La ville de Genève a décidé d’interdire, à partir d’hier «et jusqu’à nouvel ordre», la viande de bœuf dans les crèches et les cantines scolaires, a annoncé Philippe d’Espine, porte-parole de la ville. Cette décision a été prise jeudi soir «au nom du principe de précaution et sous la pression des parents d’élèves», a-t-il expliqué. L’interdiction semblable prise par plusieurs villes françaises a probablement pesé dans la décision de la ville de Genève, estime le porte-parole. Jeudi, l’Union suisse des paysans (USP), le principal syndicat agricole du pays, s’était prononcée contre la suggestion de son homologue français, la FNSEA, d’abattre tous les bovins de plus de quatre ans pour combattre la maladie de la vache folle. «L’idée d’un abattage des bovins n’est pas en discussion chez nous», a déclaré Heiri Bucher de l’USP, qui soutient par ailleurs la suppression totale des farines carnées dans l’alimentation bovine. «Nous soutenons une interdiction totale des farines animales, même si cela peut coûter cher aux paysans», a-t-il expliqué. Cette interdiction est déjà en place depuis 1990 pour les seuls bovins, mais encore autorisée comme complément alimentaire pour les ovins, caprins et les volailles notamment. Pour l’Office vétérinaire fédéral (OFV), une interdiction globale de ces farines, à laquelle l’office est en principe favorable, nécessite au préalable le règlement de plusieurs questions techniques particulièrement celles liées à leur élimination et à leur définition, a précisé Heinz K. Muller, porte-parole de l’Office. Néanmoins, la distribution de telles farines par les éleveurs a tendance à diminuer, souligne Roland Charrière, chef du service des denrées alimentaires d’origine animale à l’Office fédéral de la santé publique (OFSP), interrogé par le journal Tribune de Genève dans son édition d’hier. Depuis le tout premier cas de vache folle officiellement enregistré en Suisse en 1992, le pays a comptabilisé jusqu’à ce jour 360 cas dont 68 pour la seule année 1995 et 20 depuis le début de cette année, selon des données officielles. Près de 180 000 cas ont été enregistrés en Grande-Bretagne depuis le début officiel de l’épizootie à la fin des années 80 et près d’une centaine en France. Au printemps 99, la Suisse a entamé un programme de dépistage dit «actif», avec un test développé par la firme suisse Prionics, destiné à rechercher des animaux infectés par l’ESB (Encéphalite spongiforme bovine), mais ne présentant pas forcément des symptômes cliniques. Ces recherches ont conduit à une augmentation du nombre de cas d’ESB : 50 cas ont été dénombrés l’an dernier, 25 cas cliniques et 25 dans le cadre du programme «actif» contre 14 en 1998.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats La ville de Genève a décidé d’interdire, à partir d’hier «et jusqu’à nouvel ordre», la viande de bœuf dans les crèches et les cantines scolaires, a annoncé Philippe d’Espine, porte-parole de la ville. Cette décision a été prise jeudi soir «au nom du principe de précaution et sous la pression des parents d’élèves», a-t-il expliqué. L’interdiction semblable prise par plusieurs villes françaises a probablement pesé dans la décision de la ville de Genève, estime le porte-parole. Jeudi, l’Union suisse des paysans (USP), le principal syndicat agricole du pays, s’était prononcée contre la suggestion de son homologue français, la FNSEA, d’abattre tous les bovins de plus de quatre ans pour combattre la maladie de la vache folle. «L’idée d’un abattage des bovins n’est pas en discussion chez...