Il s’est passé beaucoup de choses en coulisses avant les trois coups offficiels de la saison NBA 2000/2001 donnés la semaine dernière. La pitoyable image renvoyée par la Dream Team lors de sa victorieuse campagne olympique après une finale contre les Français continue d’alimenter la chronique. L’agacement a été tel aux États-Unis que, depuis, le commissaire général David Stern a officiellement envisagé de revoir le concept même de la sélection américaine censée faire rêver la planète basket. La Dream Team serait donc morte. Place, peut-être, à des joueurs moins grassement payés mais davantage concernés par les futures échéances internationales. L’argent, voilà bien ce qui est le nerf de la guerre, depuis des lustres en NBA. Et s’il y a un joueur, parmi tant d’autres, qui gère au plus près sa colossale fortune, c’est bien Kobe Bryant. Concernée par les affaires du basket européen, italien notamment, la mégastar des Lakers avait investi l’été dernier un peu de menue monnaie – un million de dollars – dans le capital de l’Olimpia Milan, double champion d’Europe en 1987 et 88. Mais voilà que le titulaire de la bague NBA est fort mécontent de son placement et vient tout simplement de se désengager. Ses raisons semblent justifiées : treizième seulement de son championnat national, le club milanais, en proie à de gros soucis financiers, a même dû déclarer forfait en Coupe d’Europe et est aujourd’hui menacé par la relégation. Tout cela faisait désordre et pouvait menacer l’image proprette que s’applique à véhiculer l’un des jeunes surdoués de la NBA. L’argent, encore et toujours : de grosses liasses de billets verts ont rejoint cet été la poche de David Falk, l’agent de joueurs le plus influent aux États-Unis. Pour faire passer le vénérable Pat Ewing de New-York à Seattle, cet homme d’affaires avisé a mis sur pied le «trade» (échange) le plus complexe de toute l’histoire de la NBA pourtant riche en la matière. Revoilà l’ABA Ce que les Américains ont appelé le «déménagement du siècle» a impliqué pas moins de douze joueurs, mais aussi quatre franchises. Outre Ewing, les transferts les plus spectaculaires ont vu Glen Rice partir des Lakers pour New-York, Horace Grant aller de Seattle à Los Angeles et Luc Longley quitter Phoenix pour les Knicks. Si les choix sportifs qui ont présidé à tout ce tohu-bohu prêtent à discussion, Seattle «offrant» par exemple un élément clé (Grant) à ses rivaux californiens, David Falk n’a par contre pas perdu de temps. Son banquier non plus. L’argent enfin : il est la raison de vivre de Las Vegas. Les bookmakers installés dans l’empire du jeu ont leur mot à dire autour des parquets NBA et les cotes qu’ils établissent à chaque début de saison sont toujours très attendues. C’est sans surprise que les «books» prédisent à 9 contre 5 un deuxième titre consécutif des Lakers de Los Angeles. Portland et San Antonio (6 contre 1), New-York (7/1) voire Orlando (8/1) ont également retenu leur attention. Les cancres de Golden State, des Clippers et de Vancouver sont cotés à 350 contre 1... On la croyait bel et bien morte, définitivement enterrée par l’incontournable NBA qui l’avait absorbée il y a déjà un quart de siècle. Et pourtant, revoilà la fameuse ABA. La défunte ligue, qui a lancé des joueurs aussi célèbres que Julius Erving ou Rick Barry, renaîtra de ses cendres en décembre prochain. L’ABA, connue également pour avoir servi de champ d’expérimentation au panier à trois points, regroupera dans un premier temps dix équipes en son sein. Il s’agit de Kansas City, Los Angeles, Memphis, New-York, Tampa Bay, Anaheim, Chicago, Detroit, Indiana et Jacksonville. Aux côtés de la CBA, l’IBA, l’IBL et l’UBA, autant de ligues aux structures plus ou moins solides, l’ABA est le cinquième championnat organisé aux États-Unis et concurrent, toutes proportions gardées, de la sacro-sainte NBA.
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