Fidèle à sa stratégie depuis l’élection, le républicain George W. Bush était confiant hier dans sa victoire sur le démocrate Al Gore, mais il a assuré ses arrières en contestant la validité des résultats issus des décomptes manuels en Floride. Dans le camp de Bush, à Austin, au Texas, on se refusait cependant à spéculer sur ce que ferait le candidat au cas où les résultats officiels rendus confirmeraient son avance sur Gore en Floride. Le républicain se trouvait en fait confronté à un dilemme de relations publiques et semblait hésiter à emprunter une voie qui l’avait déjà fait trébucher après l’élection du 7 novembre lorsqu’il avait endossé les habits de président-élu, pour ensuite devoir faire marche arrière. «Tout dépend de ce qui va se passer aujourd’hui», a déclaré un influent républicain de la Chambre des représentants, Roy Blunt, sur CNN. Le gouverneur républicain de New York, George Pataki, s’est également refusé à spéculer sur ce sujet, tout en estimant sur CBS que «les Américains vont reconnaître le fait que Bush a gagné la Floride et donc l’élection». Se préparant à toutes les hypothèses, les républicains sont d’ores et déjà montés au créneau pour dénoncer la validité de la prise en compte dans les résultats définitifs en Floride des décomptes manuels des bulletins de vote, ainsi que l’exclusion de certains votes par correspondance. Dans une conférence de presse dans le comté de Broward dimanche matin, Marc Racicot, le gouverneur républicain du Montana et chef du camp Bush pour le nouveau décompte, a estimé que «la procédure n’était pas crédible». Par ailleurs, le candidat républicain a déposé des requêtes contre quatre comtés de Floride, demandant que les bulletins litigieux des militaires stationnés à l’étranger soient pris en compte. Une cinquième requête doit être déposée contre le comté d’Orange, selon une porte-parole Mindy Tucker. Enfin, l’offensive des républicains s’est portée sur le front de la Cour suprême des États-Unis devant laquelle ils avaient déposé, dès mercredi dernier, deux requêtes visant à contester la constitutionnalité des opérations de dépouillement à la main en Floride. La Cour suprême s’est saisie vendredi de l’une de ces requêtes. Elle entendra les arguments des deux camps lors d’une audience le 1er décembre. Pendant ce temps, Bush s’accrochait en Floride à un écart de voix entre lui et son adversaire, qui se réduisait au fur et à mesure qu’approchait la fin des opérations de dépouillement, dimanche soir à 17h00 (22h00 GMT). Seules 930 voix sur un total de six millions de suffrages exprimés en Floride départagent officiellement les deux candidats. George W. Bush est rentré samedi soir à Austin, la capitale du Texas dont il est le gouverneur, pour attendre la certification des résultats en Floride par la secrétaire d’État (ministre de l’Intérieur), Katherine Harris. Faisant comme si de rien n’était, il a effectué son traditionnel jogging, puis s’est rendu à l’église. «Nous sommes de bonne humeur. Nous sommes concentrés mais de bonne humeur», avait indiqué samedi soir son directeur de campagne, Don Evans. Mais laissant transparaître une certaine inquiétude, il avait ajouté : «On a eu un décompte, puis un autre. Nous sommes un peu stupéfaits par le fait que nous continuons à procéder à des décomptes» en Floride. Interrogé pour savoir si Bush se proclamerait président-élu si son avance en voix sur Al Gore est confirmée, le responsable a refusé de s’étendre «sur ce qui relève encore de l’hypothétique».
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Fidèle à sa stratégie depuis l’élection, le républicain George W. Bush était confiant hier dans sa victoire sur le démocrate Al Gore, mais il a assuré ses arrières en contestant la validité des résultats issus des décomptes manuels en Floride. Dans le camp de Bush, à Austin, au Texas, on se refusait cependant à spéculer sur ce que ferait le candidat au cas où les résultats officiels rendus confirmeraient son avance sur Gore en Floride. Le républicain se trouvait en fait confronté à un dilemme de relations publiques et semblait hésiter à emprunter une voie qui l’avait déjà fait trébucher après l’élection du 7 novembre lorsqu’il avait endossé les habits de président-élu, pour ensuite devoir faire marche arrière. «Tout dépend de ce qui va se passer aujourd’hui», a déclaré un influent...