bien peu dans un film où domine la banalité. Diffusion vendredi à minuit sur LBCI Carole Bouquet, sans Gérard Depardieu ? Pourquoi pas ! D’autant plus qu’elle est très bien entourée dans A Business Affair : Jonathan Pryce et Christopher Walken sont ses interprètes. Le film est signé Charlotte Brandström. Mais qui est Charlotte Brandström ? On peut se poser la question, tant le film est un gâchis de talents ! Les hommes sont des salauds, les belles-mères des emmerdeuses, les artistes sont des torturés, les intellos des impuissants, les femmes des pauvres connes, et quand on ne peut pas avoir de gosse, on n’a qu’à s’acheter un macaque. Telle est l’enthousiasmante vision de l’existence, manifestement débarrassée de tout cliché, que Charlotte Brandström nous transmet avec son film obscurément intitulé. Kate (Carole Bouquet) s’affuble en mannequin pour faire bouillir la marmite de son couple : son mari Alec (Jonathan Price) est un écrivain intello mais en panne d’inspiration et du reste («On ne baise pas dans cette maison !», gueule Kate avec la distinction qui caractérise les moitiés d’artistes). Soudain, tandis que le bougre vertigine devant sa page blanche, l’ordinateur de la bougresse se met à crépiter. Le mot «fin» apparaît. Elle sourit de joie. C’est un chef-d’œuvre. Elle en est fière. Alec y jette un œil glauque et conclut en se servant de la salade : «Chérie, tu est la reine du curry». Frustration ! Heureusement, un autre homme va la comprendre, en la personne du propre éditeur d’Alec, Vanni Corso (Christopher Walken en Bernard Fixot italo-américain), qui la drague à mort et lui propose le mariage et le best-seller. Diabolicité, jalousie conjugale et cabale littéraire ! Tout se ligue contre Kate. Suit alors un intermède espagnol «pour faire le point» qui permet à toute l’équipe de se payer une semaine au soleil après toutes ces émotions (et, accessoirement, au spectateur de profiter de la séance pour se payer la procession de la Semaine sainte et la corrida avec les machos à petit cul). Une fois mariée à Vanni, Kate déchante (les bonnes femmes ne sont jamais contentes). Elle a écrit un bon livre pourtant... Vanni décide de ne pas le publier. Et évidemment, n’a pas le courage de le lui dire en face : «Elle va devenir insupportable». Retrouvant Alec au coin d’une rue, elle se rend compte qu’il était tout de même moins pire... Arrivés à ce point du drame, de nombreuses questions nous assaillent : pourquoi avoir rasé pour ce film des forêts entières de celluloïd alors qu’on sait que nous n’avons que vingt ans de réserves de pétrole ? Comment Carole Bouquet réussit-elle l’exploit renouvelé de tourner dans des navets ignobles tout en demeurant un être exquis, profondément respectable et indigne d’un quelconque sarcasme ? Pourquoi, pour Charlotte Brandström, «queue» est-il synonyme de «amour, sentiment, ambition légitime, toutes ces sortes de choses» ? Les femmes cinéastes sont-elles toutes aussi pénibles ? Diffusion samedi à minuit sur LBCI
«Cherchez la femme», dit un adage célèbre ! Des femmes, il y en a cette semaine et elles ne sont pas de tout repos. Ainsi dans «The Man With Two Brains», Steve Martin épouse une créature de rêve qui lui rendra vite la vie impossible. Dans «Alligator Eyes», trois copains en vacances rencontrent une aveugle qui, c’est bien le cas de le dire, va leur en faire voir de toutes les couleurs... Carole Bouquet dans «A Business Affair» hésite entre deux hommes. Elle ne fera ni le bonheur de l’un ni de l’autre. À ceci près qu’eux aussi ne feront pas le sien ! Dans «À la vie, à la mort», Ariane Ascaride évolue dans un monde d’hommes. Et ce n’est pas la joie. Dans «Desert Bloom», une fillette assiste à la lente dégradation du couple formé par ses parents. Seul divertissement au programme de la semaine «Tap», un...