La presse européenne votait plutôt hier en faveur d’Al Gore et dénonçait, en termes parfois abrupts, «l’inexpérience», voire «la bêtise» de George W. Bush en matière de relations internationales. Nombre de journaux de la vieille Europe soulignaient cependant qu’à leurs yeux Bush ou Gore c’était du pareil au même, le grand quotidien madrilène El Pais allant même jusqu’à écrire que les citoyens américains allaient voter pour «Mr Bushgore». Parmi les pro-Gore, on notait en premier lieu la presse néerlandaise. Le Volkskrant soulignait que «si le choix revenait aux gouvernements européens, leur préférence irait à Gore». «Ils le connaissent mieux et ils se méfient de Bush à cause de sa suggestion de retirer les troupes américaines des Balkans, ses plaidoyers pour un bouclier nucléaire et sa propension à agir seul. Plus que Bush, il est porté à mettre la puissance des États-Unis au service de la paix et de la sécurité dans le monde», écrivait le journal. La presse allemande mettait également en exergue l’inexpérience du gouverneur du Texas en matière de politique étrangère. «D’un point de vue allemand, le plus grand déficit de George W. Bush est qu’il n’a aucune expérience de politique étrangère. Bush junior n’a encore jamais été en Allemagne! Il n’a fait qu’un seul séjour en Europe, en Italie», a souligné le quotidien populaire Bild. Pour ce journal, «un président George W. Bush défendra avec beaucoup moins de retenue que Bill Clinton les intérêts américains». Bild souligne qu’au contraire l’actuel vice-président Al Gore «connaît bien» le chancelier allemand Gerhard Schröder et qu’il est le garant de «la continuité» dans les relations germano-américaines. L’hebdomadaire Die Woche est allé jusqu’à qualifier le gouverneur du Texas de «candidat présidentiel sans aucun doute le moins qualifié de ce siècle». En Italie, le plus grand quotidien de la péninsule, le Corriere della Sera, écrivait que «l’Europe et le reste du monde ont raison de craindre l’inexpérience et même la bêtise de Bush sur les problèmes de politique internationale». Dans les pays scandinaves, la tonalité était plutôt globalement favorable à Al Gore. En Espagne, le grand quotidien catalan La Vanguardia écrivait que «l’Europe préfère Gore» alors que Le Monde, à Paris, soulignait que «le vice-président Albert Gore entend assurer la continuité d’une politique économique qui a fait ses preuves». La Vanguardia était le seul journal espagnol à choisir Gore, les autres quotidiens n’ayant pas de favori déclaré. Le conservateur ABC soulignait ainsi que «le résultat électoral, quel qu’il soit, ne signifiera pas de changements profonds dans la politique économique et la politique extérieure américaine». Dans plusieurs pays européens, la presse se contentait d’être factuelle et de mettre en valeur l’incertitude du résultat final. Elle se refusait à choisir entre Bush et Gore. C’était en particulier le cas en Suisse, en Italie et au Portugal. Le Mirror, un des plus forts tirages de la presse britannique, frappait fort à sa «une». Sous une photo peu flatteuse de George W. Bush, le tabloïd écrivait : «Regardez cet homme. Difficile d’imaginer pire crétin en dehors de notre Parti conservateur, n’est-ce pas ? Et pourtant, demain matin, George W. Bush pourrait bien être le président des États-Unis, le personnage le plus puissant au monde. (...) Bush (...) a basé toute sa campagne sur la confiance mais, franchement, nous ne lui ferions pas confiance pour diriger un verger».
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats La presse européenne votait plutôt hier en faveur d’Al Gore et dénonçait, en termes parfois abrupts, «l’inexpérience», voire «la bêtise» de George W. Bush en matière de relations internationales. Nombre de journaux de la vieille Europe soulignaient cependant qu’à leurs yeux Bush ou Gore c’était du pareil au même, le grand quotidien madrilène El Pais allant même jusqu’à écrire que les citoyens américains allaient voter pour «Mr Bushgore». Parmi les pro-Gore, on notait en premier lieu la presse néerlandaise. Le Volkskrant soulignait que «si le choix revenait aux gouvernements européens, leur préférence irait à Gore». «Ils le connaissent mieux et ils se méfient de Bush à cause de sa suggestion de retirer les troupes américaines des Balkans, ses plaidoyers pour un bouclier nucléaire et sa propension...