Football. Match aller de la Ligue des clubs champions d’Afrique. Le Canon de Yaoundé v/s le Zamalek du Caire, qui joue sur son terrain. Et qui gagne 4 –1 : un joueur camerounais a été expulsé dès la première demi-heure. Pas n’importe lequel : le gardien de but ! Joli cadeau. N’empêche que, selon les commentateurs français, «les joueurs égyptiens ne sont pas trop habitués à voir l’arbitrage siffler les hors-jeu». Surtout devant leur public. Ils rouspètent donc souvent. Mais surtout, sommet d’esprit sportif, ils se disputent entre eux, en viennent presque aux mains, pour savoir qui doit tirer les coups francs sifflés en leur faveur. Tout cela, pour souligner, par contraste, l’habileté, la maestria qu’étale la fine équipe, coachée par les décideurs, qui opère sur la pelouse baptisée Liban. Ici, loin de se chamailler, on se dévoue l’un après l’autre. Walid Joumblatt mis sur la touche ? Aussitôt remplacé par Nabih Berry, qui se prend un carton jaune pour avoir mal interprété les intentions de l’entraîneur. Ce n’est pas la première fois qu’un dirigeant local se fait taper sur les doigts. Mais c’est assez peu fréquent. Un pilier de l’ex, axe d’acier passe encore. Deux, on commence à se poser des questions. Parce qu’en bonne logique, de deux choses l’une : ou bien la démarche à Bkerké du président de la Chambre s’inscrit dans un plan de récupération ordonné et coordonné par les décideurs, comme il l’a d’ailleurs laissé entendre par la suite. Ou bien elle est le fruit d’une réflexion stratégique plutôt que tactique. C’est-à-dire, qu’à l’instar de M. Joumblatt, M. Berry estimerait que l’heure du «tout Libanais» a peut-être bien sonné, avec le retrait israélien suivi de la disparition du président Hafez el-Assad. Certains soutiennent que jamais M. Berry n’aurait agi sans un feu vert. Certes, mais de qui ? De plus en plus, on s’aperçoit, comme lorsque les mesures concernant le président Amine Gemayel puis M. Walid Joumblat ont été rapportées, qu’il y a maintenant des dissonances du côté des leviers de commande en Syrie. Les décisions, contradictoires, ne semblent pas provenir d’une même source. À moins que la direction ne soit en proie à d’inquiétantes tergiversations, ce qui paraît peu probable dans un système aussi structuré. En tout cas, les décideurs ont réussi par leur action et par leur réaction une sorte de prouesse lexicologique. Le terme «tabou» signifie un interdit absolu, de caractère religieux. Cependant dans le langage courant, il entend également le silence qu’on observe sur certaines choses, par crainte ou par pudeur. Sur ce plan d’expression, la pression nationale a réussi à lever le tabou. Mais l’interdit de fond, celui de s’entendre entre Libanais, demeure. Ce tabou qu’on croyait à bout reste donc bien debout. J.I.
Football. Match aller de la Ligue des clubs champions d’Afrique. Le Canon de Yaoundé v/s le Zamalek du Caire, qui joue sur son terrain. Et qui gagne 4 –1 : un joueur camerounais a été expulsé dès la première demi-heure. Pas n’importe lequel : le gardien de but ! Joli cadeau. N’empêche que, selon les commentateurs français, «les joueurs égyptiens ne sont pas trop habitués à voir l’arbitrage siffler les hors-jeu». Surtout devant leur public. Ils rouspètent donc souvent. Mais surtout, sommet d’esprit sportif, ils se disputent entre eux, en viennent presque aux mains, pour savoir qui doit tirer les coups francs sifflés en leur faveur. Tout cela, pour souligner, par contraste, l’habileté, la maestria qu’étale la fine équipe, coachée par les décideurs, qui opère sur la pelouse baptisée Liban. Ici, loin...
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