Washington demande une désescalade de la violence avant un sommet
le 14 octobre 2000 à 00h00
Les États-Unis ont accentué hier leurs pressions sur les Israéliens et les Palestiniens en insistant sur un arrêt des violences, condition sine qua non, selon eux, pour la tenue d’un sommet. «Jusqu’ici, les conditions pour rendre une telle rencontre utile ne sont pas remplies», a déclaré vendredi le porte-parole de la Maison-Blanche Jake Siewert, faisant écho aux propos tenus quelques heures plus tôt au Caire par le ministre égyptien des Affaires étrangères, Amr Moussa. Le président égyptien Hosni Moubarak avait ranimé jeudi l’idée d’un sommet quadripartite après en avoir longuement débattu au téléphone avec le président Bill Clinton. Mais les efforts déployés auprès du président de l’Autorité palestinienne Yasser Arafat et du Premier ministre israélien Ehud Barak pour qu’ils s’engagent concrètement et publiquement dans des mesures d’apaisement n’ont pas porté de résultat. Les deux parties se rejettent mutuellement la responsabilité du redoublement de violences survenu jeudi avec pour point de départ le lynchage par une foule palestinienne en furie de deux soldats israéliens à Ramallah, et insistent pour que la partie adverse fasse le premier pas. MM. Clinton et Moubarak, soutenus par le roi Abdallah de Jordanie, n’avaient pourtant pas ménagé leurs efforts en multipliant les coups de téléphone notamment auprès de M. Arafat. Le porte-parole de la Maison-Blanche a reconnu que Washington partageait les doutes de l’Égypte sur la tenue d’un sommet. M. Moussa avait jugé l’atmosphère peu propice à un sommet quadripartite, en relevant qu’Israël maintenait le siège du port de Gaza et continuait à encercler les villes et les régions contrôlées par l’Autorité palestinienne. Les États-Unis, tout en s’efforçant de ne pas prendre parti pour ne pas compromettre leur rôle de médiateur, cachent de plus en plus mal leur frustration devant le refus obstiné de M. Arafat de se prononcer clairement et publiquement contre les violences. M. Siewert s’est refusé à énumérer les conditions nécessaires à un sommet, mais il a rappelé que pour Washington un tel exercice n’a de sens «que s’il a des chances raisonnables d’être positif». Il a indiqué que les États-Unis continuaient à examiner avec l’Égypte et la Jordanie d’autres options susceptibles «de désamorcer la tension et d’empêcher une escalade de la violence». Il a rappelé que le directeur de la CIA George Tenet était toujours dans la région pour discuter avec les responsables de sécurité palestiniens et israéliens des moyens de ramener le calme. Le secrétaire général de l’Onu Kofi Annan, qui effectue depuis plusieurs jours des navettes entre les dirigeants israéliens et palestiniens et qui a eu vendredi de nouveaux contacts avec les présidents Clinton et Moubarak, a toutefois laissé percer une lueur d’optimisme, en affirmant par l’entremise d’un porte-parole «espérer qu’un sommet aura lieu en Égypte dimanche». Il souhaite que les deux côtés «imposent une cessation des hostilités avant et pendant le sommet comme il est normal dans ce genre de circonstances», a ajouté son porte-parole Ahmad Fawzi. Selon un haut responsable de l’administration américaine, la relance du processus de paix est devenue pour l’instant une tâche secondaire. «L’objectif fondamental est de trouver le moyen de stopper la violence, de voir si l’on peut commencer sur le terrain à mettre en place des mesures qui permettront de maintenir le calme. Ce n’est qu’ensuite que l’on pourra réparer les dommages causés au processus de paix. Croire que l’on peut retourner directement de la situation d’aujourd’hui aux négociations de paix n’est pas réaliste. Les blessures infligées de part et d’autre sont très profondes», a noté ce responsable. Pour pouvoir réagir au plus vite à tout développement de la situation, M. Clinton a annulé vendredi un déplacement électoral dans le Missouri et l’Arkansas, restant près de son téléphone et de ses conseillers diplomatiques et militaires à la Maison-Blanche.
Les États-Unis ont accentué hier leurs pressions sur les Israéliens et les Palestiniens en insistant sur un arrêt des violences, condition sine qua non, selon eux, pour la tenue d’un sommet. «Jusqu’ici, les conditions pour rendre une telle rencontre utile ne sont pas remplies», a déclaré vendredi le porte-parole de la Maison-Blanche Jake Siewert, faisant écho aux propos tenus quelques heures plus tôt au Caire par le ministre égyptien des Affaires étrangères, Amr Moussa. Le président égyptien Hosni Moubarak avait ranimé jeudi l’idée d’un sommet quadripartite après en avoir longuement débattu au téléphone avec le président Bill Clinton. Mais les efforts déployés auprès du président de l’Autorité palestinienne Yasser Arafat et du Premier ministre israélien Ehud Barak pour qu’ils s’engagent...
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