Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

Gore ou Bush, pas de candidat idéal pour Moscou

La Russie s’est abstenue jusqu’à présent d’afficher une préférence entre les deux candidats à la présidence américaine, le démocrate Al Gore étant apparemment considéré à Moscou comme un interlocuteur «plus facile» que le républicain George W. Bush. Plusieurs analystes soulignent que cette élection marquera dans tous les cas un tournant dans les relations bilatérales, Bill Clinton ayant soutenu de façon quasi inconditionnelle les réformes engagées par l’ex-président russe Boris Eltsine et fermé les yeux sur la corruption de son entourage, sans pour autant obtenir aucune avancée sur les questions stratégiques. Traité antimissiles ABM, bouclier de défense antimissiles (NMD), intérêts géopolitiques sur le gaz et le pétrole de la mer Caspienne : Washington et Moscou continuent de s’opposer sur bien des dossiers malgré certaines indulgences de l’administration Clinton. «Le jeu que Bill Clinton a joué avec la Russie va prendre fin» quel que soit le résultat de l’élection présidentielle du 7 novembre, estime Andreï Piontkovski, directeur du Centre des études stratégiques de Moscou. C’est pourquoi «le plus va-t-en-guerre des républicains est presque préférable à Gore qui sera prisonnier de tous les scandales qui ont éclaté en Russie» sous le mandat de Bill Clinton, ajoute-t-il. Le vice-président Al Gore avait été chargé de la gestion des relations entre Washington et Moscou, dans le cadre de la commission mixte bilatérale Gore-Tchernomyrdine, du nom de l’ancien Premier ministre russe. Le gouverneur Bush n’a d’ailleurs pas manqué de rappeler les lacunes de cette commission qui, selon lui, a permis à Viktor Tchernomyrdine de détourner des millions de dollars. Pour le politologue Evgueni Volk, de l’antenne russe de la fondation américaine Héritage, l’élection de Bush permettrait à Moscou de tourner la page sur ces scandales pour entrer dans une nouvelle ère diplomatique avec Washington. Mais, ajoute-t-il, «il serait peut-être plus facile de travailler avec Gore, qui connaît bien les ficelles ici», et semble plus conciliant que Bush sur la question du bouclier antimissiles. George W. Bush s’est en effet montré beaucoup plus résolu que son rival sur la nécessité de mettre en place un système de défense antimissiles, qui violerait le traité russo-américain ABM, affichant une apparente indifférence à la ferme opposition des Russes sur ce projet. Le gouverneur du Texas pourrait en outre se révéler un adversaire coriace dans la bataille que se livrent Russes et Américains pour le contrôle des réserves pétrolières de la mer Caspienne. «Bush est très lié à la compagnie pétrolière du Texas qui cherche à s’approprier les richesses de la Caspienne», relève l’analyste Sergueï Markov. L’administration du président russe Vladimir Poutine est donc indécise à l’égard de ces deux candidats, ne sachant lequel contribuera le plus au développement des relations bilatérales et aux efforts de la Russie à retrouver un rôle sur la scène internationale. «Nous soutenons les efforts des États-Unis pour résoudre les conflits mondiaux, mais que les Américains ne tiennent pas compte de ceux de la Russie témoigne d’un manque flagrant de confiance entre les deux pays», soulignait récemment Evgueni Primakov, ancien ministre des Affaires étrangères et Premier ministre sous Boris Eltsine. Coparrain du processus de paix au Proche-Orient avec Washington, Moscou avait reçu un camouflet le 16 octobre en n’étant pas invité au sommet de Charm el-Cheikh, en Égypte. «Le monopole américain sur les négociations, en particulier sur celles au Proche-Orient, a déjà montré qu’il menait à une impasse. Sans la participation de la Russie, les conflits ne peuvent pas être résolus», avait ajouté M. Primakov.
La Russie s’est abstenue jusqu’à présent d’afficher une préférence entre les deux candidats à la présidence américaine, le démocrate Al Gore étant apparemment considéré à Moscou comme un interlocuteur «plus facile» que le républicain George W. Bush. Plusieurs analystes soulignent que cette élection marquera dans tous les cas un tournant dans les relations bilatérales, Bill Clinton ayant soutenu de façon quasi inconditionnelle les réformes engagées par l’ex-président russe Boris Eltsine et fermé les yeux sur la corruption de son entourage, sans pour autant obtenir aucune avancée sur les questions stratégiques. Traité antimissiles ABM, bouclier de défense antimissiles (NMD), intérêts géopolitiques sur le gaz et le pétrole de la mer Caspienne : Washington et Moscou continuent de s’opposer sur bien...