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Actualités - Chronologie

Ariel Sharon : le retour du faucon

 Ariel Sharon, le chef de la droite israélienne, a désormais toutes les chances de siéger au sein d’un gouvernement d’union nationale en Israël si la révolte palestinienne qu’il a contribué à déclencher se poursuit. C’est pourtant bien sa visite le 28 septembre à l’Esplanade des mosquées à Jérusalem, troisième lieu saint de l’islam, qui a déclenché la vague de violences, les Palestiniens l’ayant perçue comme une provocation. Mais le Premier ministre israélien Ehud Barak est arrivé à la conclusion qu’il ne peut plus gérer la crise avec un gouvernement minoritaire au Parlement et que l’appui de M. Sharon lui est devenu indispensable. À moins d’un hypothétique retour au calme et à la table des négociations, l’ex-général Ariel Sharon, partisan de toujours de la manière forte avec les Arabes, devrait donc participer au gouvernement. À 72 ans, il n’a rien perdu de sa pugnacité au point de faire peur à beaucoup d’Israéliens. Selon tous les sondages d’opinion, il n’aurait guère de chances de battre M. Barak en cas d’élections anticipées. Mais il rassure aussi tous ceux en Israël, de plus en plus nombreux, qui se sentent le dos au mur et s’inquiètent de la baisse de la force de dissuasion de leur armée. Ce faucon a été élu à la tête du Likoud, la principale formation de l’opposition de droite, il y a un an, après la défaite électorale de l’ex-Premier ministre Benjamin Netanyahu. Tacticien habile, il a contribué en grande partie à faire éclater la majorité parlementaire de M. Barak et à remonter le moral de ses troupes. Il possède une grande constance. Il y a vingt ans, il dessinait la carte de la colonisation israélienne en Cisjordanie, alors qu’il gérait le portefeuille de l’Agriculture dans un premier gouvernement de droite. À l’époque, il envisageait déjà de découper la Cisjordanie en régions autonomes palestiniennes enfermées dans une maille de colonies juives dans le but d’empêcher la création d’un État palestinien. Pragmatique, il a cependant fait évacuer manu militari les colonies juives de peuplement en Égypte après un accord de paix. Concernant les Palestiniens, il a fini par admettre qu’un État palestinien existait «de facto» depuis les accords d’Oslo de 1993 sur l’autonomie palestinienne. Il a assuré qu’il valait mieux s’accommoder de cette réalité en confinant cet État dans un territoire exigu couvrant la bande de Gaza et moins de 50 % de la Cisjordanie, désarmé et sans contrôle sur les ressources en eau. Il a même fini par prôner un retrait unilatéral de l’armée israélienne du Liban. Né en 1928 en Palestine de parents originaires d’Europe centrale, M. Sharon a montré lors de sa carrière dans l’armée, qu’il a rejointe à 17 ans, un goût pour les méthodes expéditives et une inclination à n’en faire qu’à sa tête. Son passé militaire est peu contesté en Israël, bien que ses opérations commando aient souvent coûté un prix élevé en vies humaines et lui aient valu une réputation de tête brûlée. Ses performances gouvernementales le sont davantage. Ministre de la Défense, c’est lui qui prépare et conduit en 1982 la désastreuse équipée du Liban en plaçant le gouvernement devant un fait accompli, selon chercheurs et historiens. Une commission d’enquête officielle établira sa «responsabilité indirecte» dans les massacres des camps de réfugiés palestiniens de Sabra et de Chatila, en septembre 1982. Une tache qu’il n’a jamais réussi à effacer.
 Ariel Sharon, le chef de la droite israélienne, a désormais toutes les chances de siéger au sein d’un gouvernement d’union nationale en Israël si la révolte palestinienne qu’il a contribué à déclencher se poursuit. C’est pourtant bien sa visite le 28 septembre à l’Esplanade des mosquées à Jérusalem, troisième lieu saint de l’islam, qui a déclenché la vague de violences, les Palestiniens l’ayant perçue comme une provocation. Mais le Premier ministre israélien Ehud Barak est arrivé à la conclusion qu’il ne peut plus gérer la crise avec un gouvernement minoritaire au Parlement et que l’appui de M. Sharon lui est devenu indispensable. À moins d’un hypothétique retour au calme et à la table des négociations, l’ex-général Ariel Sharon, partisan de toujours de la manière forte avec les Arabes,...