Les canons, qui annoncent traditionnellement aux musulmans la rupture du jeûne durant le mois de ramadan, sont restés silencieux dans les territoires palestiniens par peur des représailles de l’armée israélienne. «L’armée israélienne ripostera à tout tir, quelle qu’en soit la source», a affirmé Youssef Jabali, chef des pompiers de Naplouse, en Cisjordanie, théâtre d’affrontements quasi quotidiens entre Palestiniens et soldats israéliens depuis le début de l’intifada, il y a deux mois. Les charges à blanc du canon centenaire de la ville proviennent en général d’Israël, précise M. Jabali. Mais cette année, il lui semble déplacé d’en acheter alors que les territoires palestiniens sont ravagés depuis le 28 septembre par une vague de violence entre Israéliens et Palestiniens qui a fait 292 morts, des Palestiniens dans leur écrasante majorité. Maâmoun Makboul, 42 ans, constate que l’intifada a fait baisser ses ventes d’olives, de cornichons et de poivrons marinés dans du vinaigre, pourtant traditionnellement abondamment consommés pendant les repas nocturnes du ramadan, qui a débuté lundi dans les Territoires. «Les tueries et les destructions ont coupé l’appétit des gens», dit-il, se plaignant de n’avoir réalisé au premier jour du ramadan que 15 % du chiffre d’affaires quotidien habituel pendant cette période. De plus, le bouclage des Territoires par Israël depuis le 6 octobre a complètement asphyxié l’économie palestinienne. Quelque 120 000 Palestiniens travaillant en Israël sont ainsi empêchés de sortir de Cisjordanie ou de la bande de Gaza, ce qui crée un manque à gagner de près de 3,4 millions de dollars par jour, selon des chiffres des Nations unies. Abdel Menaim Naboulsi, boulanger à Naplouse, regarde impuissant ses «katayef», gâteaux traditionnels du ramadan à consommer chauds et moelleux, se durcir sur son étal. «Les gens s’arrêtent, regardent et poursuivent leur chemin», déplore-t-il. Un passant, Nabih Brik, 38 ans, explique : «Les temps sont difficiles, nous devons nous en tenir aux premières nécessités». Traditionnellement, les «moussaharati» (en arabe, «ceux qui réveillent») déambulent dans les rues la nuit avec un tambour pour réveiller les musulmans et leur rappeler de boire et de manger avant le début d’une nouvelle journée de jeûne. Mais cette année à Naplouse, les «moussaharati» ont disparu car les rues sont devenues dangereuses de nuit. «Nous n’avons pas besoin des “moussaharati” car nous sommes réveillés par les obus israéliens», affirme Saadi Jawdat, habitant de la partie est de Naplouse, où se sont produits les plus violents affrontements.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Les canons, qui annoncent traditionnellement aux musulmans la rupture du jeûne durant le mois de ramadan, sont restés silencieux dans les territoires palestiniens par peur des représailles de l’armée israélienne. «L’armée israélienne ripostera à tout tir, quelle qu’en soit la source», a affirmé Youssef Jabali, chef des pompiers de Naplouse, en Cisjordanie, théâtre d’affrontements quasi quotidiens entre Palestiniens et soldats israéliens depuis le début de l’intifada, il y a deux mois. Les charges à blanc du canon centenaire de la ville proviennent en général d’Israël, précise M. Jabali. Mais cette année, il lui semble déplacé d’en acheter alors que les territoires palestiniens sont ravagés depuis le 28 septembre par une vague de violence entre Israéliens et Palestiniens qui a fait 292 morts, des...