Le sommet des chefs d’État et de gouvernement de l’Union européenne se tiendra vendredi et samedi à Biarritz sous haute surveillance, après la multiplication en Espagne des attentats meurtriers attribués à l’ETA, et fera l’objet d’un important dispositif de sécurité. La vigilance sera d’autant plus grande que se dérouleront plusieurs manifestations en faveur de la reconnaissance du Pays basque et un contre-sommet des opposants à la mondialisation. D’ores et déjà, les contrôles ont été rétablis depuis mardi matin, à la frontière espagnole, indiquait-on hier au ministère français de l’Intérieur. «Compte tenu de la proximité de la frontière avec la ville de Biarritz, les autorités gouvernementales françaises ont décidé en étroite liaison avec (leurs homologues) espagnoles le rétablissement des contrôles aux différents points de passage frontaliers», ajoutait-on. Ceci en vertu de l’article 2.2 de la Convention de Schengen qui prévoit que «lorsque l’ordre public ou la sécurité nationale l’exigent, (un État) peut, après consultation des autres, décider que, durant une période limitée, des contrôles frontaliers adaptés à la situation seront effectués aux frontières intérieures». Le ministre français de l’Intérieur, Daniel Vaillant, en charge de la sécurité du sommet, a présidé lundi une réunion de coordination à laquelle ont participé les directeurs et chefs des services de police concernés, ainsi que des représentants du ministère des Affaires étrangères et de celui de la Défense. Au total, «plus de 3 000 policiers et gendarmes, dont 34 unités de CRS et de gendarmerie mobile, ainsi que des unités spécialisées, seront mobilisés aux côtés des services territoriaux, en particulier de la Sécurité publique et de la PAF» (police air et frontières), précise-t-on. La protection rapprochée des chefs d’État et de gouvernement, ainsi que celle des ministres réputés «exposés», sera assurée par les policiers du Service de protection des hautes personnalités (Sphp), avec, en appui pour la sécurité des délégations, des éléments du RAID (Recherche, assistance, intervention, dissuasion) et du GIPN (Groupe d’intervention de la police nationale). Tous les services participeront à la sécurisation et à la surveillance des itinéraires de déplacement, ainsi que celles des sites où se dérouleront les différentes rencontres et conférences de presse. Les abords immédiats du sommet – entre le Casino de Biarritz et l’hôtel Bellevue, où se tiendront les réunions, le centre de presse, aménagé à l’hippodrome où 3 000 journalistes sont attendus, et l’hôtel du palais où résideront les chefs d’État et de gouvernement de l’UE – seront bouclés dès aujourd’hui dans un «périmètre rouge», où l’on ne pourra se déplacer qu’à pied et où le stationnement des voitures sera rigoureusement interdit. Enfin, «la protection de l’espace aérien et du domaine maritime fait également l’objet de mesures spécifiques avec le concours des forces armées». Le préfet des Pyrénées-Atlantiques assume la responsabilité de la coordination de l’ensemble de ce dispositif. La police française sera notamment très attentive au passage d’une «gigantesque caravane» annoncée par le mouvement Haika («se lever»), qui se rendra à Bayonne pour participer à un meeting soutenu par Euskal Herritarok (EH, branche politique de l’ETA) et son homologue français Abertzaleen Batasuna (AB), le plus important mouvement séparatiste basque en France. En outre, alors que vendredi se déroulera une «journée de mobilisation» de 250 rassemblements à travers tout le Pays basque à l’appel de la Coordination des comités de soutien aux prisonniers basques avec une manifestation partant de Bayonne en direction de Biarritz, un «contre-sommet européen» sur le thème «Le monde n’est pas une marchandise, l’Europe non plus» sera organisé le lendemain.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le sommet des chefs d’État et de gouvernement de l’Union européenne se tiendra vendredi et samedi à Biarritz sous haute surveillance, après la multiplication en Espagne des attentats meurtriers attribués à l’ETA, et fera l’objet d’un important dispositif de sécurité. La vigilance sera d’autant plus grande que se dérouleront plusieurs manifestations en faveur de la reconnaissance du Pays basque et un contre-sommet des opposants à la mondialisation. D’ores et déjà, les contrôles ont été rétablis depuis mardi matin, à la frontière espagnole, indiquait-on hier au ministère français de l’Intérieur. «Compte tenu de la proximité de la frontière avec la ville de Biarritz, les autorités gouvernementales françaises ont décidé en étroite liaison avec (leurs homologues) espagnoles le rétablissement des...