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Actualités - Chronologie

Une réédition de l’élection de 1876 ?

La présidentielle de mardi, dont le vainqueur n’était toujours pas connu samedi, ressemble à bien des égards au scrutin de 1876, pour lequel il avait fallu attendre pas moins de quatre mois avant d’avoir un vainqueur officiel. À l’époque, le président sortant Ulysses Grant venait d’accomplir deux mandats marqués par des scandales, tout comme Bill Clinton aujourd’hui, dont le bilan a été assombri par l’affaire Monica Lewinsky. Et c’est un gouverneur républicain, Rutherford Hayes, qui l’avait emporté sur le démocrate Samuel Tilden en dépit des 250 000 voix d’avance de ce dernier au niveau national. De même aujourd’hui, le gouverneur républicain du Texas George W. Bush, qui, selon un premier décompte, est vainqueur en Floride et donc majoritaire au collège électoral, recueille moins de voix au niveau national que son rival démocrate Al Gore. Les observateurs à la fin du XIXe siècle, tout comme aujourd’hui, avaient mis en garde contre le danger d’une présidence affaiblie par une élection controversée, et leurs prévisions s’étaient avérées exactes : Hayes «n’a pu rien faire pour calmer les critiques et en fin de compte il a eu une présidence déplorable», selon Rogan Kersh, professeur de science politique à l’université de Syracuse (État de New York). À l’issue du scrutin, Hayes était crédité de 18 États sur les 38 de l’époque, empochant 165 grands électeurs, et Tilden de 17 États avec 184 grands électeurs, à seulement une voix de la majorité nécessaire pour remporter l’élection: 185. Les résultats dans les États de Floride, Caroline du Sud et Louisiane furent contestés. Bien que Tilden semblait l’avoir emporté en Floride et en Louisiane, les commissions électorales locales annulèrent des votes pour donner une majorité à Hayes. Les démocrates crièrent à la fraude. Noël et le jour de l’An passèrent sans que les États-Unis aient un nouveau président. Le Congrès mit alors sur pied une commission de républicains et de démocrates présidée par un juge de la Cour suprême, qui renonça à cette présidence à la dernière minute et fut remplacé par un républicain. À partir de cet instant, chaque membre de la commission vota selon son affiliation partisane, les républicains disposant alors d’une majorité d’une voix. Les démocrates menacèrent alors de faire traîner en longueur les travaux de la commission, puis cédèrent en échange de concessions. Le 2 mars 1877, deux jours avant la fin du mandat de Grant, la commission déclara Hayes vainqueur de la présidentielle.
La présidentielle de mardi, dont le vainqueur n’était toujours pas connu samedi, ressemble à bien des égards au scrutin de 1876, pour lequel il avait fallu attendre pas moins de quatre mois avant d’avoir un vainqueur officiel. À l’époque, le président sortant Ulysses Grant venait d’accomplir deux mandats marqués par des scandales, tout comme Bill Clinton aujourd’hui, dont le bilan a été assombri par l’affaire Monica Lewinsky. Et c’est un gouverneur républicain, Rutherford Hayes, qui l’avait emporté sur le démocrate Samuel Tilden en dépit des 250 000 voix d’avance de ce dernier au niveau national. De même aujourd’hui, le gouverneur républicain du Texas George W. Bush, qui, selon un premier décompte, est vainqueur en Floride et donc majoritaire au collège électoral, recueille moins de voix au niveau...