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Actualités - Chronologie

Le pesant silence de Pékin

Les médias chinois gardaient le silence jeudi soir sur l’attribution du prix Nobel de littérature à l’écrivain français de langue chinoise Gao Xingjian, qui a quitté la Chine en 1988 après avoir subi les foudres du régime pour son avant-gardisme. Ni l’agence officielle chinoise Chine nouvelle ni la télévision n’ont rapporté l’attribution du prix à M. Gao, le premier écrivain de langue chinoise à obtenir le prix Nobel de littérature, mais qui est totalement inconnu du grand public en Chine. Les autorités chinoises risquent toutefois de voir d’un mauvais oeil l’attribution du prix à cet auteur contestataire, notent les analystes étrangers. Né en 1940 dans la province du Jiangxi (sud-est), M. Gao a fait des études de français au début des années 60 à Pékin, avant de se lancer dans la littérature puis le théâtre d’avant-garde au début des années 80. Il avait été l’une des principales victimes de la campagne contre la «pollution spirituelle» lancée en Chine en 1983 pour limiter les excès de l’influence occidentale, après avoir mis en scène Arrêt d’autobus, une pièce introduisant des éléments du théâtre de l’absurde. La pièce avait été interdite après quelques représentations. Gao Xingjian a quitté la Chine en 1988 pour la France. La Chine entretient des rapports tendus avec le Comité Nobel depuis que le prix de la paix est allé en 1989 au dalaï-lama, le chef spirituel et temporel tibétain considéré à Pékin comme un séparatiste. L’an dernier, la Chine avait mis en garde le Comité Nobel d’Oslo, qui attribue le prix de la paix, contre la tentation de récompenser les dissidents chinois en exil, Wang Dan et Wei Jingsheng. «Si ces personnes remportent le prix, ce sera inacceptable pour le peuple comme pour le gouvernement chinois et discréditera le prix de la paix», avait averti le ministère des Affaires étrangères. Ya Ding, un auteur chinois de langue française installé à Pékin, s’est félicité de la récompense de Gao Xingjian. «Je l’avais prédit depuis des années. Le style de Gao correspond aux goûts du jury», a déclaré M. Ya, rendu célèbre par son roman Le Sorgho rouge, porté à l’écran par le cinéaste Zhang Yimou. «C’est une bonne nouvelle pour les écrivains chinois. C’est un encouragement qui montre qu’on n’oublie pas la langue chinoise», a-t-il ajouté.
Les médias chinois gardaient le silence jeudi soir sur l’attribution du prix Nobel de littérature à l’écrivain français de langue chinoise Gao Xingjian, qui a quitté la Chine en 1988 après avoir subi les foudres du régime pour son avant-gardisme. Ni l’agence officielle chinoise Chine nouvelle ni la télévision n’ont rapporté l’attribution du prix à M. Gao, le premier écrivain de langue chinoise à obtenir le prix Nobel de littérature, mais qui est totalement inconnu du grand public en Chine. Les autorités chinoises risquent toutefois de voir d’un mauvais oeil l’attribution du prix à cet auteur contestataire, notent les analystes étrangers. Né en 1940 dans la province du Jiangxi (sud-est), M. Gao a fait des études de français au début des années 60 à Pékin, avant de se lancer dans la littérature puis...