Le ministre argentin de l’Économie et le Fonds monétaire international (FMI) ont alerté de concert, hier, sur les risques de cessation de paiement qui guettent le pays s’il ne met pas en œuvre une réforme de la fiscalité et du système des retraites. Au premier jour d’une grève générale de 36 heures à travers le pays contre la politique économique du gouvernement argentin, le directeur général adjoint du Fonds monétaire international, Stanley Fischer, a déclaré dans un entretien au quotidien de Buenos Aires La Nation que «le risque de cessation de paiement disparaîtra de manière crédible» si le programme de réformes annoncé est «effectivement» appliqué. Le ministre argentin de l’Économie, Jose Luis Machinea, a partagé cet avis, au micro de Radio Continental, admettant que «le risque de cessation de paiement n’a pas disparu en Argentine, car la situation reste grave». M. Fischer n’a donné aucune précision de date sur le versement d’un soutien de 20 milliards de dollars promis par le FMI, d’autres organismes internationaux et plusieurs pays, dont les États-Unis, pour aider l’Argentine à sortir de ses turbulences financières. «Le programme argentin de réformes ne doit pas seulement être annoncé, mais entrer dans les faits», a averti M. Fischer. «C’est à ces conditions que nous pensons débloquer l’aide», a-t-il insisté. Les signaux d’alarme se sont allumés en Argentine sur les marchés financiers, avec la hausse des taux d’intérêt et du risque-pays et l’abaissement de la notation de la dette par les agences de notation financière. Le tout dans le contexte de plus de 30 mois de récession, d’une prévision de croissance de 0,7 % seulement pour 2000, dans le meilleur des cas, et un taux de chômage de 15,4 %. M. Fischer s’est inquiété de la «lenteur» de la mise en œuvre du programme argentin de réformes, qui prévoit notamment un pacte de gel des dépenses dans les provinces, le recul de l’âge de la retraite pour les femmes, qui passerait de 60 à 65 ans, et la suppression à terme du système public de Sécurité sociale. «En Argentine, les choses vont lentement», a remarqué M. Fischer. M. Machinea a reconnu qu’il «reste à mettre en œuvre une partie des mesures» annoncées ces dernières semaines. L’annonce du programme de réformes par le président argentin Fernando De la Rua, le 10 novembre, avait été approuvée quasi immédiatement par le FMI. Lundi dernier, le gouvernement fédéral argentin a négocié avec les gouverneurs provinciaux du Parti justicialiste (PJ, opposition néolibérale) un gel de 5 ans des dépenses, mesure considérée comme essentielle par le FMI. Le PJ dirige 14 des 24 provinces d’Argentine, dont les plus importantes, comme Buenos Aires (14,2 millions d’habitants).
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